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« Richard III » de William Shakespeare

15 Sep
Recostitution faciale de Richard III, d'après le crâne et les ossements du roi retrouvés en 2013.

Reconstitution faciale de Richard III, d’après le crâne et les ossements du roi retrouvés en 2013.

Je vous l’avais promis, je passe d’un Richard à l’autre après avoir fêté dignement l’anniversaire de Richard Armitage avec un poème écrit de mes blanches mains mais justement inspiré par la figure de Richard III. Alors oui, ce n’est  pas le plus aimé des rois anglais, quoique suivi de nos jours par tout un mouvement de Richardiens qui ne perpétuent non pas ses supposées exactions mais sa mémoire pour une plus grande réhabilitation du personnage contre justement le stéréotype véhiculé par la tragédie du Barde.

Autant vous dire que je suis à un chouia de devenir depuis ma lecture de Richard III une digne Richardienne, non sans suivre l’exemple d’un autre Richard : plus Richardien tu meurs ! Pour quoi faire me direz-vous ? Déjà, ce n’est pas tous les jours qu’on peut reprocher quelque chose à une pièce de Shakespeare qui, depuis Romeo & Juliet  mais surtout Macbeth, m’a instinctivement subjugué par son esprit, son humour et la force dramatique de ses pièces. Une grande source d’inspiration, en somme.

Sauf que cette pièce-ci, Richard III, est actuellement controversée et, pour une fois, je vais essayer d’oublier le temps d’un instant mon admiration pour Shakespeare. Comment peut-on jouer aussi éhontément les dramaturges de Cour en cirant les bottes d’Elizabeth Ier, aussi fantastique soit-elle ? C’est facile de cracher sur un York devant une Tudor, descendante des Lancaster, n’est-ce pas ? Il faut savoir que, dès la mort de Richard III, une propagande pour légitimer le pouvoir en place s’est immédiatement mise en place et l’une des preuves les plus significatifs est surement le seul portrait officiel qui nous soit parvenu avant la découverte de ses ossements début 2013 à Leicester.

richard 3

Portrait de Richard III

Je ne sais pas si c’est évident pour tout le monde, mais si on observe attentivement ce portrait;, tout semble discréditer le personnage.  Des mains étrangement déformées, presque crochues, cette main droite, celle du pouvoir, chargée de beaucoup trop de bagues, tout cet apparat pour un homme laid, bossu, émacié avec un drôle de regard presque pensif, calculateur en somme… Pas du tout l’image qu’on attend d’un leader ou de l’ancêtre d’une dynastie.

Et, clairement, dans la pièce de Shakespeare, Richard III est au même titre un anti-héros. Pire : le bouc-émissaire de l’histoire anglaise au même titre qu’un Cromwell plusieurs décennies plus tard en devenant l’une des figures emblématiques de l’usurpation, de l’illégitimité du pouvoir et, surtout, du tyran.

Richard III (Ian McKellen)

Si Shakespeare fait assez bien ressortir les passions et les pensées du roi maudit, à tel point que certains ont pu y voir une façon d’humaniser le personnage, ce qui en ressort ressemble beaucoup plus à une figure de monstre qu’à un être de faiblesses. Alors certes, la scène 3 de l’Acte V où les fantômes de ses victimes reviennent le temps d’une vision -cauchemar, fait apparaître un Richard III beaucoup plus faillible et plein de doutes (et pour cause…) mais, c’est la première tirade de l’Acte I qui m’a le plus fait frémir. Elle me semble la plus représentative de l’interprétation shakespearienne de ce personnage controversé qui, sans complexe, revendique sa nature mauvaise, en somme sa nature de « vilain » :

« Deform’d, unfinish’d, sent before my time

Into this breathing world scarce half made up,

And that so lamely and unfashionable

That dogs bark at me as I halt by them;

Why, I, in this weak piping time of peace,

Have no delight to pass away the time,

Unless to spy my shadow in the sun,

And descant on mine own deformity:

And therefore,since I cannot prove a lover,

To entertain these fair well-spoken days,

I am determinèd to prove a villain,

And hate the idle pleasures of these days. »

Comme entrée en matière et première rencontre avec un personnage éponyme, on ne peut pas faire mieux ! Si les premiers vers de la pièce…

« Now is the winter of our discontent

Made glorious summer by this sun of York… »

sont archi-célèbres (à tel point qu’on les retrouve dans The King’s Speech déclamées par Geoffrey Rush, ce qui est clairement du pur bonheur), c’est ce passage qui reste mon préféré de toute la pièce. On sent le machiavélisme du personnage, à l’affût de l’occasion politique, du kairos pour atteindre son ambition mais aussi, en creux, la désillusion et presque la mélancolie d’un temps où c’est par la ruse, la dissimulation et les fausses apparences qu’on fait de la politique, ce qui est assez ironique de la part d’un personnage connu pour son apparence plus que disgracieuse. (Et, pourtant, vu la reconstruction faciale de 2013, j’ai connu plus moche, pas vous ?)

les otages-laurens

Jean-Paul Laurens, Les Otages

Mais, ne vous méprenez pas, ce n’est pas parce que je me sens très proche du mouvement de réhabilitation de Richard III que j’y vois un saint ou tout simplement une victime de l’Histoire. Justement, derrière ce genre d’initiative, il y a tout simplement une envie de nuancer les passions et de conserver la dose d’ambiguïté qui doit demeurer derrière la figure de Richard III et finalement derrière toute figure historique controversée. Beaucoup de questions demeurent, par exemple sur son implication ou non dans l’assassinat de ses neveux, les jeunes princes Edward et Richard où plusieurs hypothèses restent plausibles. Ordre direct, « complot » ou implication indirecte ? Tout ce que l’on « sait » (ce qui est forcément plus ou moins douteux) c’est que James Tyrell, un des fidèles de Richard aurait fait le coup, avouant les deux meurtres sous la torture ce qui est l’interprétation qu’a retenu Shakespeare, repris ensuite par Thomas More dans son Richard III.  Le mystère reste toutefois entier…

The Sunne in Splendour de Sharon Kaay Penman

Quant aux soupçons autour de la mort d’Anne Neville, la reine de Richard, la version de Shakespeare qui y verrait un crime passionnel et calculateur me semble bien étrange de la part d’un homme qui a aimé la même femme depuis son enfance et qui a pleuré son fils Edward mort en bas âge jusqu’à la fin. Je ne sortirais pas les violons mais, j’aime l’idée d’u roi à la fois machiavélien et ambitieux tout en étant guidé par une certaine quête de l’amour, plutôt inachevée. On retrouve cette image ambiguë dans The Sunne in Splendour de Sharon Kay Penman par  exemple que j’ai découvert grâce à Richard Armitage. (Comme quoi, le fangirling sert !) que j’ai même en version Kindle et qu’il me tarde de lire !

La figure d’Anne m’a beaucoup touchée dans la pièce de Shakespeare mais peut-être moins que celle de la Reine déchue Margaret dont les malédictions ont marqué plus d’un lecteur et d’une lectrice comme moi ! Cette place de la femme est toujours passionnant chez Shakespeare et ça m’a donné envie de découvrir la série The White Queen. Mais avant ça, je compte bien voir une ou deux adaptations de Richard III, très bientôt celle avec Ian McKellen dans le rôle titre mais avant tout la plus ancienne, avec Laurence Olivier que j’ai trouvé lors de ma première vadrouille en bibliothèque à Lyon cette semaine !  Hourra !

Pour finir, petit clin d’œil : en juin dernier, à Lyon, une version contemporaine de Richard III intitulée Exterminator Richard III a été mise en scène par Ugo Ugolini et interprétée par la compagnie U.Gomina dont j’ai pu lire la critique très élogieuse d’Adeline. et baver un petit coup derrière mon écran pour n’avoir pas pu y assister. Mais ce n’est que partie remise !

Comment se procurer Richard III de William Shakespeare ?

Edition GF

Il y a beaucoup d’éditions possibles, je ne suis pas capable d’en juger les traductions mais j’ai beaucoup aimé le travail et l’appareil critique de  l’édition GF qui regroupe Richard III, Roméo & Juliette et Hamlet qui a été, d’ailleurs, mon premier achat shakespearien. Souvenirs, souvenirs…

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Happy Birthday King Richard Armitage !

22 Août
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Richard Armitage

Petit excursus de pur fangirling aujourd’hui, vous m’excuserez d’être une faible femme, je l’espère. Il faut dire, que le 22 août n’est pas un jour ordinaire et même les doodles de Google s’y mettent en célébrant la naissance en 1862 de Claude Debussy, un compositeur  que j’adore et qui a inspiré le roman Sépulcre de Kate Mosse qui figure tout en haut dans l’ordre de préférence de ma PAL.

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Guy de Gisborne dans Robin Hood

Mais, aujourd’hui pour l’Armitage’s Army, le 22 août, c’est un peu notre fête internationale. Sur Tumblr, sur Youtube, sur les réseaux sociaux et même sur mon blog, personne ne pourra ignorer que c’est l’anniversaire de Richard Armitage qui fête ses 42 ans. Peut-être qu’on aura droit comme très régulièrement, à une lettre pour remercier ses fangirls d’amour des cadeaux awkward qu’il va recevoir (comme des caleçons à l’effigie de ses personnages principaux en plein milieu du paquet ! Ahem.) et peut-être que certaines donneront un petit quelque chose aux associations caritatives qu’il soutient au lieu d’envoyer ce genre de choses comme il le recommande.

Richard imitant son cheval dans The Hobbit

Il fallait bien que je paye ma dette à cet homme merveilleux, qui m’a beaucoup inspiré depuis que j’ai rencontré Guy de Gisborne qui a réveillé des choses inavouées. Et comme il ne se contente pas d’avoir joué un rôle splendide mais des personnages tous plus passionnants, troublants et torturés les uns que les autres (de John Thornton dans North & South à Lucas North dans Spooks en passant par Thorin, notre Roi sous la Montagne à tous !), je ne pouvais pas faire comme si ce jour était comme les autres.

« The leader of our Compagny…. Thorin Oakenshield »

Déjà, pour rendre hommage à la voix grave et profonde de ce cher natif de Leicester, avec ma future coloc lyonnaise, nous allons chanter une cover de The Misty Mountains pour un petit événement, je l’espère  le début d’une charmante expérience musicale de la Venetian Sisterhood.

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King Richard Armitage

Mais pour moi, pour fêter dignement un 22 août je ne peux pas ne pas parler de Richard III. Pour Richard, j’ai relu en guise de préparation la pièce de Shakespeare Richard III, absolument fabuleuse (même si elle amplifie encore plus la propagande anti-Richard III en en faisant un pseudo monstre  sanguinaire) et j’avais oublié à quel point les malédictions étaient délicieuses grâce à la reine Margaret. Bref, comptez-y, je compte bien vous en reparler.

Il faut dire que le lien qui unie Richard de Gloucester et Richard Armitage est étrange. Richard a hérité de son père une fascination pour ce personnage, pour me la transmettre car il faut savoir qu’étant né le même jour que la défaite de Bosworth où est mort Richard III, l’acteur en a hérite le prénom en en voulant pendant un temps à son cher papa de l’avoir appelé d’après un tel monstre ! Mais, tel le monstre du Docteur Frankenstein, Richard III est plus humain qu’il n’y parait.

Reconstitution faciale de Richard III, d'après le crâne et les ossements du roi retrouvés en 2013.

Reconstitution faciale de Richard III, d’après le crâne et les ossements du roi retrouvés en 2013.

Mais, je ne pouvais pas en rester là. Il fallait que je donne un peu plus de moi-même  et donc, il fallait que ça passe par l’écriture. J’ai écrit cette nuit  un poème, terminé à mon réveil pour justement explorer ce lien spirituel, presque anachronique, qui unie un homme mort, célèbre pour sa supposée vilenie, avec un homme de chair et  d’os, bien vivant, et connu pour son humilité et sa générosité mais qui s’est aussi illustré en jouant un nombre considérables d’âmes tourmentées. Vu que sa fascination pour le mal vient de Richard III et de Macbeth, je m’en suis d’autant plus inspirée pour écrire ce poème sans prétention mais qui, je pense, va me tenir à coeur un bon bout de temps en attendant d’écrire, qui sait, quelque chose de plus ambitieux sur Richard III.

richard

Guy de Gisborne in the shadow

 

[RICHARD’S SHADOWS]

Par A.E.B.

 

For Richard Armitage.

 

Pourquoi Richard ? Pourquoi ce nom ? Pourquoi cet homme ?

Moi, l’ombre d’un mort, portée d’amour infinie, 

Je suis le glas banni de félonie, en somme,

Hantant le monde, temps perdu, silence honni.

 

Je cherche un homme, masqué,  en sang, né pour aimer…

Car Vengeance & Expiation, ses indomptées

Maîtresses, me poursuivent, fiévreuses, furieuses de jouir

Et que l’alter ego perpétue l’art de nuire…

 

Je suis le sans-nom, l’anonyme ermitage

Sans attaches, j’erre masqué d’innombrables personnages, 

Suis-je Richard  ? Suis-je son autre ? Suis-je anachronique ? 

Je défie les Ténèbres, l’Histoire ironique !

 

 

Bosworth a décidé Ton sort, qui est le mien ?

 

Le 22 août de l’an 2013., au coeur de la nuit

 

.Et comme l’Armitage Army est une grande et belle famille, j’aimerais finir en mettant à l’honneur l’énorme talent de Michelle qui a partagé le work in progress étapes par étapes de sa peinture de Richard en Richard III et qui est juste la plus belle chose que j’ai vu de la part d’une fangirl. Well done, love !

Richard Armitage as Richard III by Michelle Jimenez

Happy Birthday, sweetheart !

Amis anglophiles, le mois anglais is coming !

28 Mai

“And let them pass, as they will too soon,

With the bean-flowers’ boon,

And the blackbird’s tune,

And May, and June! »

Robert Browning  


Vous vous en souvenez peut-être, l’an dernier en juin était célébré le jubilé de diamant de la reine Elizabeth II et cette année, hasard du calendrier, le mois de juin sera  le mois anglais, organisé par Lou et Titine ! Le principe est simple : faire de juin un mois so british en privilégiant des lectures d’auteurs anglais ou dont l’intrigue se déroule en Angleterre. En tant qu’anglophile, je ne pouvais pas rater ça !

 

Mais comme l’Angleterre regorge de talents en dehors de ses écrivains, le mois de juin ne serait pas anglais sans regarder de bons films et de bonnes séries britanniques (pourquoi pas revoir pour la dixième fois l’adaptation de North & South ou de Jane Eyre ?), flâner dans de beaux jardins à l’anglaise ou dans une expo, tester des recettes typiques (car les Anglais savent cuisiner, non mais !) ou préparer un vrai tea time ! Et si vous avez la chance de prendre le ferry ou l’Eurostar en juin, n’hésitez pas à raconter votre voyage et surtout de montrer vos plus belles photos ! Et bien sûr, ça n’inclue pas les nombreuses belles surprises que le mois anglais nous réservera !

 

 

Je ne suis pas très douée en planification comme mon dernier programme de lecture peut le rappeler, mais je vous présente tout de même mon programme de choc pour ce mois anglais, volontairement très large. Je suis bien sûr ouverte à toute lecture commune si un de mes choix vous fait envie vu que le mois anglais est fait pour être un moment de partage !

 

Coté Lecture :

 

– Les Forestiers de Thomas Hardy
– Labyrinthe de Kate Mosse
– Une chambre à soi de Virginia Woolf
– Poèmes portugais de Elizabeth Browning 
– Pierre de Lune de Wilkie Collins
– Les Confessions de Mr Harrison d’Elizabeth Gaskell

 

 



– Sépulcre de Kate Mosse
– The Importance of Being Earnest d’Oscar Wilde (Théâtre)
– Une folie meurtrière de P.D James
– Agnès Grey d’Anne Brontë
L’homme invisible de H.G Wells
– Le mystère d’Edwin Drood de Charles Dickens

 

 

 

– Villette de Charlotte Brontë
– A Study in Scarlet d’Arthur Conan Doyle
Heart of Darkness de Joseph Conrad
Dommage qu’elle soit une putain (Théâtre) de John Ford

 

 

 

 

Il y a déjà des lectures communes prévues comme :

– Le 5 juin : Les Forestiers de Thomas Hardy pour Cléanthe et Lou. Je vais essayé de participer à celle-ci, peut-être avec un autre livre plus court de Hardy comme Les contes du Wessex. 
– Le 8 juin : Dark island de Vita Sackville-West pour ElizaShelbylee et Titine
– L’affaire de Road Hill House de Kate Summerscale pour Lou, Miss LéoLisou, Val et Titine.
– Une autre histoire de Londres de Boris Johnson pour Maggie et Titine
– Un livre au choix de Barbara Pym pour Lou et Titine
– Un livre au choix d’Agatha Christie pour Enna, Karine:)Lydia et plein d’autres !

 

Coté films et séries :

– Hamlet de Kenneth Branagh
Le crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock

– Sueurs froides d’Alfred Hitchcock 
– Snatch de Guy Ritchie
– The Ghost Writer de Roman Polanski
– De grandes espérances de Mike Newell (2012)
– A Room with a view de James Ivory

– Maurice de James Ivory
– Tamara Drewe de Stephen Frears

– Les adaptations de Jane Austen que je n’ai pas encore vu : au choix Northanger Abbey, Mansfield Park (1999, 2007), Emma (1995, 2009), Sense & Sensibility (2008) et Persuasion (2007)
Upstairs, Downstairs (2010)
– Brideshead Revisited  (2008)
– Little Miss Dorrit 
– Cranford
– Ripper Street
– The Hour (2011)

Coté cuisine :

Chez Méloë, il y a une super page spécialement conçue pour les anglophiles avec entre autres plusieurs recettes de cuisine anglaises (principalement des douceurs sucrées) que je compte bien essayet en juin ! Ce qui est génial, c’est qu’elle raconte toujours un peu des anecdotes historiques sur ces recettes.La dernière en date, c’est l’Eton Mess à base de fraises, de meringue et de crème chantilly maison. Ça a l’air d’être un régal et très facile à réaliser !

Coté expos :

Pour l’instant, je n’ai qu’en vue L’ange du bizarre au musée d’Orsay mais, en cherchant plus, il doit y avoir des tas de choses à voir qui touchent de près ou de loin nos amis anglais ! Si vous avez des suggestions, je suis preneuse !

Alors, tenté(e)s ? 🙂

By the way, n’oubliez pas que vous pourrez voir Parade’s End les 7 et 14 juin sur Arte à 20h50 à l’occasion du mois anglais !

 

"Robin des Bois" (2006 – BBC) – Saison 1

20 Jan

Robin Hood (BBC) – Jonas Armstrong (Robin de Locksley)

Robin des Bois (2006), créée par Dominic Minghella & Fox Allan diffusée sur BBC One avec 3 saisons et 39 épisodes, arrêtée en 2009. Format de 45 min. Avec Jonas Armstrong (Robin), Lucy Griffiths (Marianne), le magnifique Richard Armitage (Guy de Gisborne) et Keith Allen (le shérif de Nottingham).


Synopsis

 
Revenu des croisades avec son fidèle serviteur Much, Robin de Locksley est de retour dans le comté de Nottingham où il y découvre bien des changements. Marianne, qu’il avait délaissé pour conquérir la gloire en Terre Sainte, ne semble plus aussi sensible à ses charmes et la place de soupirant est déjà occupée par le bras-droit du nouveau shérif de Nottingham, Guy de Gisborne. Cruel et machiavélique, le shérif surtaxe les habitants de Nottingham et de toutes les contrées alentour et il use de tous les moyens pour faire régner l’injustice et la corruption. Une seule solution : entrer en résistance en devenant hors-la-loi au coté d’une bande de marginaux dénommés Petit Jean, Alan de Dale, Will Scarlet et bientôt Djaq, une Sarrasine  quitter ses terres pour vivre dans la forêt de Sherwood et surtout détrousser le shérif pour le compte des pauvres ! Toutefois, on se défie pas le shérif et Guy de Gisborne sans conséquences et les représailles ne tardent pas à tomber sur Robin et ses amis, jusqu’à même toucher la belle Marianne…

 

Cet été, j’ai découvert cette série produite par la BBC (forcément, ça commence bien!) en premier lieu parce que je savais que Toby Stephens,Edward Rochester dans l’adaptation de Jane Eyre (BBC) et dont le jeu m’avait beaucoup impressionnée, allait jouer le rôle du Prince Jean. Toutefois, il fallait attendre la troisième saison et avant ça, apprécier cette série qui ne s’annonçait pas très originale. Après tout, on connaît tous la légende de Robin des Bois et on ne s’attend pas à beaucoup de surprises. C’était mal connaître la BBC qui offre ici une série haute en couleur, pleine d’humour, d’émotion et avec des personnages plus que surprenants !

 

Sans parler de ma découverte majeure dans cette série : Richard Armitage !
Déjà, je ne m’attendais pas à des personnages aussi caractérisés. Robin des Bois a beau être le héros éponyme de la série, il n’est pas le seul à la porter à bout de bras. Ce n’est pas faute d’avoir choisi un très bon acteur, Jonas Armstrong que j’aimerais revoir plus souvent sur les écrans. Il rend son personnage aussi attachant qu’expressif. Il n’est pas seulement présenté comme un justicier mais aussi d’emblée, dès la première saison, comme un personnage plus complexe qu’on n’aurait pu s’attendre. Dans l’un de mes épisodes préférés, l’épisode 8 « Un tatouage compromettant » (Tattoo ? What Tattoo ?), il est hors de lui-même, en état de rage et prêt à faire justice lui-même et à tuer Guy de Gisborne de ses mains (alors qu’après les croisades, il devient pacifiste) étant donné qu’il a la preuve irréfutable que son rival a commis un acte de trahison envers le roi Richard.

 

L’une des autres surprises du scénario, c’est la personnalité de Marianne (Lucy Griffiths). Ce n’est pas une potiche, ni même une amoureuse transie. Au contraire, sa féminité ne lui empêche pas d’être aussi courageuse que les hommes en prenant conscience des injustices que le shérif commet contre les habitants de Locksley et de Nottingham. Elle joue à la fois les agents doubles en espionnant le shérif et sir Guy de Gisborne tout en renseignant l’autre camp pour le compte de Robin au point de se mettre en grande difficulté. Elle sera châtiée dans l’épisode 4 « L’enfant trouvé » (Parent Hood) pour avoir bravé l’autorité du shérif en voulant nourrir un village mis en quarantaine alors que le shérif avait interdit de les aider. C’est sans parler de sa situation délicate dans l’épisode 7 « Question de loyauté » (A Thing Or Two About Loyaulty) quand Guy doute tellement de sa loyauté qu’elle sera bien obligée de répondre à ses avances en acceptant de l’épouser… sauf empêchement majeur ce que Robin va s’empresser d organiser. 

 

L’une des revanches que prend Marianne, et qui rend plu qu’intéressant son personnage, c’est qu’elle agit dans le plus grand secret et masquée sous les traits du veilleur de nuit en représentant une autre force de résistance contre le shérif au même titre que la bande d’hors-la-loi que forment Robin et ses amis.

« Marian: The truth? The truth is, this country is being choked to death. The truth is, honest people are being forced to lie and cheat and steal. » 

 

(Saison 1, épisode 7 : « Le prix de la trahison » – Brothers in Arms).

 

 

Impossible de s’ennuyer grâce aux personnages qui campent les « méchants » de la série et tout particulièrement le shérif de Nottingham ! Keith Allen est sûrement l’atout le plus grand de la saison 1 à quel point il est excellent, vicieux et cynique ! Il semble exulter à chaque fois qu’il dit, comme un tic de langage, « Clue : no » (Réponse : non) et on ne peut que rire à chaque fois qu’il répète à Gisborne que les femmes ne sont que la lèpre (« Lepers, Gisborne. …Lepers…. »). On se rappelle tou(te)s l’effet qu’a pu nous faire Alan Rickman dans le même rôle au cinéma dans les années 90 et pourtant, je trouve Keith Allan encore meilleur. Il est peut-être le seul personnage dans la série qui soit complètement manichéen. Jamais un soupçon de bonté ne l’effleure et, pourtant, il reste extrêmement intéressant dans son vice absolu. Il représente le pouvoir absolu et arbitraire ce qui rend les possibilités de son personnage sans limite. Je me souviens particulièrement de l’épisode 10, « La paix ? Que nenni ! » (Peace ? Off !), où il n’hésite pas à revirer au point de s’allier avec Robin le temps d’une journée pour sauver sa peau. Ainsi, il est aussi détestable que drôle grâce à de ses répliques cinglantes qui coupe court toute conversation et aux coups qu’il donne à n’importe qui à portée quand il est furieux. Il n’est jamais ridicule sauf peut-être quand il se sent en danger ou qu’il est effectivement ridiculisé par Robin et ses amis en étant par exemple suspendu par les pieds comme un vulgaire porc.
Même son conflit avec Robin n’est pas caricatural : certes, les victoires de Robin sont plus nombreuses (après tout, un héros toujours perdant, ce n’est pas très vendeur!) mais il n’en est pas moins mis en danger quand le shérif use de tous les moyens pour le faire tomber comme la trahison, le chantage, la dissimulation et même en retournant l’opinion des villageois contre lui pour en faire un indésirable.

 

Bien sûr, parmi la gente méchante de cette saison, on ne peut passer à coté de sir Guy de Gisborne interprété par Richard Armitage. Contrairement au shérif, il ne s’agit pas d’un personnage unilatéral, seulement guidé par le mal : il a encore de multiples facettes et sa personnalité sera de plus en plus développée au fil des saisons. L’ambiguïté de sa personnalité est à peine visible tellement il est compromis par le shérif en étant son bras-droit, en vérité en exécutant les viles besognes pour lui.

 

Toutefois, c’est sa soif de reconnaissance qui le pousse à choisir les moyens les plus durs pour parvenir à ses fins. Souvent abaissé et brimé par le shérif, qui n’hésite pas à le manipuler et ne pas le soutenir dans ses affaires personnelles, il développe un prix paradoxal pour la loyauté et une intense soif de vengeance quand il soupçonne quelqu’un de l’avoir trahi. Toutefois, ce sont ses sentiments qui rendent sa personnalité plus complexe. Même Marianne admet que ses sentiments à son égard sont sincères ce qui met Guy dans une situation de faiblesse tout en le rendant plus humain que le shérif par exemple. Dans le dernier épisode, l’épisode 13 « Audience royale » (Clue : no !) , il déclare clairement que l’alliance qu’il souhaite avec Marianne est là pour le laver de son passé et c’est effectivement le fait qu’il ait un passé (qu’on découvrira notamment dans la troisième saison) qui le rend des plus intrigant et, paradoxalement, charmant.

 

En définitive, cette première saison a beaucoup de qualité en donnant assez de matière pour situer l’intrigue et comprendre la complexité de ses personnages et de leurs situations. Il n’y a pas à proprement parler de personnages secondaires mais chacun vise à être de plus en plus développe dans les prochaines saisons. D’ailleurs, qu’est-ce qu’en guise de teasing, pourrait vous donner envie de voir cette seconde saison ? C’est peut-être la plus intense en émotions et je pense notamment au final de la saison 2 ! Chaque personnage est en grand danger étant donné que le shérif ne recule devant rien pour semer d’embûches les missions de Robin et sa bande pour faire régner la justice. Et, dans cette saison, la dissidence touche même la bande de Robin puisqu’il y a un traître dans ses rangs…

 

Où se procurer la saison 1 de Robin des Bois (BBC) ?

La première saison des aventures de Robin des Bois se trouve sur Amazon au prix de EUR 15, 99.

Et si cette saison vous enthousiaste autant que moi, la saison 2 est à portée de main pour EUR 15, 80

"L’abîme" de Charles Dickens et W. Wilkie Collins

4 Jan

Le parc « Dickens World » à Chatham (Kent) – © electropod (Flickr)

«Jadis les enfants y étaient reçus sans enquête. Un trou pratiqué dans la muraille s’ouvrait et se refermait discrètement. Il n’en est plus ainsi aujourd’hui. On prend des informations sur les pauvres petits hôtes, on les reçoit par faveur des mains de leurs mères. Ces malheureuses mères doivent renoncer à les revoir, à les réclamer même, et cela pour jamais ! »

 

L’intrigue 


Londres, 1835. Walter Wilding n’est pas un vulgaire bourgeois comme les autres, négociant en vin de son état. Avant de mener une vie aisée après avoir hérité d’une belle fortune à la mort de sa mère, il était un de ces « enfants trouvés », abandonné par sa mère biologique avant même d’avoir été baptisé. Cette belle ascension sociale n’est pas sans conséquence : derrière sa véritable identité se cache un mystère. Le vrai Walter Wilding n’est peut-être pas celui que l’on croit et vu l’argent mis en jeu, ça ne va pas attirer que des enfants de cœur. Tous les personnages deviennent suspects et on en croise un certaine nombre : son associé George Vendale en amoureux transi, Joey un employé qui joue les oiseaux de malheur ou un étrange personnage suisse au nom romanesque, Obenreiser… 

 

           L’époque victorienne est une période qui me passionne, même quand il s’agit de romans néo-victoriens comme ceux de Michel Faber alors quand on a dans les mains un roman écrit à quatre mains par deux maîtres de l’époque, Charles Dickens et William Wilkie Collins comme L’abîme (ou Voie sans issue selon les éditions), on ne peut qu’être ravie. Dans ces conditions, on a toujours tendance à vouloir décrypter le roman en repérant le style d’écriture de chacun d’eux, la part de Dickens et celle de Wilkie Collins. C’est un réflexe que j’ai eu malgré moi au début de ma lecture mais par paresse peut-être et surtout faute de connaître à la perfection leur univers respectif et leurs thèmes récurrents, j’ai préféré laisser de coté cette idée. Après tout, on en rate peut-être aussi l’unité et à quel point une telle œuvre doit être concertée, discutée, réfléchie.
Charles Dickens dans Doctor Who (2005)
« The Unquiet dead » (Saison 1)
             Je préfère voir L’abîme comme un roman hybride, un peu étrange notamment dans sa forme. Chaque chapitre fait référence au monde du théâtre : « ouverture », « le rideau se lève », l’entrée ou la sortie de tel personnage. Pourtant, L’abîme a tout d’un roman presque traditionnel avec un jeu sur les éléments romanesques de l’intrigue – à la limite du vraisemblable – rendu possible par des scènes de rencontre ou de reconnaissance ce qui explique la place accordée au monde de l’orphelinat et au mystère qui entoure l’identité de certains personnages. Tout s’explique quand on sait que No Thoroughfare a aussi été une pièce de théâtre, « a drama, in Five Acts », écrite la même année pour Noël 1867 avec la même intrigue sans différence notoire.

 

Gravure sur bois de Louis Lequel © Philip V. Allingham
               De cet univers de la scène, L’abîme en retient certains éléments comme les coups de théâtre autour notamment de la véritable identité de celui qui est appelé Walter Wilding, les personnages qui répondent souvent à des « caractères » ou des types comme la « mère coupable », le bourgeois ou la pupille Marguerite, parfaite Rosine du Le Barbier de Séville à l’époque victorienne. Je pense qu’il y a beaucoup d’ironie de la part de Dickens et Wilkie Collins dans ces personnages un peu caricaturaux qui ont la larme facile, le cœur sur la main ou l’obsession du meurtre. Le voyage final en Suisse a quelque chose aussi de parodique avec son traitement très romantique de l’univers montagnard à la fois exalté et redouté pour le danger que les montagnes et ses « abîmes » représentent. L’abîme est avant tout un drame mais on rit aux dépends des personnages de leurs excès, eux qui posent beaucoup, et du manichéisme poussé à l’extrême. Bien sûr, certains personnages sortent du lot comme Joey, plus attendrissant qu’agaçant pour sa simplicité et ses superstitions ou Marguerite, pratiquement seul personnage féminin, présentée au début comme « une faible femme » qui s’affirme de plus en plus jusqu’au moment crucial.
William Wilkie Collins
Autant L’abîme, quoique cette traduction du titre laisse un peu à désirer, que Voie sans issue insistent bien sur cet aspect dramatique et pourtant, ce que je retiens particulièrement de ce roman, c’est la place importante qu’occupe l’énigme, le mystère à tel point que le lecteur est invité à être aussi perspicace que devant un roman policier qui est après tout le grand genre de Wilkie Collins. On ne sait plus qui est qui, qui trahit qui et même si je ne considère pas L’abîme comme un « chef d’œuvre » (le mot est jeté pourtant sur la quatrième de couverture), il a le mérite de nous surprendre ce qui en fait une lecture très agréable.

 

Ce roman m’a donnée très envie de plus approfondir l’univers de ces deux auteurs (et autant ma bibliothèque que ma PAL comptent beaucoup de Wilkie Collins non lus !) et pourquoi pas des romans dérivés comme le roman néo-victorien Drood de Dan Simmons qui met en scène les deux auteurs dans une sorte d’intrigue policière. Il faut dire que Wilkie Collins, en fumeur d’opium invétéré, a tout d’un personnage décadent ! Rien que la couverture mystérieuse du roman me fait de l’œil !

 

               Vous pouvez en lire la critique sur Biblioblog et acheter le roman de Dan Simmons au prix de EUR 22, 70 sur Amazon. (un peu cher malheureusement après les fêtes !)

 

Vous pouvez trouver L’abîme au choix aux éditions du Masque pour EUR 6, 93 sur Amazon mais il en existe une autre édition chez 10/18 avec pour titre Voie sans issue mais exclusivement en occasion.

             J’en profite pour vous souhaiter tous mes vœux pour cette nouvelle année. Qu’elle soit riche en découvertes autant livresques que culturelles !

 

              Je ne parle pas assez à mon goût de cinéma ou de séries quoique la BBC avec Jane Eyre ou North & South soit bien mise à l’honneur ici. Je revois Downton Abbey en ce moment et je pense depuis cet été à vous parler de la série Robin des Bois (BBC) qui a fait connaître Richard Armitage que j’ai retrouvé avec plaisir sous les traits de Thorin dans The Hobbit dernièrement.

 

               2013 sera aussi une année sous le signe de Sherlock Holmes et j’en profiterai sûrement pour revoir la série de la BBC Sherlock (dans l’attente d’une autre saison !) ce qui me donnera l’occasion d’analyser leur travail d’adaptation par exemple à partir de A Study in Scarlet ou Le chien des Baskerville qui m’attendent sagement dans ma PAL.

 

Ceux qui suivent ma page Facebook le savent déjà, grâce au challenge organisée par Lou, cette nouvelle année ne se fera pas sans lire, découvrir et redécouvrir du Virginia Woolf. J’ai choisi le niveau Mrs Dalloway soit au moins cinq romans (Mrs Dalloway relue en anglais, Entre les actes, Flush, Trois guinées et/ou Une chambre à soi et La Traversée des apparences), un livre dérivé (The Hours de Michael Cunningham) et une biographie de l’auteur (surement le Virginia Woolf d’E.M Forster). Quand on aime, on ne compte pas !

Challenge "Cold Winter" 2012-2013

26 Oct

« All I want for Xmas is You »

       Parfois, la saison automnale (que j’adore personnellement grâce à ses jolis couleurs !) donne l’impression d’être déjà en hiver ; la froidure qui s’installe doucement mais sûrement et le thé chaud (et ses petites douceurs) pour y pallier ! Moi, l’hiver, Noël, ça me fait toujours penser à Love Actually :

 

           A défaut de pouvoir recevoir des cadeaux aussi cools et romantiques (mais ne désespérons pas!), je réponds à l’invitation d’Antonine pour nous offrir un hiver plein de lectures avec ce Challenge « Cold Winter ». Ainsi, plus la température baissera, plus notre PAL diminuera par la même occasion ! XD

 

           Le challenge va se dérouler sur trois mois du 1er novembre 2012 au 1er février 2013. Comme j’ai du mal à lire pour le plaisir en ce moment, ça va me booster ! Voilà ce que j’ai pioché dans ma PAL :

 

1. L’Adolescent de Dostoïevski 

Après vous avoir présenté un extrait de L’Idiot (surement l’un de mes préférés de cet auteur), je compte bien cet hiver compléter mes lectures de ce maître russe qui arrive toujours à capter aussi bien la psychologie humaine, comme jamais.

L’Adolescent de Dostoïevski

 

2. Pauvre Miss Finch de Wilkie Collins

Je vous en avais déjà touché un mot pour mon premier « Top Ten Thuesday » sur nos lectures d’automne. Je n’ai pas eu encore le temps de me plonger dans le destin de cette jeune aveugle mais j’ai trois mois pour le faire ! 😉

Wilkie Collins, Pauvre Miss Finch

 

3. North and South d’Elizabeth Gaskell

Vous connaissez déjà mon enthousiasme pour son adaptation par la BBC fabuleuse avec Richard Armitage puisque je vous l’ai présenté dernièrement. J’ai pour l’instant laissé de coté la lecture de ce roman à cause du boulot (je lui ai préféré quelques livres de C.S Lewis, shame on me !) mais je compte bien le finir avant cet hiver ! 

Elizabeth Gaskell, North & South

 

The Importance of Being Earnest d’Oscar Wilde

L’occasion est rêvée de mettre à l’honneur non seulement Oscar Wilde (c’est toujours bon), mais aussi le théâtre. Ca me permettra en même temps de lire en anglais comme North & South d’ailleurs.

Oscar Wilde, L’Importance d’être Constant

 

5. Sir Nigel / La compagnie blanche de Sir Arthur Conan Doyle

Deux pour le prix d’un car il s’agit d’une petite saga où l’un peut être lu séparément et dans un ordre indifférent mais je préfère les lire ensemble pour plus de cohérence !  

Conan  Doyle, Sir Nigel

 

Conan Doyle, La Compagnie blanche

 

6. Agnes Grey d’Anne Brontë

Définitivement, un hiver ne peut pas se passer sans l’une des soeurs Brontë !

Anne Brontë, Agnès Grey

Anne Brontë, Agnès Grey

7. Lettres du père Noël de  J.R.R Tolkien

Avec la sortie prochaine en décembre du Hobbit (qui d’ailleurs aurait pu faire partie de cette PAL pour le « Cold Winter »!), quoi de plus naturel de se replonger dans l’univers de Tolkien d’autant plus avec une oeuvre de saison ! Je m’attends à beaucoup d’humour ! 🙂

J.R.R Tolkien, Lettres du Père Noël

 

8. Cinq enfants et moi / The Phoenix and the Carpet / Le secret de l’amulette d’Edith Nesbit

L’hiver, c’est toujours quelque part un retour en enfance. Ça sera chose faite avec cette trilogie de la littérature jeunesse du début du siècle dernier (qu’enfant C.S Lewis a beaucoup apprécié).

Edith Nesbit, Le secret de l’amulette

 

9. Un visage pour l’éternité de C.S Lewis

En parlant de C.S Lewis ! Tout en lisant ses oeuvres un peu plus théoriques, je compte bien saisir l’occasion (sans trop de remords !) de lire ses fictions, autres que Narnia. Je l’ai déjà commencé d’ailleurs mais je l’ai un peu laissé en rade pour lire North & South. Mais, de ce que j’en ai lu, j’ai beaucoup aimé cette réécriture du mythe de Psyché et Cupidon. 

C.S Lewis, Un visage pour l’éternité

 


10. Daisy Miller d’Henty James

Encore une lecture prévue pour cet automne mais comme c’est une nouvelle assez courte, elle ne risque pas de m’accompagner tout l’hiver ! D’autant plus qu’il me tarde de lire du Henry James ! 

Henry James, Daisy Miller

 

11. Trois enquêtes du Père Brown de G.K Chesterton

D’une pierre deux coups, ces trois nouvelles policières vont me servir pour deux challenges : celui « Polars & Thrillers » et « Cold Winter ». Je connais Chesterton grâce à C.S Lewis et la particularité de ces policiers, c’est que le détective est un prêtre ! Assez cocasse pour être lu. Et il m’a coûté une misère, moins d’un euro. XD

Chesterton, Trois enquètes du Père Brown

 

12. L’âme du mal de Maxime Chattam

Grâce au challenge « Polars é Thrillers », ça me permet non seulement de découvrir un genre assez nouveau pour moi mais aussi des auteurs inconnus. J’ai entendu beaucoup de choses sur Maxime Chattam, en bien et en mal, mais je vais tout de même me laisser tenter par ce roman. Je me ferais mon propre avis ! 

Maxime Chattam, L’âme du mal

 

13. L’homme invisible d’H.G Wells

Un classique de la littérature fantastique : pour Halloween qui sait ? 

 

H.G Wells, L’homme invisble

 

14. Colline de Jean Giono

Une fois n’est pas coutume, je compte lire cet hiver un roman français de l’un de mes auteurs préférés français (ce qui est très rare comme vous avez pu le voir sur ce blog !) J’espère qu’il sera à la hauteur d’Un Roi sans divertissement.

Jean Giono, Colline

 

15. La métamorphose de Franz Kafka

Ça fait un bout de temps que je retarde le moment de lire du Kafka. Mais là, je n’aurais plus d’excuse d’autant plus que celui-ci est dans ma bibliothèque depuis septembre. J’espère en être « métamorphosée » ! XD

Franz Kafka, La métamorphose

 

Beaucoup de classiques (mais ce n’est pas une surprise !), un peu de fantasy/fantastique, un peu de littérature jeunesse et quelques polars ! Ça sera divers comme hiver ! 😛
 
Et vous,que pensez-vous lire cet automne et cet hiver quand il fera trop froid pour sortir et donc un temps idéal pour lire bien au chaud ? 🙂
 
Je vous souhaite un bon week-end et de bonnes vacances pour les veinards (ce qui n’est pas mon cas ! :P)
 
 

"North & South" (mini-série BBC, 2004)

15 Oct

« I wish I could tell you how lonely I am. How cold and harsh it is here. Everywhere there is conflict and unkindness. I think God has forsaken this place. I believe I have seen hell and it’s white, it’s snow-white. » 
(Margaret Hale in « North & South », BBC Drama)

 

Ce blog est un peu en sommeil ces derniers temps, comme un clin d’œil sans le vouloir à mon dernier billet sur le polar de Raymond Chandler, Le Grand Sommeil. Ce n’est pas faute d’avoir des idées, des projets pleins la tête et de lire pour le plaisir et pour mon Master. Bien sûr, le temps manque pour tout faire mais il a surtout fallu me laisser le temps d’acquérir mon propre rythme entre « métro/boulot/dodo » (e n’est malheureusement pas un cliché mais ma « vraie » vie ! XD) et cette part de loisir que j’essaye de mener sur la blogosphère.

 

Trêve de blabla, je reviens donc avec « North & South », ce petit bijou offert par les indétrônables génies de la BBC et qu’on compare souvent avec la sacro-sainte adaptation de la BBC d’Orgueil & Préjugés. Je trouve la comparaison vraiment hâtive parce qu’à part le sexe respectif des deux auteurs dont les œuvres sont adaptées, Elizabeth Gaskell d’une part et Jane Austen (who else?) d’autre part, l’esprit n’est vraiment pas le même. J’en ai d’autant plus le sentiment que je me suis jetée sur le roman d’Elizabeth Gaskell à peine cette mini-série visionnée et je l’aurais d’ailleurs fini dans quelques jours, ce qui fera sûrement l’objet d’un prochain billet plus comparatif. A suivre !

Elisabeth Bennet (Jennifer Ehle) en pleine nature dans Pride & Prejudice (BBC)

Déjà, le décor n’a rien à voir. Là où Orgueil & Préjugés (comme la majorité des œuvres de Jane si on exclue les escales toujours un peu forcées à Londres ou à Bath) se situe exclusivement à la campagne, dans son Hampshire natal où tout est verdoyant et où il n’y a pas plus grand sacrilège que de ne pas aller se promener à pied en pleine nature (quitte à tacher de boue sa jolie robe!), North & South joue justement sur l’opposition entre la vie à la campagne et celle en ville.

 

Le Nord, c’est l’Angleterre industrielle des années 1850, le monde des villes crasseuses et pleines de fumée et des manufactures de coton en pleine industrialisation.  Le Sud, c’est là encore le Hampshire, comme un clin d’œil à peine voilé, mais qui d’emblée doit être fui par l’héroïne Margaret (Daniela Denby-Ashe) et sa famille les Hale, pour une des villes du Sud : Milton, une ville fictive mais inspirée par Manchester où Gaskell a vécu et qui fera l’objet d’une rude critique par un certain Karl Marx. Ainsi, la vie idéalisée à la campagne, qui devient « dans l’exil » l’objet d’une nostalgie assez maladive pour certains personnages (comme la mère de Margaret), est très vite éclipsée car, d’une certaine manière, cette vie campagnarde semble incapable de correspondre et de répondre aux exigences de la vie moderne car trop oisive, trop liée à un temps « à la Jane Austen » fait de pasteurs (c’est l’ancien état du charmant père de Margaret qu’il quitte pour une question de conscience) et d’idylles plus ou moins heureuses. 

Margaret Hale (Daniela Denby-Ashe)
à Helstone (Hampshire)

 

C’est assez intéressant de voir qu’à l’écran, le traitement de la courte vie à la compagne est lui aussi très bref, très secondaire : il fait l’objet d’un flash-back, comme une éclipse temporelle, au début du film après avoir vu Margaret et sa famille justement dans le train en direction de Milton. Quant aux quelques fois où on retrouvera le Hampshire à l’image, la luminosité est toujours très forte (voir photo ci-dessus) ce qui donne presque l’impression d’un lieu irréel ou tiré tout droit d’une carte postale ancienne. Autant dire que c’est très bien fait ! 

 Ainsi, vous l’avez compris, la vie en ville dans le Sud, ne serait rien sans l’étrangeté qui l’accompagne non pas seulement celle qui fait de Margaret une « exilée » mais aussi l’étrange modernité que représente le monde de l’usine et les conflits de classes naissants entre ouvriers et patrons. Le premier motif offre des scènes plus ou moins comiques où le film joue sur ce décalage entre les habitudes du nord et celles du sud et toutes les difficultés qu’a, par exemple, l’héroïne de s’y adapter comme les règles élémentaires de l’hospitalité (ne pas prévoir de venir chez les gens sans attendre d’y être invitée..) ou de la politesse (serrer la main à un gentleman, même quand il s’agit d’un vulgaire patron de manufacture…).

 

Le deuxième paraît d’emblée moins comique, et en effet, c’est une question sérieuse mais c’est aussi ce qui différencie profondément cette adaptation du roman d’Elizabeth Gaskell et celles de Jane Austen. Certes, Jane Austen est la reine des romans de mœurs, des analyses sociales de la petite société à la campagne mais Gaskell change radicalement d’échelle ce qui rend son roman mais surtout cette adaptation apparemment plus modernes, plus proches de nous et de l’univers qui est le notre. Ça ne rend pas moins vrais et systématiquement incisives les analyses pleines d’ironie de Jane Austen et qui nous font rire à la lecture et l’écran. Mais quelque part, il y a toujours un peu de mondanité, de désinvolture chez elle comme si ses critiques de l’orgueil ou des préjugés des uns et des autres pouvaient être prises, sûrement en grossissant le trait, comme des jeux d’esprit. Au fond, rien de très sérieux. Mais, c’est ce qui fait aussi que Jane Austen (à mon sens) ne tombe jamais dans un discours moralisateur.

Margaret devant les machines de la manufacture de coton,


Pour Gaskell, on sent que c’est beaucoup plus profond que ça, que les questions sociales, le sort des ouvriers et le manque d’humanité de certains patrons « la travaille » et c’est manifeste à l’écran. Bien sûr, j’ai en partie cette impression grâce au travail d’adaptation des scénaristes qui ont mis en avant des scènes, des images, des dialogues qui pousse quiconque qui voit cette adaptation à être frappé par la modernité des situations qui y sont abordées. Bien sûr, c’est avec un œil moderne que l’on voit plus facilement ces détails (comme l’insistance sur le travail des enfants) mais, à la lecture du roman, je pense vraiment que ce n’est pas une fantaisie des scénaristes et que ça a un vrai fondement chez Gaskell.
 
Margaret Hale a très peu d’amis mis à part une relation de son père, Mr Thornton (Richard Armitage) et sa famille : sa stupide sœur – digne d’une Lydia Bennett si vous voyez le genre ! – mais sa mère surtout (interprétée par la sublime Sinéad Cuzack. Quelle classe, quelle âpreté peut-elle dégager !). Mr Thornton est un homme influent, le patron de la plus prolifique manufacture de coton de la ville et la relation qui le lie à sa mère est très forte : il faut dire qu’elle est très fière de lui mais aussi sacrément orgueilleuse ! Il serait plus juste de dire qu’elle n’a pas d’amis à l’exception d’une famille d’ouvriers, un père Nicholas Higgins (Brendan Coyle, le charismatique Mr Bates dans Downton Abbey) et ses deux filles Mary mais surtout Bessy (Anna Maxwell Martin, qui joue, ironie du sort pour mon propos, la sœur de Jane Austen, Cassandra, dans le biopic Becoming Jane) qui lie avec Margaret une amitié très profonde, mais qui sont assez secondaires dans le roman. Il faut dire que cette famille joue comme pivot puisque c’est Nicholas Higgins qui est l’un des initiateurs de mouvements de contestations, Autant dire qu’il est le porte-drapeau du syndicalisme naissant. 

Nicholas Higgins (Brendan Coyle) & Bessy (Anna Maxwell-Martin)


A l’écran, cette mise en valeur des questions sociales marche très bien parce que l’image revendique beaucoup de chose et dit beaucoup parfois plus que les mots ou les dialogues. Je pense à une scène en particulier d’une extrême violence où la grève dégénère. L’atmosphère est vraiment très forte et on comprend très bien à ce paroxysme tout ce que « ce conflit de classes », cette nouvelle division à l’intérieur des relations de la vie quotidienne qu’est le travail, représente à cette époque et encore pour nous où les théories de Karl Marx semblent pour certains plus que jamais d’actualité.
 
Certes, North and South est plus sombre que d’autres adaptations apparemment similaires de la BBC comme Jane Eyre ou Orgueil et Préjugés. Mais, ça ne veut pas dire que l’on s’ennuie : tout est suggéré et au delà de ça, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce monde ouvrier, il faut bien l’avouer grâce à la beauté des images, à un vrai esthétisme appliqué à ce qui à première vue n’est pas beau en soi. A ce titre, la première rencontre entre Margaret et Mr Thornton (totalement « romancée » si j’ose dire par rapport au roman) se situe à l’usine et quand Margaret ouvre une porte qui mène à la grande salle des machines, je dois dire qu’on est aussi soufflé qu’elle. On verra plusieurs fois cette image mais des particules de coton volent tout autour des ouvriers et des machines à tel point qu’on dirait presque de la neige. La musique qui accompagne ces images aide beaucoup à rendre ces moments paradoxalement merveilleux.


Vous allez me dire : et la romance dans tout ça ? Je pense que c’est surtout ce thème-là qui rapproche cette adaptation de celle d’Orgueil et préjugés mais là, encore, ce n’est pas si simple ! Je ne suis pas là pour faire le procès d’Orgueil et préjugés (et de son adaptation) ou de Jane Austen. Quiconque me connaissant un tant soit peu pourra témoigner que je suis complètement amoureuse de son univers, de son auteur et de ses personnages (suivez mon regard…:P) Mais, ce n’est pas une raison pour rabattre deux œuvres, deux adaptations qui n’ont pas grand chose à voir. C’est leur rendre justice au contraire que de tenter de faire ce travail pour les juger toutes deux à leur juste valeur.

 

John Thornton ( Richard Armitage)

 

J’ai retardé ça jusqu’à la fin mais parlons un peu de ce cher John Thornton, de Richard Armitage et du potentiel parallèle avec Mr Darcy et Colin Firth. Je ne cache pas qu’il est mon coup de cœur dans cette mini-série mais pas pour les raisons qu’on pourrait croire, du moins pas seulement ! J’ai découvert véritablement Richard Armitage cet été en regardant une série qu’on doit encore à la BBC : Robin des Bois, que j’aimerais et j’espère vous présenter ici un de ces quatre. C’est surtout son personnage qui m’a marqué, Guy de Gisborne, le bras droit du shérif de Nottingham pour vous situer la chose, autant dire un méchant comme on en connaît beaucoup mais paradoxalement beau dans sa cruauté mais surtout dans ses faiblesses, ses doutes et ses contradictions.
 
Il faut savoir que la comparaison entre Mr Thornton et Mr Darcy n’est pas si anodine que ça, et si absurde donc, étant donné le phénomène de grande popularité (doux euphémisme…) pour Richard Armitage après sa prestation, assez comparable – bien qu’à moindre mesure – à ce qu’a vécu Colin Firth. Dans l’interview des bonus du DVD, Richard Armitage s’en étonne, bien qu’il soit flatté par la comparaison, vu qu’il ne considère pas son personnage comme quelqu’un de romantique mais plutôt de dur (comme une déformation professionnelle), pas du tout préparé aux choses de l’amour. Je suis d’accord avec lui et j’apprécie son personnage d’autant plus qu’il est réaliste, pas du tout mièvre mais sincère dans tous les sentiments qu’il exprime difficilement que cela soit l’amour, la peur, l’indignation ou l’orgueil. Pas que Mr Darcy ne semble pas aussi vrai dans ses doutes et son propre orgueil mais l’univers austien n’aide pas à mettre en valeur tout ça au détriment d’un certain romantisme. Je ne crache pas dans la soupe, j’aime bien ces petites bouffées de romantisme de temps en temps mais d’une certaine manière, même s’il y a des passages très romantiques et très romanesques dans l’adaptation de North and South qui sont très agréables à regarder, j’ai été touchée par la relation complexe qui unie Margaret et John Thornton où chacun s’épanouie en apprenant à comprendre l’univers et la « culture » de l’autre.

 

J’espère vous avoir fait partager mon enthousiasme pour cette adaptation de la BBC de North & South. Elle est disponible en intégralité sur Youtube (avec des sous-titres en français pour la quasi totalités des quatre épisodes, à part les deux dernières parties de l’épisode 1 mais ce n’est pas trop incompréhensible). Il s’agit d’une playlist que j »ai créé sur ma propre chaîne YT pour pouvoir regarder les épisodes dans l’ordre à partir des vidéos diffusées par Audisarienne.

 

N’hésitez pas à me donner vos impressions si vous l’avez déjà vu ou si vous prennez l’occasion de le voir. Ma lecture de cette adaptation, comme toujours, n’est que personnelle et invite, par définition, au débat !

 

Je vous souhaite une bonne semaine.:)