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« Cymbeline » de William Shakespeare

29 Déc
Edward BURNE-JONES, Sleeping Beauty (1871, Manchester Art Gallery)

Edward BURNE-JONES, Sleeping Beauty (1871) – Manchester Art Gallery

« Fear no more the heat o’ the sun,

Nor the furious winter’s rages; »

Cymbeline, Acte IV, Scène 2.

La Belle au Bois Dormant, c’est un peu La Bouteille à la Mer ces derniers temps. Que je vous rassure, depuis Being Human (qui a eu son petit succès après la publication de cet article, Aidan Turner fait toujours ce petit effet-là), j’ai lu, vu et découvert bien d’autres choses mais faute de temps, je n’ai pas pu vous le partager comme d’habitude. Peut-être aussi que je n’en ai pas ressenti le besoin et qu’il me fallait faire une (énième ?) pause pour profiter du quotidien.

Mais ça, c’était avant Cymbeline de notre ami William Shakespeare. (Shakespeare est un remède à tous les maux, c’est bien connu.)

Imogen, Cymbeline

Imogène (Illustration du Shakespeare’s Heroines d’Anna Jameson)

D’autant plus que la vraie Belle au Bois Dormant dans cette histoire, c’est Imogène, l’héroïne de la pièce. Pas littéralement, je vous rassure, sinon il n’y aurait pas eu beaucoup d’action pour du Shakespeare si tout le monde avait été endormi. (Et on se serait ennuyé ferme.) C’est juste l’image que j’ai eu d’elle durant l’une des scènes cruciales de la pièce où elle dort. Au lieu de lui voler un baiser telle Aurora, Iachimo, une espèce  de Don Juan beau-parleur et manipulateur,  va lui subtiliser un bracelet qui va servir de prétexte pour un long quiproquo sur la perte ou non de la vertu de la damoiselle et de son infidélité puisqu’elle s’est mariée à Léonatus Posthumus et, comble du scandale, sans le consentement de son roi de père, Cymbeline.

Dudley, Robert, fl. 1858-1893, printmaker. Posthumus: "My queen! My mistress! O lady weep no more!" Cymbelin …

Posthumus & Imogène : Gravure de Robert Dudley (1858-1893,) 
Posthumus: « My queen! My mistress! O lady weep no more! » in Cymbeline

Orphelin et pupille du roi (donc sans le sous !), Posthumus n’est certes pas le parti idéal pour l’héritière du royaume de Bretagne depuis la disparition de ses deux frères aînés qu’elle n’a jamais connu. La force de caractère d’Imogène va valoir pour Posthumus, tel Roméo,  un bannissement ad vitam aeternam. Enfin, presque.  Sinon, ça ne serait pas drôle. 

Vous allez me dire, qu’est-ce qui m’a pris de lire une pièce si peu connue de Shakespeare alors que j’aurais pu continuer dans ma lancée après Richard III avec Le marchand de VeniseLa Tempête ou Le Conte d’Hiver (c’est de saison, en plus) que j’avais sous la main ?

Tout est parti par fangirling intelligent de la vidéo d’une interview de Tom Hiddleston (plus à présenter) qui, en bon homme parfait shakespearien, a cité de mémoire une réplique de Posthumus (qu’il a interprété en 2010 sous la direction de Declan Donnellan). Et comme le Monsieur s’y connait en belles choses et aime les partager, ça donne ça :

« Reste là, ô mon âme, suspendue comme un fruit

Jusqu’à ce que l’arbre  ne meurt. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autant vous dire, que ni une, ni deux après un petit arrêt sur image (pas désagréable) et quelques « que c’est beau ! », je l’ai noté dans mon carnet fourre-tout. First step. Puis, un samedi alors que j’avais clairement d’autres choses de prévu,  Adeline et Matilda se sont mises à se crêper intelligemment le chignon sur un statut FB à propos de cette pièce et surtout de Posthumus. Crétin influençable et jaloux ou héros romantique badass et imperturbable ? Curieuse comme pas deux et comme j’avais eu droit à un panégyrique depuis quelques jours à son sujet par la première, il fallait que je sois fixée.

Cymbeline (David Colling dans la mise en scène de Declan Donnellan par la compagnie Cheek by Jowl)

Cymbeline (David Colling dans la mise en scène de Declan Donnellan par la compagnie Cheek by Jowl en 2010)

Trêve de bavardage, parlons de Cymbeline ! Il ne faut pas se fier au titre de la pièce : ce roi celte est plus secondaire qu’autre chose, réduit à un père tyrannique, un roi ingrat et aveuglé par sa reine, la belle-mère d’Imogène. Un bougre d’idiot, en somme. Pourtant, c’est un personnage historiquement attesté et qui a nourri de nombreuses légendes. Il aurait ressuscité d’entre les morts, rien que ça, avec les parallèles que vous imaginez. Mais tout ça est mis de coté même si bien sûr, Shakespeare raffole (et nous avec!) des sorcières et des esprits revenus d’entre les morts. Cymbeline ne fera pas exception avec une scène où Posthumus est visité par les esprits bienveillants de sa famille, non comme les esprits des victimes de Richard III qui lui font passer un mauvais quart d’heure. Mais, si la part de reconstruction historique est très présente (avec une vraie scène de bataille entre Romains et Bretons qui doit être assez coton à mettre en scène), ce n’est moins la légende plus ou moins fantasmée du roi Cymbeline qui est mise en avant que le conflit domestique entre le roi et son héritière, la marâtre et sa belle-fille et surtout autour de la mésalliance entre Imogène et Posthumus.

cymbeline-romance

Affiche de Cymbeline au Timms Centre  (Canada, 2012)

C’est d’ailleurs ce qui rend Cymbeline si unique, à mi chemin entre la tragédie  et la comédie, et donc si plaisante à lire. Comme certaines pièces tardives du Barde, il s’agit d’une « romance » qui réinvestie un genre médiéval (avec les codes de la chevalerie qui vont avec) nourri d’aventures, d’éventements fantastiques, d’allégories et surtout d’une opposition entre la vie de cour et la vie pastorale. A titre personnel, même si c’est un peu anachronique, j’y vois plutôt une pièce qui annonce la comedy of manners (ou comédie de mœurs) appliquée à une satire de la société de cour et des rivalités et autres complots qui s’y jouent. Cette petite classification peut paraître idiote et artificielle mais cela montre à quel point cette pièce, en apparence simple et qui pourrait être réduite à un pauvre conte de fée (Imogène en Cendrillon dotée d’une méchante marâtre, Posthumus en prince banni, les petits princes enlevés au berceau, etc), est assez complexe pour emprunter de nombreux motifs à des genres  très différents.

Imogène dans la grotte - Gravure de Boydell d'après Richard Westfall (1803)

Imogène dans la grotte – Gravure de Boydell d’après Richard Westfall (1803)

Mais ce qui m’a le plus touchée, c’est le traitement du personnage d’Imogène qui, comme la délicieuse Viola dans La Nuit des Rois, doit se travestir en homme pour quitter la cour et prendre en main son destin. Elle est aidée par l’un des personnages de valets le plus développé que je connaisse chez Shakespeare, capable de désobéir à son maître Posthumus pour le bien d’Imogène. Je ne sais pas si Beaumarchais a lu Cymbeline mais Pisanio m’a beaucoup fait pensé à Figaro pour ses paroles libres et je l’ai aimé presque au même titre. Si Imogène est bien guidée, elle reste un personnage féminin très fort comme souvent chez Shakespeare. Mais, contrairement à une Juliette (qui est pourtant aussi séparée de son bien-aimé), Imogène a beaucoup plus de sang froid, revendiquant son indépendance non seulement envers son père mais aussi et surtout envers Posthumus alors qu’il la croit indigne de sa confiance.

Illustration d'Arthur Rackham des Tales from Shakespeare de Charles Lamb

Illustration d’Arthur Rackham des Tales from Shakespeare de Charles & Mary Lamb

L’épisode du déguisement d’Imogène entraîne l’une de mes scènes préférées : la rencontre avec une famille de marginaux dans les montagnes galloises. Si Bélarius, le seigneur déchu, peut paraître un peu plat, ce sont surtout ses « fils » qui m’ont touchés, à la fois droits, fougueux et drôles (surtout malgré eux : les mots d’amour et les « je vous aime comme une soeur » à leur première rencontre avec Imogène, c’était un peu gros!).  Mais c’est surtout le chant funèbre qu’ils chantent ensemble (dont j’ai cité les premiers vers au début de ce billet) qui m’a toute émotionnée quand Imogène a toutes les apparences de la mort (là encore, toute ressemblance avec Juliette serait purement fortuite…) Si vous voulez apprécier pleinement quoique différemment ce passage, vous pouvez écouter la magnifique interprétation de chant funèbre par l’harpiste Loreena McKennitt qui l’a mis en musique et chanté. C ‘est de toute beauté :

Pour la petite anecdote, selon l’un de ses professeurs, le jeune John Keats aurait versé sa petite larme lors de la scène des adieux entre Imogène et Posthumus, le laissant incapable de continuer sa lecture. Pourtant, cette scène n’a rien de larmoyante. Tout sonne juste, sans pathos surtout l’image qu’Imogène utilise lorsqu’elle enguirlande son valet pour n’avoir pas attendu le départ complet du bateau pour l’Italie alors qu’elle serait restée jusqu’à ce que Posthumus soit plus petit au loin qu’une mouche :

« I would have broke mine eye-strings; crack’d them, but
To look upon him, till the diminution
Of space had pointed him sharp as my needle,
Nay, follow’d him, till he had melted from
The smallness of a gnat to air.

(Acte I, Scène III)

Même si Cymbeline a pour thème principal la jalousie de Posthumus (ce qui ne lui rend pas hommage), c’est surtout son honneur et sa droiture tout en étant  un marginal qui lui donne sa force dramatique. Vous aurez remarqué que j’ai été plus touchée par Imogène que par Posthumus mais pour une analyse plus complète et totalement subjective de ce marginal au grand coeur, Adeline a fait ça très bien ! Ni la jalousie de Posthumus, ni l’innocence d’Imogène se sont stéréotypées dans la mesure où le conflit qui les opposent – se faire confiance malgré l’adversité – participent d’une sorte de parcours initiatique ce qui rejoint l’apparence de conte de fée que peut avoir cette pièce. Mais qui a dit que nous étions trop vieux pour lire des contes de fée ?

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C.S Lewis dans la préface de The Lion, The Witch and the Wardrobe adressée à sa filleule 

J’espère avoir la chance un jour de voir une mise en scène de cette pièce mais, pour l’instant, je bave devant celle de Declan Donnellan non seulement parce que je suis assez emballée par le choix d’avoir fait interpréter par Tom Hiddleston à la fois Posthumus et son rival Cloten, le fils de la reine, mais surtout parce que j’avais eu la chance de voir son Macbeth modernisé au Théâtre des Gémeaux à Sceaux et que c’était une vraie merveille. Heureusement, Arte et Youtube permettent de voir un reportage passionnant (et sous-titré, les enfants !) sur les coulisses de la représentation et l’intérêt (si c’était encore à prouver) de jouer aujourd’hui Shakespeare et Cymbeline !

Josie McNee & Tom Hiddleston in Cymbeline" de Rosie Haghighi

Josie McNee & Tom Hiddleston  dans Cymbeline : une linogravure  de Rosie Haghighi

D’ailleurs, en fouillant pour illustrer mon billet, je suis tombée sur le tumblr, puis la page FB et même le compte twitter de la merveilleuse Rosie Haghighi qui a créé une linogravure dont je suis tombée amoureuse justement inspirée de la mise en scène de Declan Donnellan. Rosie a gentillement accepter que je l’utilise. Courez voir ce qu’elle fait, toutes ses œuvres ont de l’idée et pour avoir un peu échangé avec elle, vu sa gentillesse, Rosie mérite son talent ! Thank you so much for your kindness, Rosie! I can’t wait to see your future well-designed work! 🙂

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« Richard III » de William Shakespeare

15 Sep
Recostitution faciale de Richard III, d'après le crâne et les ossements du roi retrouvés en 2013.

Reconstitution faciale de Richard III, d’après le crâne et les ossements du roi retrouvés en 2013.

Je vous l’avais promis, je passe d’un Richard à l’autre après avoir fêté dignement l’anniversaire de Richard Armitage avec un poème écrit de mes blanches mains mais justement inspiré par la figure de Richard III. Alors oui, ce n’est  pas le plus aimé des rois anglais, quoique suivi de nos jours par tout un mouvement de Richardiens qui ne perpétuent non pas ses supposées exactions mais sa mémoire pour une plus grande réhabilitation du personnage contre justement le stéréotype véhiculé par la tragédie du Barde.

Autant vous dire que je suis à un chouia de devenir depuis ma lecture de Richard III une digne Richardienne, non sans suivre l’exemple d’un autre Richard : plus Richardien tu meurs ! Pour quoi faire me direz-vous ? Déjà, ce n’est pas tous les jours qu’on peut reprocher quelque chose à une pièce de Shakespeare qui, depuis Romeo & Juliet  mais surtout Macbeth, m’a instinctivement subjugué par son esprit, son humour et la force dramatique de ses pièces. Une grande source d’inspiration, en somme.

Sauf que cette pièce-ci, Richard III, est actuellement controversée et, pour une fois, je vais essayer d’oublier le temps d’un instant mon admiration pour Shakespeare. Comment peut-on jouer aussi éhontément les dramaturges de Cour en cirant les bottes d’Elizabeth Ier, aussi fantastique soit-elle ? C’est facile de cracher sur un York devant une Tudor, descendante des Lancaster, n’est-ce pas ? Il faut savoir que, dès la mort de Richard III, une propagande pour légitimer le pouvoir en place s’est immédiatement mise en place et l’une des preuves les plus significatifs est surement le seul portrait officiel qui nous soit parvenu avant la découverte de ses ossements début 2013 à Leicester.

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Portrait de Richard III

Je ne sais pas si c’est évident pour tout le monde, mais si on observe attentivement ce portrait;, tout semble discréditer le personnage.  Des mains étrangement déformées, presque crochues, cette main droite, celle du pouvoir, chargée de beaucoup trop de bagues, tout cet apparat pour un homme laid, bossu, émacié avec un drôle de regard presque pensif, calculateur en somme… Pas du tout l’image qu’on attend d’un leader ou de l’ancêtre d’une dynastie.

Et, clairement, dans la pièce de Shakespeare, Richard III est au même titre un anti-héros. Pire : le bouc-émissaire de l’histoire anglaise au même titre qu’un Cromwell plusieurs décennies plus tard en devenant l’une des figures emblématiques de l’usurpation, de l’illégitimité du pouvoir et, surtout, du tyran.

Richard III (Ian McKellen)

Si Shakespeare fait assez bien ressortir les passions et les pensées du roi maudit, à tel point que certains ont pu y voir une façon d’humaniser le personnage, ce qui en ressort ressemble beaucoup plus à une figure de monstre qu’à un être de faiblesses. Alors certes, la scène 3 de l’Acte V où les fantômes de ses victimes reviennent le temps d’une vision -cauchemar, fait apparaître un Richard III beaucoup plus faillible et plein de doutes (et pour cause…) mais, c’est la première tirade de l’Acte I qui m’a le plus fait frémir. Elle me semble la plus représentative de l’interprétation shakespearienne de ce personnage controversé qui, sans complexe, revendique sa nature mauvaise, en somme sa nature de « vilain » :

« Deform’d, unfinish’d, sent before my time

Into this breathing world scarce half made up,

And that so lamely and unfashionable

That dogs bark at me as I halt by them;

Why, I, in this weak piping time of peace,

Have no delight to pass away the time,

Unless to spy my shadow in the sun,

And descant on mine own deformity:

And therefore,since I cannot prove a lover,

To entertain these fair well-spoken days,

I am determinèd to prove a villain,

And hate the idle pleasures of these days. »

Comme entrée en matière et première rencontre avec un personnage éponyme, on ne peut pas faire mieux ! Si les premiers vers de la pièce…

« Now is the winter of our discontent

Made glorious summer by this sun of York… »

sont archi-célèbres (à tel point qu’on les retrouve dans The King’s Speech déclamées par Geoffrey Rush, ce qui est clairement du pur bonheur), c’est ce passage qui reste mon préféré de toute la pièce. On sent le machiavélisme du personnage, à l’affût de l’occasion politique, du kairos pour atteindre son ambition mais aussi, en creux, la désillusion et presque la mélancolie d’un temps où c’est par la ruse, la dissimulation et les fausses apparences qu’on fait de la politique, ce qui est assez ironique de la part d’un personnage connu pour son apparence plus que disgracieuse. (Et, pourtant, vu la reconstruction faciale de 2013, j’ai connu plus moche, pas vous ?)

les otages-laurens

Jean-Paul Laurens, Les Otages

Mais, ne vous méprenez pas, ce n’est pas parce que je me sens très proche du mouvement de réhabilitation de Richard III que j’y vois un saint ou tout simplement une victime de l’Histoire. Justement, derrière ce genre d’initiative, il y a tout simplement une envie de nuancer les passions et de conserver la dose d’ambiguïté qui doit demeurer derrière la figure de Richard III et finalement derrière toute figure historique controversée. Beaucoup de questions demeurent, par exemple sur son implication ou non dans l’assassinat de ses neveux, les jeunes princes Edward et Richard où plusieurs hypothèses restent plausibles. Ordre direct, « complot » ou implication indirecte ? Tout ce que l’on « sait » (ce qui est forcément plus ou moins douteux) c’est que James Tyrell, un des fidèles de Richard aurait fait le coup, avouant les deux meurtres sous la torture ce qui est l’interprétation qu’a retenu Shakespeare, repris ensuite par Thomas More dans son Richard III.  Le mystère reste toutefois entier…

The Sunne in Splendour de Sharon Kaay Penman

Quant aux soupçons autour de la mort d’Anne Neville, la reine de Richard, la version de Shakespeare qui y verrait un crime passionnel et calculateur me semble bien étrange de la part d’un homme qui a aimé la même femme depuis son enfance et qui a pleuré son fils Edward mort en bas âge jusqu’à la fin. Je ne sortirais pas les violons mais, j’aime l’idée d’u roi à la fois machiavélien et ambitieux tout en étant guidé par une certaine quête de l’amour, plutôt inachevée. On retrouve cette image ambiguë dans The Sunne in Splendour de Sharon Kay Penman par  exemple que j’ai découvert grâce à Richard Armitage. (Comme quoi, le fangirling sert !) que j’ai même en version Kindle et qu’il me tarde de lire !

La figure d’Anne m’a beaucoup touchée dans la pièce de Shakespeare mais peut-être moins que celle de la Reine déchue Margaret dont les malédictions ont marqué plus d’un lecteur et d’une lectrice comme moi ! Cette place de la femme est toujours passionnant chez Shakespeare et ça m’a donné envie de découvrir la série The White Queen. Mais avant ça, je compte bien voir une ou deux adaptations de Richard III, très bientôt celle avec Ian McKellen dans le rôle titre mais avant tout la plus ancienne, avec Laurence Olivier que j’ai trouvé lors de ma première vadrouille en bibliothèque à Lyon cette semaine !  Hourra !

Pour finir, petit clin d’œil : en juin dernier, à Lyon, une version contemporaine de Richard III intitulée Exterminator Richard III a été mise en scène par Ugo Ugolini et interprétée par la compagnie U.Gomina dont j’ai pu lire la critique très élogieuse d’Adeline. et baver un petit coup derrière mon écran pour n’avoir pas pu y assister. Mais ce n’est que partie remise !

Comment se procurer Richard III de William Shakespeare ?

Edition GF

Il y a beaucoup d’éditions possibles, je ne suis pas capable d’en juger les traductions mais j’ai beaucoup aimé le travail et l’appareil critique de  l’édition GF qui regroupe Richard III, Roméo & Juliette et Hamlet qui a été, d’ailleurs, mon premier achat shakespearien. Souvenirs, souvenirs…

Happy Birthday King Richard Armitage !

22 Août
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Richard Armitage

Petit excursus de pur fangirling aujourd’hui, vous m’excuserez d’être une faible femme, je l’espère. Il faut dire, que le 22 août n’est pas un jour ordinaire et même les doodles de Google s’y mettent en célébrant la naissance en 1862 de Claude Debussy, un compositeur  que j’adore et qui a inspiré le roman Sépulcre de Kate Mosse qui figure tout en haut dans l’ordre de préférence de ma PAL.

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Guy de Gisborne dans Robin Hood

Mais, aujourd’hui pour l’Armitage’s Army, le 22 août, c’est un peu notre fête internationale. Sur Tumblr, sur Youtube, sur les réseaux sociaux et même sur mon blog, personne ne pourra ignorer que c’est l’anniversaire de Richard Armitage qui fête ses 42 ans. Peut-être qu’on aura droit comme très régulièrement, à une lettre pour remercier ses fangirls d’amour des cadeaux awkward qu’il va recevoir (comme des caleçons à l’effigie de ses personnages principaux en plein milieu du paquet ! Ahem.) et peut-être que certaines donneront un petit quelque chose aux associations caritatives qu’il soutient au lieu d’envoyer ce genre de choses comme il le recommande.

Richard imitant son cheval dans The Hobbit

Il fallait bien que je paye ma dette à cet homme merveilleux, qui m’a beaucoup inspiré depuis que j’ai rencontré Guy de Gisborne qui a réveillé des choses inavouées. Et comme il ne se contente pas d’avoir joué un rôle splendide mais des personnages tous plus passionnants, troublants et torturés les uns que les autres (de John Thornton dans North & South à Lucas North dans Spooks en passant par Thorin, notre Roi sous la Montagne à tous !), je ne pouvais pas faire comme si ce jour était comme les autres.

« The leader of our Compagny…. Thorin Oakenshield »

Déjà, pour rendre hommage à la voix grave et profonde de ce cher natif de Leicester, avec ma future coloc lyonnaise, nous allons chanter une cover de The Misty Mountains pour un petit événement, je l’espère  le début d’une charmante expérience musicale de la Venetian Sisterhood.

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King Richard Armitage

Mais pour moi, pour fêter dignement un 22 août je ne peux pas ne pas parler de Richard III. Pour Richard, j’ai relu en guise de préparation la pièce de Shakespeare Richard III, absolument fabuleuse (même si elle amplifie encore plus la propagande anti-Richard III en en faisant un pseudo monstre  sanguinaire) et j’avais oublié à quel point les malédictions étaient délicieuses grâce à la reine Margaret. Bref, comptez-y, je compte bien vous en reparler.

Il faut dire que le lien qui unie Richard de Gloucester et Richard Armitage est étrange. Richard a hérité de son père une fascination pour ce personnage, pour me la transmettre car il faut savoir qu’étant né le même jour que la défaite de Bosworth où est mort Richard III, l’acteur en a hérite le prénom en en voulant pendant un temps à son cher papa de l’avoir appelé d’après un tel monstre ! Mais, tel le monstre du Docteur Frankenstein, Richard III est plus humain qu’il n’y parait.

Reconstitution faciale de Richard III, d'après le crâne et les ossements du roi retrouvés en 2013.

Reconstitution faciale de Richard III, d’après le crâne et les ossements du roi retrouvés en 2013.

Mais, je ne pouvais pas en rester là. Il fallait que je donne un peu plus de moi-même  et donc, il fallait que ça passe par l’écriture. J’ai écrit cette nuit  un poème, terminé à mon réveil pour justement explorer ce lien spirituel, presque anachronique, qui unie un homme mort, célèbre pour sa supposée vilenie, avec un homme de chair et  d’os, bien vivant, et connu pour son humilité et sa générosité mais qui s’est aussi illustré en jouant un nombre considérables d’âmes tourmentées. Vu que sa fascination pour le mal vient de Richard III et de Macbeth, je m’en suis d’autant plus inspirée pour écrire ce poème sans prétention mais qui, je pense, va me tenir à coeur un bon bout de temps en attendant d’écrire, qui sait, quelque chose de plus ambitieux sur Richard III.

richard

Guy de Gisborne in the shadow

 

[RICHARD’S SHADOWS]

Par A.E.B.

 

For Richard Armitage.

 

Pourquoi Richard ? Pourquoi ce nom ? Pourquoi cet homme ?

Moi, l’ombre d’un mort, portée d’amour infinie, 

Je suis le glas banni de félonie, en somme,

Hantant le monde, temps perdu, silence honni.

 

Je cherche un homme, masqué,  en sang, né pour aimer…

Car Vengeance & Expiation, ses indomptées

Maîtresses, me poursuivent, fiévreuses, furieuses de jouir

Et que l’alter ego perpétue l’art de nuire…

 

Je suis le sans-nom, l’anonyme ermitage

Sans attaches, j’erre masqué d’innombrables personnages, 

Suis-je Richard  ? Suis-je son autre ? Suis-je anachronique ? 

Je défie les Ténèbres, l’Histoire ironique !

 

 

Bosworth a décidé Ton sort, qui est le mien ?

 

Le 22 août de l’an 2013., au coeur de la nuit

 

.Et comme l’Armitage Army est une grande et belle famille, j’aimerais finir en mettant à l’honneur l’énorme talent de Michelle qui a partagé le work in progress étapes par étapes de sa peinture de Richard en Richard III et qui est juste la plus belle chose que j’ai vu de la part d’une fangirl. Well done, love !

Richard Armitage as Richard III by Michelle Jimenez

Happy Birthday, sweetheart !