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« Adieu Gloria » (2007) de Megan Abbott

11 Juil

Adieu Gloria de Megan Abbott

« Alors, eh bien, oui, je lui servis mon plus beau déhanché, à la fois grande classe et poule à vendre. Quand on arrive à mêler intimement les deux, les gars ne comprennent pas ce qui leur tombe dessus. Ils n’arrivent pas à vous cataloguer. ça les rend dingues, du moins les plus futés. Ils vont tout faire pour vous mettre le grappin dessus. Vous êtes à la fois leur petite amoureuse de l’école maternelle et leur première pute, le tout dans un seul et même emballage torride. »

L’intrigue 

A 22 ans, elle a les dents longues mais rien ne la prédestine à devenir quelqu’un en étant la fille de personne. Rien, avant de croiser le regard de Gloria Denton, la Reine de la mafia locale qui travaille pour le compte de parrains pour truquer les paris, les courses hippiques et les casinos. La narratrice va devenir sa « pouliche », sa fille de substitution, apprenant grâce à elle toutes les ficelles du métier, persuadée que la relève sera assurée. Sauf que tout est une question de bonnes ou de mauvaises rencontres. Tellement avide de liberté, les erreurs s’enchaînent. Un raté, habitué des casinos et de la banqueroute, va lui mettre le grappin dessus mais on ne dit pas adieu comme ça à Gloria quand elle vous tient…

Vivian Rutledge (Lauren Baccall) dans The Big Sleep (1946)

L’été est définitivement un bon moment pour lire des polars. Après Une folie meurtrière de P.D James l’été dernier, un polar anglais dans un hôpital psychiatrique  privé, je suis revenue à mes vieux amours, le roman noir américain plein de belles plantes, de voyous et de policiers corrompus. Sauf qu’Adieu Gloria n’a de commun que l’ambiance avec Le Grand sommeil de Raymond Chandler, le premier classique noir que j’ai lu. Avec Megan Abbott, les valeurs du roman noir classique sont comme renversées et, ce qui n’est pas pour déplaire, les femmes y ont plus de place. Si l’inspecteur Marlowe charme tout ce qui bouge, il joue toujours plus finement que les personnages féminins qu’il croise.

Tante Polly (Helen McCrory) – Peaky Blinders

Or, contre une tradition des romans et des films sur la mafia, les parrains, « les grands patrons » comme la narratrice les appelle, font complètement figuration. On ne les voit pas, on ne les verra jamais et, d’ailleurs, ça n’a pas d’importance puisque la roue tourne à la fin pour de meilleurs gros poissons. Seule Gloria leur sert d’intermédiaire pour devenir une « marraine » de substitution. Femme de tête, son personnage m’a fait pensé de très loin à la matriarche Tante Polly (Helen McCrory) dans la série Peaky Blinders (2013) dont la famille truque les paris notamment des jeux de course. L’époque n’est pas la même mais, visiblement, récemment, derrière tout mafieux se cache une femme, une vraie.

Megan Abbott

Rien que la couverture donne le ton, après tout mais surtout les premières lignes : « Je veux ces jambes ». La sensualité des années 50, tout y est dans cet incipit. Si les jambes des femmes sont toujours un motif récurrent dans les polars (je crois me souvenir que Marlowe fantasme sur celles de Vivian Sternwood, la belle héritière), ce n’est pas le désir purement sensuel qui en explique la présence, c’est l’envie. Il ne faut pas croire que l’affaire amoureuse entre la narratrice et son bon à rien de Vic Riordan qui va déclencher le début de la fin en fait le cœur de l’histoire. Même faible, elle reste maîtresse du jeu malgré ses erreurs de débutantes. Et, surtout, la relation primordiale est bien celle qui lie Gloria et la jeune femme.

Lily Dillon (Anjelica Huston) dans The Grifters de Stephen Frears qui ressemble beaucoup à Gloria Denton

Maître et élève ? Très tôt, Gloria la prend sous son aile pour en faire sa créature. Elle ne fait pas seulement son éducation, elle la façonne à son image telle une Pygmalion du crime. Pourtant, ses intentions restent  presque jusqu’à la fin plus qu’ambiguës. Pourquoi l’avoir choisi, elle ? Jusqu’où la soutiendra t-elle, une fois les ennuis commencés ?  Entre main de fer et gant de velours.  Gloria porte d’ailleurs constamment des gants pour leur élégance mais surtout pour mieux cacher ses faiblesses. Ce que j’ ai aimé dans ce rapport de maître et d’élève, c’est la vulnérabilité de Gloria qui pointe dont la situation reste plus pathétique qu’autre chose. Aussi manipulatrice soit elle, Gloria materne plus la jeune femme qui en retour la respecte mais pas sans préférer sa liberté.

Mère et fille ? Gloria est définitivement un modèle féminin pour la narratrice, orpheline de mère et sans grande admiration pour son père, petit employé de casino dévot et sans le sous. Gloria a donc tout d’une marraine pour la jeune femme en lui offrant un avenir même si ça parait une perspective bien cynique pour une carrière de mafieuse. C’est l’intimité entre les deux femmes qui m’a captivé, au point de se détruire mutuellement. Tant de confiance et pourtant tant de suspicion mutuelle, de non-dits. Si la narratrice, la « mauvaise fille » qui déçoit sa patronne, est presque agaçante de naïveté, Gloria est un personnage plus opaque, plus complexe qui mériterait plus qu’un roman pour connaitre son histoire; Et pourtant, c’est sa réputation de femme passionnée derrière sa maîtrise qui ne pardonne jamais et se venge toujours (sauvagement si possible) qui en fait un personnage énigmatique. On ne sait pas ce qui est vrai, ce qui est légende chez elle ce qui permet de tout imaginer.

Certains autres personnages semblent plus stéréotypés, comme le beau parleur qui sert d’amant à la « pouliche » de Gloria. Avec ce roman noir très féminin, forcément, le seul personnage masculin un minimum développé parait légèrement moins intéressant. Contrairement à Vic (un prénom bien ironique pour celui qui ne fait que perdre), le personnage d’Amos Mackey, le nouveau caïd en veine, l’avenir personnifié de la mafia, est peut-être celui qui a le plus d’allure alors qu’on le voit à peine.

« Et Il savait quelque chose sur moi, il savait. »

Je voulais lire ce polar depuis un bout de temps et je n’ai pas été déçue. Je n’ai qu’une hâte, lire un nouveau Megan Abbott. Quel dommage qu’il n’existe pour l’instant aucune adaptation. Mais Gloria m’a tellement touchée que je crois que je serai forcément déçue. Dire adieu à Gloria, peut-être, mais pas à l’image que je m’en fais.

Comment lire Adieu Gloria ?

Adieu Gloria de Megan Abbott

J’ai lu Adieu Gloria dans l’édition Le Livre de Poche  pour EUR 6,10

Traduit de l’anglais par Nicolas Richard.

Disponible aussi aux éditions du Masque.

Lu pour le challenge « Thrillers & Polars » chez Liliba.

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« Une folie meurtrière » de P.D James

20 Juil

P.D.-James-A-Mind-to-Murder

« C’était un de ces moments inexplicables où l’on se retrouve soudain complètement seul au milieu d’une foule, où le bruit est comme assourdi, où les corps trop serrés semblent s’écarter, devenir lointains et mystérieux, comme des acteurs sur une scène éloignée. »

P.D James, Une folie meurtrière (A Mind to Murder), 1963.

 

 

L’intrigue

La clinique londonienne Steen de psychothérapie trie ses patients sur le volet, n’y entre pas le premier fou venu ! Pourtant, c’est cet établissement chic qui va défrayer la chronique après le meurtre de sa secrétaire administrative, Enid Bolam, détestée de tous, patients et collègues inclus, mais qui aurait-pu passer à l’acte, un vendredi soir dans la salle des archives au sous-sol ? Pour quel mobile ? Qu »est-ce que Mrs Bolam aurait-elle découvert qui pourrait ébranler toute la clinique au point de lui imposer un silence éternel, une paire de ciseaux dans le coeur et un fétiche sculpté serré comme un nourrisson ? C’est le charismatique et taciturne commissaire Adam Dalgliesh qui va devoir résoudre cette enquête où tous semblent innocents ou tous coupables…

Voilà une lecture que j’ai commencé à la fin du mois anglais et que j’ai laissé traîné, pas parce que ce roman est mauvais, mais plutôt à cause du contraire. J’ai d’emblée été marqué par l’habilité de P.D James à mettre en place son intrigue, à brouiller les pistes, avec très peu d’éléments. Confrontée à autant de facilités, j’ai voulu surement prolongé le plaisir pour retarder le dénouement final.

P.D James

P.D James

Je n’ai découvert P.D James que très récemment, il y a un an, grâce à son roman dérivé de Pride and Prejudice, Meurtre à Pemberley qui attend d’être lu, sagement dans ma PAL. Toutefois, j’ai préféré découvrir cet auteur par un polar original, ancré dans son propre univers et non dérivé de l’univers d’une autre auteur, aussi géniale soit elle. J’ai encore beaucoup à apprendre de ce genre, mais Une folie meurtrière est l’un des meilleurs polars que j’ai lu, bien qu’il ne dépassera jamais dans mon coeur Le grand sommeil de Raymond Chandler.

Adam Dalgliesh (Martin Shaw)

Adam Dalgliesh (Martin Shaw)

J’ai découvert en préparant ce billet qu’Une folie meurtrière était la deuxième enquête du commissaire Dalgliesh, un personnage très récurrent dans une série de polars de P.D James et c’est une très bonne nouvelle, m’étant très attachée au caractère taciturne et à la perspicacité de cet inspecteur de Scotland Yard à l’âme plutôt torturé. Contrairement à Philip Marlowe, plus « vulgaire », Adam Dalgliesh fait partie de ces gentlemen detective par sa conduite presque décalée par rapport à l’époque (les années 60) mais aussi par sa personnalité et ses occupations. Le deuxième chapitre d’Une folie meurtrière nous plonge après la découverte du cadavre dans une sauterie organisée par la maison d’édition de Dalgliesh pour le deuxième tirage de son recueil de poésie. La fête et le rencard de Dalgliesh vont être rapidement avortés, appelé par le devoir de se rendre sur les lieux…

Si Une folie meurtrière est imprégnée des traditions policières, à l’époque où se situe l’intrigue, les méthodes policières et les idées toutes faites sur les enquêtes policières propagées par la culture, le genre est mis en abyme plusieurs fois pour décrire par exemple le comportement convenu des personnel présent sur le lieu du crime :

« Ils ont lu tous les meilleurs romans policiers. Personne n’a touché le corps, ils ne laissent entrer ni sortir personne et ils se sont tous réunis dans une seule pièce pour pouvoir se surveiller mutuellement. Vous feriez bien de vous dépêcher  Adam, ou ils résoudront le crime avant votre arrivée. »

Très vite, on assiste à un huit-clos la nuit du crime une fois les entrées et les sorties interdites, où chaque membre du personnel devient suspect, chacun s’épie, essaie sa petite théorie et cache des secrets qui pourraient ou pas avoir un lien avec l’enquête. Le long passage de l’interrogatoire est très crucial forcément, et fait lui-même partie du rituel attendu dans une enquête policière. Personnellement, ça a été le moment où j’ai le plus possible remuer mes méninges pour relever quelques indices, quels mensonges, quelques alibis ou mobiles mais c’est aussi à ce moment-là qu’on découvre en surface les principaux personnages ou plutôt les suspects.

La scène de l’interrogatoire dans Basic Instincts

Les premières pages du roman donnent tout de suite une mse en situation et se focalise sur un personnage en particulier, le Docteur Steiner qui somnole pendant la séance d’analyse d’un de ses patients. D’emblée, on sent beaucoup de tensions dans cette clinique de psychothérapie, particulièrement entre Steiner et la victime Mrs Bolam, pas forcément contenue ce qui dirige subrepticement le mobile du coté de rivalités ou de contentieux personnels, voire passionnels. Pourtant, très vite, la vie privée de Mrs Bolam apparaît plus plate que jamais : une simple dévote, célibataire, maniaque du rangement au vu de son appartement digne des maisons-témoins avec pour seule occupation un poste de cheftaine chez les scouts.

afrique-congo-brazza-bembe-fetiche-bois-afcongob154- 23Mais, Mrs Bolam, par dessus tout, est une femme riche et la place de l »argent va être au centre de l’enquête. Là encore, rien de très révolutionnaire dans ce polar, et pourtant, c’est la grande simplicité de l’intrigue qui est l’une des grandes qualités d’un roman comme Une folie meurtrière. Tous les lecteurs de polars ont une imagination débordante, tous les scénarios semblent possibles alors quand on est confronté à trop de simplicités, on ne peut pas s’empêcher d’imaginer des difficultés supplémentaires inutiles pour pimenter l’enquête. L’une des armes du crime est particulièrement porteuse : quel rôle a joué le fétiche de bois sculpté par un schizophrène, retrouvé niché dans les bras de la victime ? Quand on découvre que son propriétaire a un alibi, l’imagination ne peut que fuser. Vraie piste ou fausse piste, à vous de le découvrir !

Pourtant, derrière les histoires d’héritage, de liaisons entre médecins ou même du vol d’une modeste donation une semaine avant les faits, tant que le commissaire et le lecteur est dans le noir complet, autant de simplicité ne saute pas aux yeux directement ce qui renforce le suspens. Une fois sorti du schéma en huit-clos, on retrouve chaque protagoniste chez lui, dans l’intimité, sans qu’aucun suspect ne se trahisse. Si les ficelles simples de l’intrigue ne gène pas le plaisir de la lecture pendant une bonne partie du roman, le dénouement et la transition vers la chute finale nous les révèlent en pleine figure. Même Dalgliesh s’en rend compte une fois le crime résolu : tout était trop facile et aurait pu être réglé bien plus tôt en suivant quelques instincts. Si aux yeux de tous, l’enquête est un succès, pour lui, en expert, elle a un arrière-goût d’échec. Et le lecteur et Dalgliesh ne peuvent être que d’accord : même si Une folie meurtrière demeure une bonne lecture, parfaite pour se détendre avant ou après s’attaquer à de la littérature beaucoup plus indigeste, la chute tombe un peu à plat . Au lieu de jouer les lecteurs attentifs et les inspecteurs en herbe, on est rapidement relégué à la passivité, recevant les informations, les faits et le mobile sans réel entrain.

A force de compter sur la simplicité, le lecteur finit par s’ennuyer un peu. J’aurais aimé qu’un mystère plane, que quelque chose échappe à l’enquête au lieu de sceller le dossier comme des pros, sans quelque bavure. Même pour l’assassin, même en anticipant ses intentions au moment où on le suit dans son intimité, rien ne sort de son profil, de ses motivations que de vulgaires intérêts. Si ce meurtre est si bien pensé, calculé à l’image du geste presque chirurgical qui a tué Mrs Bolam, une paire de ciseaux en plein coeur,aucune place n’est laissée à la presque dissection de son cerveau de meurtrier. En situant un meurtre dans une clinique psycho thérapeutique, on s’attendrait à plus de psychologie, même à un travail de profileur. Et si le cerveau de l’affaire est vraiment tordu, on ne laisse pas vraiment au lecteur le temps de le découvrir.

« – A quel génie pardonnerait-on un crime comme celui de *** ? Michel-Ange ? Velázquez ? Rembrandt ? 

– Bah, fit son chef avec aisance, si nous devions nous poser cette question, nous ne serions pas policiers. »

Mais peut-être que ce n’est pas le propre des polars de discuter du cerveau ou de la psychologie des meurtriers. peut-êtr que c’est au lecteur de jouer les enquêteurs et les analystes.

Comment se procurer Une folie meurtrière ?

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Une folie meurtrière de P.D James

Le livre de poche – 315p.

EUR 5, 80

 

(VO : A Mind to Murder)

 

 

 

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1e contribution au challenge « Thrillers & Polars » organisé par Liliba.

1/8

 

 

 

2e contribution au challenge British Mysteries chez Lou et Hilde

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Mes Lectures Communes

13 Juil

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Depuis le début du mois, je me suis un peu lâchée avec les challenges. Il faut dire que la tentation était trop grande et j’ai même organisée mon propre challenge sur la Littérature et la culture du Commonweath. Vous êtes d’ailleurs vivement encouragé(e)s d’y participer si vous voulez découvrir la littérature anglophone différemment grâce à un petit Tour du monde. Vous pouvez même nous rejoindre dans le groupe FB du challenge « Littérature du Commonwealth ».

Mais après avoir cédé à autant de challenges, il me fallait bien affronter les conséquences. Voilà pourquoi je me suis engagée dans beaucoup de LC pour me motiver, particulièrement en octobre pour le mois américain chez Noctembule. Voilà pourquoi j’ai eu envie d’organiser d’autres LC, et si mes prochaines lectures programmées coïncident avec vos envies ou votre PAL, n’hésitez pas à me rejoindre ! J’aime beaucoup ces moments de partages et ce genre de lectures communes est toujours l’occasion parfaite.

Le Pavé de l’été

Chez Brize

[Lire minimum un pavé d’au moins 600 pages]

 

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Villette de Charlotte Brontë

– Sépulcre de Kate Mosse

– Le Clan des Otori, Le Fil du Destin de Lian Hearn

– Le temps où nous chantions de Richard Powers

– Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski

 

Challenge « Littérature du Commonweath »

Chez La Bouteille à la Mer

[12 pays du Commonwealth retenus, 12 LC chaque mois mettant à l’honneur un pays]

Juillet (Nouvelle-Zélande)

– The Whale Rider de Witi Ihimaera avec Laura

– Visages noyés de Janet Frame avec Alexandra

Les âmes brisées d’Alan Duff avec Alexandra

Août (Australie)

– Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen McCullough (Australie) avec Alexandra

– Les affligés de Christ Womersley avec Valérie, Alexandra et Laura

Septembre (Québec)

– Du mercure sous la langue de Sylvain Trudel (Québec) avec Laura, Cryssilda, Yueyin et  Alexandra

Octobre (Irlande)

– Dubliners de James Joyce (Irlande) avec Laura, Valérie et Alexandra

Novembre (Inde)

– A Passage to India d’E.M Forster avec Laura

Décembre (Afrique du Sud)

– Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela avec Laura

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Janvier (Chypre) 

– Citrons acides de Laurence Durrell avec Laura

Février (Canada)

– Captive de Margaret Atwood avec Laura


Mars (UK et Pays extérieurs au Commonwealth)

–  Kim de Rudyard Kipling avec Laura et Alexandra

– Le pays oublié du temps de Xavier-Marie Bonnot avec Valérie

Avril (Rwanda)

– Un livre sur le génocide rwandais (Rwanda)

– Une saison de machettes de Jean Hatzfeld avec Valérie, Laura et Alexandra

Mai (Malte)

– Malta Haninai de Daniel Rondeau avec Laura

Juin (Papouasie)

– The Crocodile de Vincent Eri avec Laura

 

Le mois québécois (Septembre)

Chez Karine & Yueyin

[Lire tout le mois de septembre autant d’auteurs québécois que possible]

Du mercure sous la langue de Sylvain Trudel avec Cryssilda, Yueyin et Alexandra

 

Le mois américain (Octobre)

Chez Noctembule

[Lire tout le mois d’octobre autant d’auteurs américains que possible]

– Un livre d’Edgar Allan Poe pour le 2 octobre : Noctenbule et Alexandra

– Un livre de Edith Wharton pour le 16 octobre: avec George et Alexandra

– Un livre de William Faulkner pour le 22 octobre avec Alexandra

– Un livre d’Ernest Hemingway pour le 26 octobre avec Noctenbule et Alexandra

– Un livre de Charles Bukowski pour le 28 octobre  avec Noctenbulelacritiquante et moi

– Adieu Gloria de Megan Abbott  avec Alexandra

– Fragments du Paradis de F.S Fitzgerald avec Alexandra

– Un bon jour pour mourir  de Jim Harrison pour le 21 octobre avec Alexandra

– Trois fermiers s’en vont au bal de Richard Powers avec Alexandra

– L’épée de Vérité – Tome 2 de Terry Goodkind avec Alexandra

 

Challenge « Les Sœurs Brontë »

Chez MissyCornish

Villette de Charlotte Brontë (Août)

La recluse de Wildfell Hall d’Anne Brontë (Septembre)

– The Bronte Family; Read By Anna Bentinck, David Shaw-Parker, Eve Karpf (Livre-audio)

 

Challenge « Thrillers & Polars »

Chez Liliba

[Catégorie « Touriste Planqué » : 8 lectures au choix]

La promesse des ténèbres de Maxime Chattam en Livre-audio pour moi (Août)

A Study in Scarlet d’Arthur Conan Doyle (Septembre)

– Adieu Gloria de Megan Abbott (Octobre)

Le club des policiers yiddish de Michael Chabon (Octobre)

– R&B : Le gros coup de Ken Bruen (Novembre)

– L’âme du mal de Maxime Chattam (Décembre)

 

"Trois enquêtes du père Brown" de G.K Chesterton

17 Fév

« Le docteur regarda le nouveau venu avec un ahurissement à peine déguisé, comme s’il se fût trouvé en présence d’un monstre marin, mais évidemment inoffensif. (…) Son chapeau tomba sur la tapis, son encombrant parapluie glissa entre ses genoux avec un bruit mat ; il parvint à reprendre le premier et suivit l’autre des yeux, puis avec un indéfinissable sourire, il dit :

– Mon nom est Brown. »

L’intrigue


Mieux connu outre-manche qu’en France, le père Brown est un personnage atypique dans le genre policier. Ce n’est ni un homme de métier, ni un détective privé, ni un détective consultant mais un prêtre catholique qui, avec la force de son esprit déductif, de ses talents d’observation et de sa perspicacité, résout une série d’enquêtes au fil des ses voyages de courte, moyenne ou longue distance. Ainsi, au cours de ces « trois enquêtes » (sur les cinquante-huit nouvelles écrites par G.K Chesterton), on le retrouve dans sa propre paroisse pour aider une de ses ouailles (« L’absence de Mr Glass »), puis non loin des Cornouailles pour résoudre une étrange affaire de naufrages à répétition (« Les naufragés des Pendragon ») et enfin en Italie, des voleurs de grand chemin sur son passage où le danger n’est pas loin ! (« Le paradis des voleurs »)
Statue de C.S Lewis (Dublin)
Alors que je m’étais fait un beau programme de lecture (avec possibilité de Lectures Communes), j’ai dû m’absenter d’ici pour un mois le temps de travailler à fond pour mon mémoire sur C.S Lewis dont je devais rendre le plan à mon directeur de recherche. Autant dire que ça n’a pas été de tout repos et, même rendu, j’y travaille encore… Je vous reviens cependant avec Trois enquêtes du père Brown qui regroupe trois intrigues policières sous la forme de courtes nouvelles. Vous connaissez peut-être son auteur de nom : Gilbert Keith Chesterton (1874-1936). Personnellement, c’est grâce à C.S Lewis que j’en suis venue à le connaître et à le lire en tant qu’il le considère comme un de ses maîtres avec George MacDonald que je compte aussi découvrir très bientôt et, a fortiori, vous en parler.

 

L’énigme première de cette série de nouvelles policières, c’est bien sûr l’identité de son personnage éponyme. Que vient faire un prêtre catholique sous la peau d’un détective amateur, jurant ainsi avec les sacro-saints codes du polar ? Bien sûr, on pourrait l’interpréter dans une visée parodique qui ridiculiserait le genre, ses mécanismes mais, n’ayant pas une grande expérience des polars (sauf ma lecture du Grand Sommeilde Chandler et une lecture en cours de mon premier Sherlock Holmes, A Study in Scarlet), je n’en ai pas été frappée. Au contraire, je dirais que la place prépondérante des énigmes à résoudre en absence de meurtres à proprement parlé met en valeur le genre puisque Chesterton en a gardé l’essence même. Que serait un roman policier sans ces énigmes qui travaillent le lecteur autant que les protagonistes ? Ces Trois enquêtes du père Brown conservent donc cet aspect cérébral même si, bien sûr, vu le format de la nouvelle, les énigmes ne peuvent pas être déployées comme dans un roman. Bien sûr, la parodie pourrait attaquer cet aspect même en laissant entendre que les romans policiers sont peut-être quedes énigmes où les histoires plus ou moins macabres, les cadavres et la recherche du meurtrier ne serait qu’un bon prétexte pour faire chauffer ses neurones.
G.K CHESTERTON
Par contre, si parodie il y a, le père Brown n’est jamais ridiculisé. Certes, il jure un peu avec le paysage habituel (rien que par le fait qu’il soit catholique parmi des anglicans ou des personnages non-croyants), il suscite toujours l’étonnement mais, il reste le héros de cinquante-huit nouvelles dont j’ai pu en lire un aperçu avec ces trois-là. Pour mieux comprendre le choix bien réfléchi de ce personnage en soutane, toujours affublé de son chapeau et de son parapluie (même en Italie!), il faut connaître un minimum d’informations à propos de G.K Chesterton. Comme C.S Lewis, Chesterton a plusieurs flèches à son arc : « homme d’un génie colossal »selon George Bernard Shaw (son ami-ennemi), journaliste, poète, biographe (de Robert Browning, Dickens, William Blake, Stevenson entre autres). Mais, c’est aussi et surtout un converti au catholicisme et, comme Lewis, il « s’engage » dans une apologétique du christianisme. Quoi de plus normal, dès lors, de voir ce prêtre sous sa plume surtout inspiré par sa rencontre avec un prêtre catholique, le père John O’Connor, un curé du Yorkshire qui a participé à sa conversion.
Tom Branson (Allen Leech – Downton Abbey)
Pour ceux qui auraient peur de voir dans ses enquêtes « un message chrétien » trop marqué, je dirais que ces trois enquêtes n’en font pas du tout cas. C’est une façon ludique de faire connaissance avec ce personnage atypique avec un plaisir de lecture certain pour un trajet aller-retour en train comme moi par exemple. Le père Brown est particulièrement attachant et ces nouvelles pleines d’humour y sont bien sûr pour quelque chose. Je pense que des questions plus sérieuses, comme par exemple la « cohabitation » entre catholiques et anglicans en Angleterre dans les années 20, doivent être développées dans les nombreuses autres enquêtes. Les amoureux de Downton Abbeyqui ont apprécié les crêpages de chignon entre Tom Branson (« le chauffeur ») et le comte de Grantham ne devraient pas être dépaysés.

 

C’est d’ailleurs le seul reproche que je pourrais faire à ces Trois enquêtes du père Brown : je suis un peu restée sur ma faim. Forcément, avec cette petite sélection de trois nouvelles sur cinquante-huit, on manque l’unité de la série créée par Chesterton et, malgré le brio des intrigues, on aurait envie d’en savoir plus sur ce père Brown, sur ses habitudes, sa personnalité. C’est pour ça que dès que possible, j’espère bien en lire l’intégrale (malheureusement un peu chère) ou du moins une sélection plus large comme La sagesse du père Brown et Le secret du père Brown.

 

A noter : BBC One a diffusé en janvier une série Father Brown avec Mark Williams, Arthur Weasley dans les Harry Potter), dans le rôle principal. Le succès a été tel qu’une suite est prévue et vous pouvez voir le premier épisode et suivants (sous-titrés en anglais) sur Youtube ici :


Où se le procurer ?

  • Trois enquêtes du père Brown est disponible en Folio pour EUR 1, 90.
  • Vous pouvez aussi continuer à suivre les aventures du père Brown dans Le secret du père Brown pour EUR 1, 95 et dans La sagesse du père Brown pour EUR 5, 66.
  • G.K Chesterton est aussi très connu pour son roman Le nommé Jeudi : un cauchemar, un thriller métaphysique à mi-chemin entre Lewis Carroll, Kafka et Borges pour EUR 8, 69.

 




Lu dans le cadre du challenge Thrillers & Polars de Liliba.

"Le grand sommeil" de Raymond Chandler

19 Sep

« Je ne suis pas Sherlock Holmes. »
Raymond CHANDLER, Le Grand sommeil

 

« Le grand sommeil », c’est la mort qui plane au dessus de tous, partout et plus particulièrement à Los Angeles, lieu par excellence des intrigues, des affaires louches qui tournent mal. « Le grand sommeil », c’est aussi le gagne-pain du détective privé Philip Marlowe, cynique à souhait. Disparitions, meurtres sans meurtriers, Marlowe est là pour démêler ce genre d’affaires et, parfois, il le fait sans qu’on le lui demande, non sans les ennuis qui vont avec ! Il est engagé par le riche général Sternwood, presque à l’article de la mort, à a base pour une histoire de chantage. Il faut dire qu’il est plutôt mal entouré à commencer par ses propres filles Carmen et Vivian, une droguée et une alcoolique, toutes deux séductrices, toutes deux dangereuses…

 

Je dois avouer mon inculture presque complète en ce qui concerne les polars ou les romans policiers et ce n’est pas faute d’aimer ça ou d’en être curieuse. Disons que mon parcours un peu classique en prépa et avant dans mes lectures personnelles ne m’y a pas dirigé en premier et c’est bien dommage. J’ai rattrapé mon retard avec ce roman noir, un « classique » (même si je n’aime pas trop ce genre de terme qui, justement, met trop facilement dans une « classe », une case quelque chose) : Le Grand Sommeil de Raymond Chandler.

 

Tout m’a amenée à lire ce petit bijou du genre, très incisif mais aussi très désabusé sur la nature et les relations humaines. A la lecture, j’ai eu comme un sentiment de « déjà-lu » et ce n’était pas sans raison puisque je me suis souvenue avoir traduit et commenté l’un des passages du premier chapitre en khâgne où Marlowe, dont le nom est inspiré par le dramaturge élisabéthain et rival de Shakespeare, rencontre dans une serre le général Sternwood qui lui explique sa mission et ses honoraires. L’atmosphère est d’emblée délétère, malsaine et il faut dire que le Grand Sommeil insiste sur la noirceur des caractères, sur la malhonnêteté dans les milieux les plus variés comme si le cliquant d’une ville comme Los Angeles n’était que la belle vitrine qui camouflait une arrière-boutique en chacun de nous assez sale.

« Quand vous êtes sorti une fois de la légalité, vous l’êtes pour longtemps.Vous croyez que ce n’est pas un joueur, Je pense que c’est un pornographe, un maître chanteur, un casseur de voitures volées, un tueur par personnes interposées et un mec qui achète les flics malhonnêtes. Il est exactement ce qui lui plaît, quelque soit l’étiquette accrochée au gâteau. N’essayez pas de me raconter des histoires de combinards à l’âme pure. Ça ne colle pas avec le reste. »

La scène au casino.

Pourtant, ce pessimisme général, dont Marlowe est le principal porte-parole, n’est jamais mis au service d’un discours moralisateur, comme si la morale elle-même était fausse. C’est plutôt le franc-parler des personnages, voire leur vulgarité, qui permet de passer outre ce genre de banalités pour faire du Grand Sommeilune peinture acerbe mais aussi très vraie, sans fard de ce que peut être une société moderne. Au premier abord, j’ai dû m’habituer au niveau de langue employé, qui souvent vole assez bas, mais à vrai dire, on se prend au jeu, on reconnaît – ou plutôt on imagine – parfaitement le parler du détective et du flic américain (à l’aide des films que j’ai pu voir avant comme certains Hitchcock), très désinvolte, légèrement méprisant mais surtout particulièrement blasé de son univers et de ce à quoi il doit être affronté dans son métier.

 

Ce franc-parler et les grossièretés en tout genre ont quelque chose de très réaliste ce qui participe, comme un ressort, à l’humour du livre. N’allez pas croire parce que c’est un roman noir, aux situations parfois glauques, qu’on en vient à déprimer pendant plus de trois-cent pages ! Il faut dire que je suis bon public mais j’ai beaucoup ri en lisant Le Grand Sommeil grâce au personnage de Marlowe et à tous ceux qui le côtoient qui sont tous très haut-en-couleur. Chandler allie cynisme et humour noir dans des situations assez noires et pourtant, ça permet de ne pas trop prendre au sérieux certaines situations, de leur trouver de l’ironie. Cela tient selon moi à la qualité des dialogues que je trouve vraiment excellents, de toute beauté au détriment des narrations qui parfois m’ont un peu ennuyée. Ce n’est pas pour rien que les Américains réussissent si bien au cinéma ! Ça fusse, c’est plein d’esprit et on est jamais déçu des échanges entre les personnages qui paraissent toujours très vrais. Il y a un peu aussi une vaine théâtrale qui est légèrement présente à tel point les dialogues sont biens orchestrés sans que cela sonne faux ou trop enjolivé.

 

Je vous ai retenu un passage en particulier, qui n’est pas un dialogue mais où Marlowe sauve Vivian Sternwood d’une tentative de vol à la sortie d’un casino où elle avait gagné le pactole ! Celui-ci m’a fait beaucoup rire mais il y en a des centaines comme ça !

 

« – Mets le sac à tes pieds, môme, lui dis-je. Doucement, prends ton temps.
Il se baissa. Je bondis et l’affrontai avant qu’il se relève. Il se redressa contre moi en respirant fort. Ses mains étaient vides.
– Dis moi que je ne m’en tirerai pas comme ça, fis-je.
Je me penchai et cueillis son revolver dans la poche de son pardessus.
– Il y a toujours quelqu’un pour me donner un feu, lui dis-je. J’en trimbale tant que je marche tout courbé. Casse-toi. »

 

Avec cet humour acerbe, c’est peut-être aussi pour ça que ce roman de Chandler tient de la satire sociale. Les préjugés sont en grande partie absents sauf peut-être à l’encontre du milieu judiciaire où quelques passages insistent avec peu de nuances sur la malhonnêteté presque intrinsèque des policiers qui cachent par exemple aux journaux et au public les vrais éléments d’une affaire de meurtre. A mon sens, on ne peut pas tout dire dans ce genres d’affaires, ça serait contre productif, c’est presque nécessaire alors que c’est présenté par le narrateur comme une énième crapulerie des gens du métier. Cependant, même si ce genre de préjugé est vraiment un leitmotiv qui sous-tend le livre, cet appel facile aux idées reçues est plutôt ponctuel ce qui permet aussi de lui éviter encore une fois de tomber dans trop de moralisation. Les vices de la société, quand ils sont cités, sont présentés comme des évidences, des faits qu’il faut considérer sans chichi qui ne prouvent rien en eux-mêmes mais qui, pourtant, laissent le lecteur libre de les juger comme bon lui semble.

 

Le réalisme du Grand sommeil, je l’ai retrouvé aussi dans le développement du personnage principal. L’ironie du sort veut que Marlowe soit désormais une figure presque mythique du détective privé, incarné au cinéma par Humphrey Gogart (rien que ça!) et pourtant, Marlowe est aussi désabusé avec lui-même et sur son métier qu’avec les autres. Il ne fait surtout pas du détective quelque chose de romanesque, d’idéalisé comme si le détective privé devait être forcément propre sur lui et, en plus de ça, un génie !

« Je ne suis pas Sherlock Holmes ou Philo Vance. Je ne m’attends pas à ramasser une pointe de stylo cassée sur des lieux que la police a examinés et à reconstruire l’affaire à partir de là. Si vous vous imaginez qu’il y a des détectives qui gagnent leur vie avec ce système-là, alors vous ne connaissez pas beaucoup les flics. Ce ne sont pas des choses comme ça qu’ils laissent passer, à supposer qu’ils laissent vraiment passer quelque chose quand ils en ont réellement la liberté de travailler. Mais s’ils le font, c’est forcément quelque chose de moins net et de plus vague. »

Marlowe & « Boucle d’Ange »

Marlowe est comme les autres. Il se présente lui-même comme quelqu’un qui fait ça pour de l’argent, ouvert aux propositions les plus offrantes et aux pots-de-vin quand il s’agit de sauver la réputation d’une famille de rois du pétrole. Il se saoule de temps ne temps et ne se prive pas pour embrasser à peu près tout ce qui bouge qu’il y ait « ouverture » ou pas !

 

Le grand sommeil a été pour moi une lecture très agréable, très différente de ce que j’ai l’habitude de lire ce qui n’est pas plus mal ! J’ai particulièrement aimé les toutes dernières pages qui en somme expliquent le titre du roman, comme si cette sombre affaire, où s’entre-mèlent au moins trois intrigues, n’était qu’une réflexion sur ce qu’est la mort. Quand elle arrive, elle est la seule à nous rendre enfin tous égaux contrairement aux belles intentions de la justice sociale. En voici l’extrait :

 

« Qu’est-ce que ça peut faire où on vous met quand vous êtes mort ? Dans un puisard dégueulasse ou dans un mausolée de marbre au sommet d’une grande colline ? Vous êtes mort, vous dormez du grand sommeil… vous vous en foutez de ces choses-là… le pétrole et l’eau, c’est de l’air et du vent pour vous. .. Vous dormez, vous dormez du grand sommeil, tant pis si vous avez eu une mort tellement moche… peu importe où vous êtes tombé… Moi, je faisais partie des choses moches, maintenant. »

 

 
Lu à l’occasion du Challenge « Thrillers & Polars »
Disponible sur Amazon en folio : EUR 5, 65