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« Visages noyés » (1961) de Janet Frame

20 Août

Janet Frame (Kerry Fox) dans Un ange à ma table de Jane Campion

 

« « Quand vous nous quitterez, il faudra oublier absolument tout ce que vous avez vu, l’effacer de votre esprit aussi complètement que si ça n’avait pas existé. Il faudra vivre comme tout le monde et ne plus penser à l’hôpital. » Vous qui lisez le témoignage que je viens d’écrire, vous devez vous rendre compte, n’est-ce pas, que je lui ai obéi… »

Résumé 

Comme un double de Janet Frame, Istina Mavet témoigne de ses dix années d’internement dans deux hôpitaux psychiatriques interrompues par de brefs séjours à l’extérieur avant de finir par en sortir définitivement. Sans que jamais la nature de sa maladie soit vraiment nommée ni tomber dans le voyeurisme ni le scabreux, on y découvre le quotidien et les traitements des patientes mais aussi leurs peurs, surtout la menace des séances d’électrochoc et des lobotomies. Sous les yeux d’Istina, chacune retrouve un visage humain en racontant des bribes de leur vie, de leurs rêves et de leurs lubies loin de l’anonymat de l’internement. 

Visages noyés (Faces in the water en anglais) est mon premier roman néo-zélandais et, j’imagine, j’aurais pu choisir plus joyeux. Pourtant, c’est un vrai coup de coeur et, si certains passages étaient parfois plus difficiles que d’autres, je l’ai lu presque d’une traite. Je l’avais commencé l’an dernier pour la 1e session de mon challenge du Commonwealth, j’avais dû l’abandonner faute de temps mais vraiment à regret. Même si le thème est très sérieux, j’ai pris étrangement beaucoup de plaisir peut-être parce que ce témoignage est très réaliste sans jamais tomber dans le voyeurisme ou le scabreux. On apprend beaucoup du monde psychiatrique mais surtout, c’est la poésie de ce témoignage qui m’a touché.

Scène en hôpital psychiatrique dans Un ange à ma table de Jane Campion

C’est difficile d’écrire la folie sans être caricatural et c’est par des images souvent très belles que la vie intérieure troublée de l’héroïne est décrite. Visages noyés est avant tout une critique du système psychiatrique et des vieilles méthodes qui cherchent à soigner les patientes par des moyens violents et radicaux comme les électrochocs et les lobotomies. Peut-être contre le langage médical trop objectif et froid pour saisir vraiment l’expérience des malades, Janet Frame a recours à beaucoup d’allégories comme le « Dieu Sécurité », le « Dieu Croix-Rouge », la « Saison du Danger » ou encore le « Dieu Irréalité » pour nommer les peurs d’Istina par rapport au monde extérieur et à ses dangers. Elle passe aussi par des métaphores plus ou moins réalistes pour exprimer la distance qui sépare les patientes du monde extérieur comme la banquise, qui rappelle le thème de l’eau dans le titre :

« On m’avait mise à l’hôpital parce qu’une grande brèche s’était ouverte dans la banquise et m’avait séparer des autres. De loin, je les voyais dériver avec leur monde à eux (…). J’aurais pu, sans doute, plonger dans la mer violette et nager pour rattraper les habitants du monde qui drivait là-bas. Mais je pensais : « Sécurité d’abord ! »

C’est donc par la parole et le témoignage avec ses propres mots même maladroits que l’héroïne finit par la guérir. En dix ans d’internement, les méthodes de traitement changent pour laisser plus de place à la cure analytique et à des méthodes plus douces comme lui montrer des images (peut-être le test de Rorschach), s’occuper de la bibliothèque de l’hôpital ou servir les repas des médecins sous l’initiative d’un nouveau médecin alors même qu’un autre la menaçait de lui faire une lobotomie.

Janet Frame

Janet Frame

Au-delà de la critique des méthodes psychiatriques, Janet Frame propose aussi une palette de personnages qui côtoient Istina des patientes aux infirmières en passant par sa famille. Seule sa tante Rose vient régulièrement la voir ce qui réduit considérablement ses contacts avec le monde extérieur. Plus que les médecins, ce sont les infirmières qui ont le mauvais rôle jusqu’à provoquer parfois les patientes pour qu’elles se battent pour des bonbons…

Parmi les nombreuses patientes que l’héroïne croise à chaque fois qu’elle est affectée dans un autre pavillon de l’hôpital, j’ai été touchée par le personnage de Brenda Barnes. Elle fait partie des malades qui ont subi une lobotomie et son comportement désordonné montre bien les conséquences désastreuses d’un tel traitement. Pourtant, elle garde de sa vie passée ses talents de pianiste. Elle joue même du piano aux malades comme un intermède de normalité avant de s’arrêter de jouer brusquement et de retomber dans une crise. Je la trouve assez touchante surtout quand elle se croit suivie par son frère et qu’elle répète « Fichez le camp, Mr Frederick Barnes ».

Les patientes reconstruisent dans l’enceinte de l’hôpital une apparente « vie normale » dans leur quotidien où chacune a un peu d’argent pour aller acheter des bricoles et des friandises dans une supérette à l’intérieur de l’hôpital. Cela va même jusqu’à entretenir une forme de vie sentimentale avec les malades du quartier des hommes. L’une d’elles qui a un soupirant va même jusqu’à s’acheter une bague qu’elle montre à qui veut comme une bague de fiançailles. Le personnel soignant organise même des bals et des fêtes sportives qui égayent un peu le quotidien des patientes qui sont plus habituées aux tâches ménagères et aux traitements qu’à des amusements.

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Janet Frame (Kerry Fox) filmée par Jane Campion

Ma lecture de Visages noyés m’a vraiment donné envie de regarder Un ange à ma table de Jane Campion pour mieux connaitre la vie de Janet Frame et voir ce que ce roman a d’autobiographique. Si Janet Frame a été faussement diagnostiquée schizophrène après dix ans perdus en hôpital psychiatrique et près de 300 électrochocs, Istina Mavet n’est pas Janet Frame qui garde tout de même une certaine distance avec son personnage. Je pense le voir et le chroniquer assez vite pour avoir ce roman encore en tête. J’ai aussi hâte de lire un autre roman de Janet Frame peut-être plus nettement autobiographique. Le style de l’auteur m’a vraiment enchanté malgré l’horreur de ce qu’elle raconte.

« Je me demandais parfois si je n’étais pas moi-même l’invitée de mon imagination, cette imagination qui m’entourait comme un château hanté, et si la présence de mes propres fantômes ne se faisait pas de plus en plus oppressante. »

Un témoignage sur la reconquête d’une humanité perdue à lire et à méditer.

Où trouver Visages noyés

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Faces in the water / Visages noyés de Janet Frame

Visages noyés de Janet Frame

Titre original : Faces in the water 

Edition : Rivages poche (309 p.)

Traduit par Solange Lecomte

 

 

 

 

Lu avec Novelenn. Merci à elle de m’avoir suivi dans cette LC 😉 

 

Dans le cadre des challenges :

Challenge du Commonwealth

1e participation au Challenge du Commonwealth

logo autour du monde

2e lecture pour le challenge « Autour du monde » chez Matilda

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Challenge du Commonwealth de retour en 2014-2015 !

12 Juil
Challenge du Commonwealth

Challenge du Commonwealth

En juillet 2013, j’avais lancé un challenge sur la Littérature du Commonwealth pour découvrir de nouveaux auteurs et de nouvelles cultures grâce à ces lectures. C’était l’occasion de découvrir des littératures post-coloniales mais aussi de varier mes lectures anglo-saxonnes. Les participations ont été vraiment nombreuses et j’en remercie tou(te)s celles et ceux qui y ont pris plaisir en voyageant en Australie (13 lectures), en Inde (8 lectures), en Afrique du Sud (7 lectures), au Québec/Canada (6 lectures), en Nouvelle-Zélande (5 lectures), en Irlande (3 lectures), en Jamaïque  (2 lectures), au Nigeria (2 lectures) ou encore au Pakistan (1 lecture) ! Avec 12 lectures à elle seule, et pour avoir joué le jeu jusqu’au bout avec des lectures très variées, Une Lyre à la main est la meilleure challengeuse de 2014-2015 ! Pour la féliciter, je pense lui envoyer une petite surprise par la poste ! Merci de m’envoyer ton adresse postale par MP sur la page Fb du blog ou par mail à bottleinasea@gmail.com 😀

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Faces in the Water de Janet Frame

Malheureusement, je suis passée un peu à coté de ce challenge faute de temps consacré à mon blog cette année avec cette année de M1 et la préparation de mon mémoire. Ce n’est pas faute d’avoir eu un véritable coup de coeur pour Visages Noyés de Janet Frame. Je n’en ai lu que les 150 premières pages mais j’ai vraiment été touchée par ce roman autobiographique sur l’enfermement d’une jeune femme dans un hôpital psychiatrique. Le style est vraiment très beau, très poétique et j’ai hâte de le continuer cet été.

Avec mon bilan personnel peu glorieux, j’ai d’autant plus envie de continuer ce challenge jusqu’en juillet 2015 ! N’hésitez pas à vous réinscrire ou vous inscrire pour une nouvelle aventure ! J’ai mis à votre disposition en fin de billet le récapitulatif des lectures passées pour vous donner des idées; Si vous voulez plus de détails sur le Commonwealth (et les pays les susceptibles de nourrir vos lectures), je vous invite à aller lire mon billet de présentation de l’an dernier.

Les règles :

Le challenge durera du 12 juillet 2014 au 12 juillet 2015. Pour ce challenge du Commonwealth, vous pouvez autant chroniquer des livres que des films, des séries ou de la musique du Commonwealth. Des articles sur l’Histoire ou la culture de ces pays sont aussi les bienvenus !

NB1: Contrairement à l’an dernier, les lectures anglaises ou de pays non membres du Commonwealth devront obligatoirement avoir un lien avec le Commonwealth dans l’intrigue ou le thème du livre. Histoire de pimenter les choses !

NB2: Pour me faciliter la tâche, je vous demande de poster vos liens uniquement sur la page du récapitulatif. Cet article est seulement dédié aux inscriptions.

Les catégories :

Catégorie « Gandhi » : 1-4 lectures/films/séries/culture/chronique culture 
Catégorie « Caribou » : 4-6 lectures/films/séries/culture/chronique culture

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Mark Darcy sponsorise ce challenge !

Catégorie « Nelson Mandela » : 6-8 lectures/films/séries/chroniques culture
Catégorie « Diable de Tasmanie » : 8-10 lectures/films/séries/chroniques culture

taz

Gare à Taz !

Catégorie « Gollum » : 10-12 (et +) lectures/films/séries/chroniques culture

gollum

Gollum aime ce précieux challenge !

Vous pouvez vous inscrire dans les commentaires de cet article et suivre plus facilement le challenge sur le groupe FB  du challenge ! Si vous voulez organiser des Lectures Communes, ça se passe sur ce groupe aussi. Moi, je propose une LC pour Visages noyés de Janet Frame pour début août. Qui me suit ? 🙂

Les logos : 

Logo

1e Logo – Challenge du Commonwealth

 

 

 

 

 

 

 

 

Challenge du Commonwealth

2e Logo – Challenge du Commonwealth

 

 

 

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3e Logo Challenge du Commonwealth

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les participant(e)s :

– Mimipinson – Billet de présentation

Noveleen – Catégorie Caribou

Iroise (Catégorie Caribou) – Billet de présentation 

– Claire (Chat de bibliothèques) (Catégorie Caribou) – Billet de présentation 

Alexandra – Catégorie Gollum              

                                       

Des idées de lectures à piocher dans le récapitulatif du challenge 2013-2014 :

[AUSTRALIE] 

1) [A Girl from EarthThe Slap de Christos Tsiolkas

2) [A Girl from EarthUn employé modèle de Paul Cleave

3) [ClaireLa Scène des souvenirs de Kate Morton

 4) [Lilly] Lettre à mon ravisseur de Lucy Christopher

5) [MimipinsonLa Scène des souvenirs de Kate Morton

6) [MimipinsonL’écharde de Paul Wenz

7) [MimipinsonLes affligés de Chris Womersley

8) [MimipinsonSous la terre de Courtney Collins

9) [MimipinsonA la grâce des hommes d’Hannah Kent

10) [Mimipinson La mauvaise pente de Chris Womersley

11) [ValérieExposition Ron Mueck à la fondation Cartier

12) [Valérie] Les affligés de Chris Womersley

13) [ValérieTout ce que je suis d’Anna Funder

 

[INDE]

1) [La LyreThe God of small things d’Arundhati Roy

2) [La LyreUntouchable de Mulk Raj Anand 

3) [La LyreFire on the Mountain d’Anita Desai

4) [La LyreCry the Peacock d’Anita Desai 

5) [Purple VelvetDanse indienne au Festival d’Avignon

6) [ValérieUne simple affaire de famille de Rohinton Mistry

7) [Valérie] Loin de Chandigarh de Tarun Tejpal

8) [ValérieLe palais des miroirs d’Amitav Ghosh

 

[AFRIQUE DU SUD] 

1) [La LyreFoe de J.M Coetzee 

2) [LillyDisgrâce de J.M Coetzee

3) [MimipinsonL’Afrique du Sud, une histoire séparée

4) [MimipinsonMandela, le dernier héros du XXe siècle

5) [MimipinsonL’Apartheid

6) [MimipinsonUn été noir et blanc de Frédéric Couderc

7) [MimipinsonLe piège de Vernon de Roger Smith

 

[NOUVELLE-ZÉLANDE]

1) [ClaireUn employé modèle de Paul Cleave

2) [La LyreTowards Another Summer de Janet Frame

3) [La LyreDreambot Dad d’Alan Duff

4) [La LyreAn Angel at my Table de Janet Frame

5) [La LyreFaces in the water de Janet Frame

6) [NoveleenThe Whale Rider de Witi Ihimaera

[QUEBEC]

1) [A Girl from Earth] L’ostie chat (BD, 3 tomes)

2) [ValentyneLa petite fille qui aimait trop les allumettes de Gaetan Soucy

3) [ValentyneBonbons assortis de Michel Tremblay

4) [ValentyneVolkswagen Blues de Jacques Poulin

 

[IRLANDE] 

1) [DenisL’archiviste de Dublin de Flann O’Brien

2) [Purple VelvetSalomé d’Oscar Wilde

3) [LillyFragiles serments de  Molly Keane

[CANADA]

1) [LillyLe chemin des âmes de Joseph Boyden

2) [ShelbyleeMeurtre en la majeur de Morley L. Torgov

 

[NIGERIA] 

1) [La LyreThings fall apart de Chinua Achebe

2) [LillyL’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie

[JAMAÏQUE]

1) [La LyreThe White Witch of Rosehall de Herbert G. de Lisser

2) [La LyreSmile Please de Jean Rhys

 

[PAKISTAN]

11) [La LyreBroken Verses de Kamila Shamsie 

 

[AUTRES PAYS: UK, FRANCE…]

1) [Elodie L’héritage Boleyn de Philippa Gregory

2) [Elodie Meurtre au champagne d’Agatha Christie 

3) [LillyDix petits nègres d’Agatha Christie

4) [Lilly] La Plume empoissonnée d’Agatha Christie

5) [LillyCe qu’il advint du sauvage blanc de François Garde

6) [LillyFemmes et filles d’Elizabeth Gaskell 

7) [SyannellePourquoi être heureux quand on peut être normal ? de Jeannette Winterson

8) [Purple VelvetBilbo le Hobbit de J.R.R Tolkien

9) [Purple VelvetJules César / Antoine et Cléopatre de William Shakespeare

10) [Purple VelvetLe Disque Monde : Pyramides (t. 7) de Terry Pratchett

11) [Purple VelvetLe Vampire de John Polidori 

12) [Purple VelvetL’hérétique et son commis de E. Peters 

13) [Purple VelvetLa mort n’est pas une fin d’A. Christie

14) [Purple VelvetLe Faucheur de Terry Pratchett 

15) [Purple Velvet] Titus d’Enfer de Mervyn Peake 

16) [ValérieL’expo Titanic (bonus)

17) [ValentyneWilt 1 de Tom Sharpe

 

 

Mes Lectures Communes

13 Juil

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Depuis le début du mois, je me suis un peu lâchée avec les challenges. Il faut dire que la tentation était trop grande et j’ai même organisée mon propre challenge sur la Littérature et la culture du Commonweath. Vous êtes d’ailleurs vivement encouragé(e)s d’y participer si vous voulez découvrir la littérature anglophone différemment grâce à un petit Tour du monde. Vous pouvez même nous rejoindre dans le groupe FB du challenge « Littérature du Commonwealth ».

Mais après avoir cédé à autant de challenges, il me fallait bien affronter les conséquences. Voilà pourquoi je me suis engagée dans beaucoup de LC pour me motiver, particulièrement en octobre pour le mois américain chez Noctembule. Voilà pourquoi j’ai eu envie d’organiser d’autres LC, et si mes prochaines lectures programmées coïncident avec vos envies ou votre PAL, n’hésitez pas à me rejoindre ! J’aime beaucoup ces moments de partages et ce genre de lectures communes est toujours l’occasion parfaite.

Le Pavé de l’été

Chez Brize

[Lire minimum un pavé d’au moins 600 pages]

 

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Villette de Charlotte Brontë

– Sépulcre de Kate Mosse

– Le Clan des Otori, Le Fil du Destin de Lian Hearn

– Le temps où nous chantions de Richard Powers

– Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski

 

Challenge « Littérature du Commonweath »

Chez La Bouteille à la Mer

[12 pays du Commonwealth retenus, 12 LC chaque mois mettant à l’honneur un pays]

Juillet (Nouvelle-Zélande)

– The Whale Rider de Witi Ihimaera avec Laura

– Visages noyés de Janet Frame avec Alexandra

Les âmes brisées d’Alan Duff avec Alexandra

Août (Australie)

– Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen McCullough (Australie) avec Alexandra

– Les affligés de Christ Womersley avec Valérie, Alexandra et Laura

Septembre (Québec)

– Du mercure sous la langue de Sylvain Trudel (Québec) avec Laura, Cryssilda, Yueyin et  Alexandra

Octobre (Irlande)

– Dubliners de James Joyce (Irlande) avec Laura, Valérie et Alexandra

Novembre (Inde)

– A Passage to India d’E.M Forster avec Laura

Décembre (Afrique du Sud)

– Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela avec Laura

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Janvier (Chypre) 

– Citrons acides de Laurence Durrell avec Laura

Février (Canada)

– Captive de Margaret Atwood avec Laura


Mars (UK et Pays extérieurs au Commonwealth)

–  Kim de Rudyard Kipling avec Laura et Alexandra

– Le pays oublié du temps de Xavier-Marie Bonnot avec Valérie

Avril (Rwanda)

– Un livre sur le génocide rwandais (Rwanda)

– Une saison de machettes de Jean Hatzfeld avec Valérie, Laura et Alexandra

Mai (Malte)

– Malta Haninai de Daniel Rondeau avec Laura

Juin (Papouasie)

– The Crocodile de Vincent Eri avec Laura

 

Le mois québécois (Septembre)

Chez Karine & Yueyin

[Lire tout le mois de septembre autant d’auteurs québécois que possible]

Du mercure sous la langue de Sylvain Trudel avec Cryssilda, Yueyin et Alexandra

 

Le mois américain (Octobre)

Chez Noctembule

[Lire tout le mois d’octobre autant d’auteurs américains que possible]

– Un livre d’Edgar Allan Poe pour le 2 octobre : Noctenbule et Alexandra

– Un livre de Edith Wharton pour le 16 octobre: avec George et Alexandra

– Un livre de William Faulkner pour le 22 octobre avec Alexandra

– Un livre d’Ernest Hemingway pour le 26 octobre avec Noctenbule et Alexandra

– Un livre de Charles Bukowski pour le 28 octobre  avec Noctenbulelacritiquante et moi

– Adieu Gloria de Megan Abbott  avec Alexandra

– Fragments du Paradis de F.S Fitzgerald avec Alexandra

– Un bon jour pour mourir  de Jim Harrison pour le 21 octobre avec Alexandra

– Trois fermiers s’en vont au bal de Richard Powers avec Alexandra

– L’épée de Vérité – Tome 2 de Terry Goodkind avec Alexandra

 

Challenge « Les Sœurs Brontë »

Chez MissyCornish

Villette de Charlotte Brontë (Août)

La recluse de Wildfell Hall d’Anne Brontë (Septembre)

– The Bronte Family; Read By Anna Bentinck, David Shaw-Parker, Eve Karpf (Livre-audio)

 

Challenge « Thrillers & Polars »

Chez Liliba

[Catégorie « Touriste Planqué » : 8 lectures au choix]

La promesse des ténèbres de Maxime Chattam en Livre-audio pour moi (Août)

A Study in Scarlet d’Arthur Conan Doyle (Septembre)

– Adieu Gloria de Megan Abbott (Octobre)

Le club des policiers yiddish de Michael Chabon (Octobre)

– R&B : Le gros coup de Ken Bruen (Novembre)

– L’âme du mal de Maxime Chattam (Décembre)

 

Challenge « Littérature du Commonwealth »

2 Juil
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Challenge « Littérature du Commonwealth » et « Culture du Commonwealth »

Je vous le disais il y a une semaine, l’été est vraiment la saison des challenges ! Après Le Pavé de l’été, j’ai succombé aux tentations post-mois anglais pour m’inscrire au mois québécois (en septembre) chez Karine et Yueyin et au mois américain (en octobre) chez Noctembule !

Sauf que cette fois, j’ai fait fort. Très fort. Je lance mon propre challenge ! Le challenge « Littérature du Commonwealth » et vous êtes tou(te)s invité(e)s à y participer chacun(e) à votre manière ! C’est quelque chose qui me tient à coeur ; j’ai beaucoup appris sur le Commonwealth (surtout l’Austalie, l’Afrique du Sud ou l’Inde) pendant mes années de lycée et de prépa grâce à des profs formidables. Depuis, j’ai un peu perdue de vue cette littérature (ces littératures, devrais-je dire, car, à part leur passé colonial, aucune ne se ressemble) au profit d’une littérature anglo-saxonne plus simple à aborder mais tout aussi passionnante. Depuis que j’ai créé ce blog, je n’ai pas vu beaucoup de lecteurs des Littératures du Commonwealth avant de farfouiller chez Une Lyre à la Main qui est justement doctorante en anglais dans cette spécialité. J’ai repéré de beaux titres dans ses catégories de littérature néo-zélandaise ou sur le Post-Colonialisme alors il ne me manquait plus que la motivation que j’espère trouver avec ce challenge et en compagne de participants que j’espère nombreux. N’hésitez pas à partager ce challenge autour de vous !

Les inscriptions se font dans les commentaires, prenez-votre temps pour vous décider mais pas trop non plus ! Et si l’aventure vous plait ou que vous êtes particulièrement calés en la matière, n’hésitez pas à vous proposer pour m’aider à organiser ! Plus on est de fous (du Commonwealth), plus on rit !

Je compte créer très vite une page (en haut de votre écran) spécialement dédiée au Challenge « Littérature du Commonwealth » pour le récapitulatif des participations que j’actualiserai chaque mois. Je vous invite à déposer tous vos billets (décorés des logos faits maison) uniquement sur cette page, les bonus inclus en précisant que s’en est un.

Mais avant tout, let me present you…

les Membres du Commonwealth

Liste des membres actuels du Commonwealth (cf Wikipédia)

Les plus susceptibles d’être lu :

Afrique du Sud ; Canada (+ Québec) ; Inde ; Royaume-Uni ; Australie ; Nouvelle-Zélande ;  Irlande (Eire) (jusqu’en 1949) ; Rwanda ; Chypre ; Malte ; Papouasie-Nouvelle Guinée…

Le hasard faisant bien les choses, cette liste non exhaustive compte 12 pays ce qui me donne envie de consacrer chaque mois de ce challenge à un pays du Commonwealth comme une escale dans ce Tour du Monde post-colonial. Ce système de mois thématique par pays n’a rien d’obligatoire, je vois ça plutôt comme une libre invitation à essayer le plus possible de parler de tous ces pays et de la richesse de leur littérature au moins une fois.

NB : Vous pouvez lire tout ce qui rapproche de près ou de loin au Commonwealth, dont les romans français, britanniques, etc sur un des pays du Commonwealth par exemple. 

Forcément, ces mois thématiques donnent envie d’organiser des LC ! Voici une ébauche de programme, susceptible de modifications :

Propositions de Lectures Communes :

(Les titres et les mois proposés peuvent être échangeables avec d’autres idées de votre choix; Bien sûr, si vous avez une idée lecture d’un pays non cité, partagez-là !)

LC – Dates à programmer

– Once Were Warriors d’Alan Duff (NZ) avec Alexandra

– Cette fleur de Katherine Mansfield (NZ) avec Alexandra

– Les âmes brisées d’Alan Duff (NZ) avec Alexandra

 – The Whale Rider de Witi Ihimaera (NZ) avec Laura et Alexandra

– Le lieutenant de Kate Grenville avec A Girl from Earth

– L’équilibre du monde de Rohinton Mistry (Inde) avec A Girl from Earth

Juillet (Nouvelle-Zélande)

– Visages noyés de Janet Frame avec Alexandra

Août (Australie)

Le 25 août : Les affligés de Christ Womersley avec Valérie, Alexandra et Laura

– Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen McCullough (Australie) avec Alexandra

– La gifle de Christos Tsiolkas avec A Girl from Earth + adaptation en sept. sur Arte

Septembre (Québec)

– Le 16 septembre : Bonbons assortis de Michel Tremblay avec Alexandra

– Le 22 septembre : Du mercure sous la langue de Sylvain Trudel (Québec) avec Laura, Cryssilda, Yueyin et  Alexandra

–  L’ostie de chat – 3 tomes (BD) de Zviane et Iris (Québec) avec A Girl from Earth et Alexandra

Octobre (Irlande)

– Dubliners de James Joyce (Irlande) avec Laura, Valérie et Alexandra

Novembre (Inde)

– A Passage to India d’E.M Forster avec Laura, Rosemonde et Alexandra

– La vallée des masques de Tarun Tejpal (Inde) avec A Girl from Earth

Décembre (Afrique du Sud)

– Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela avec Laura, Rosemonde et Alexandra

Janvier (Chypre) 

– Citrons acides de Laurence Durrell avec Laura, Alexandra

– 20 Janvier : Un employé modèle de Paul Cleave avec A Girl from Earth et Alexandra (Nouvelle-Zélande) 

Février (Canada)

– Captive de Margaret Atwood avec Laura,  Rosemonde et Alexandra


Mars (UK et Pays hors Commonwealth)

–  Kim de Rudyard Kipling avec Laura et Alexandra

– Le pays oublié du temps de Xavier-Marie Bonnot avec Valérie

Avril (Rwanda)

– Un livre sur le génocide rwandais (Rwanda)

– Une saison de machettes de Jean Hatzfeld avec Valérie, Laura et Alexandra

Mai (Malte)

– Malta Haninai de Daniel Rondeau avec Laura

Juin (Papouasie)

– The Crocodile de Vincent Eri avec Laura

Le challenge Littérature du Commonwealth durera du 2 juillet 2012 au 2 juillet 2014

Et que serait nos challenges préférés sans ses célèbres catégories ? Faites votre choix !

Catégories

  1. Catégorie « Gandhi » : 1-4 lectures ( + Bonus : dominante indienne)
  2. Catégorie « Caribou » : 4-6 lectures (+ Bonus : dominante canadienne/québécoise)

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    Officiellement, c’est une tête de cerf mais, caribou, cerf, même combat non ?

  3. Catégorie « Nelson Mandela » : 6-8 lectures (+ Bonus : dominante sud-africaine)taz
  4. Catégorie « Diable de Tasmanie » : 8-10 lectures (+ Bonus : dominante australienne)
  5. Catégorie « Gollum » : 10-12 lectures (+ Bonus : dominante néo-zélandaise)

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Vous allez me dire, c’est quoi ce système de bonus ? Il va en avoir deux sortes :

  1. Comme le thème du challenge est assez large et pour vous donner envie comme à moi de relever le défi malgré l’apparente difficulté, ce système de bonus m’a paru un bon moyen de pimenter ce challenge. Aussi, pour découvrir la culture des pays du Commonwealth, si proche et si éloignée de la culture anglo-saxonne, je ne veux pas me restreindre à la seule littérature et j’espère que c’est pareil pour vous. Découvrir ou redécouvrir le cinéma néo-zélandais, indien ou les musiques traditionnelles (ou pas !) ; voyager grâce aux documentaires, aux photos, aux expos, etc.  Même si c’est un challenge avant tout littéraire, les bonus vont nous servir à chroniquer sur ce genre d’envies.
  2. Quant aux bonus par catégorie, c’est pour vous aider à les choisir. Chaque dominante orientera votre challenge. Par exemple, si vous choisissez la catégorie « Gollum » comme moi, vous pouvez par exemple échanger une lecture « imposée » comme un film/une série/un expo/un concert sur le pays dominant de votre catégorie, ici la Nouvelle-Zélande. Ou, soyons fous, les chroniquer pour le plaisir et lire autant de lectures demandées.
  3. Pour ceux qui multiplieraient les bonus, il est possible qu’ils remportent un petit jackpot pour les récompenser de leurs efforts ! Je ne pourrais décider ça que dans le feu d’action, après au moins un voire deux mois de participation mais j’ai dans l’idée de faire rapporter aux meilleurs « bonusers » un petit cadeau sous forme de concours, par exemple ou de tirage au sort. Donc, attendez-vous à la rentrée à mon bilan des bonus et donc, multipliez vos chances de remporter le titre de « Grand Bonuser » du challenge !

Suivez plus facilement le challenge sur Facebook sur la page du bloget sur le groupe du challenge !

Ce qui va suivre est pour vous donner à tous des idées de lecture. J’ai un peu mâché le travail de recherches mais si vous avez des envies de lecture qui ne sont pas mentionnés ci-dessous, forcément, faites-en part ! Je suis autant néophyte que la plupart et je serais curieuse d’en apprendre plus sur ces pays parfois exotiques, parfois venus du Grand Nord ! J’espère que ça ne sera pas trop indigeste, cliquez sur les liens à loisirs, ils sont faits pour ça.

Nouvelle-Zélande

Littérature néo-zélandaise  :

Katherine Mansfield ; Frank Sargeson  ; Janet Frame (The Lagoon chroniqué par La Lyre) ; Alan Duff (Once Were Warriors chroniqué par La Lyre) (Maori) ; Elizabeth Knox (The Vintner’s Luck) ; Witi Ihimaera (Maori) (The Whale Rider chroniqué par La Lyre) ; Keri Hulme (Maori) : (The Bone People chroniqué par La Lyre)

– Edmund Hillary High Adventures (chroniqué  par La Lyre)

– Littérature néo-zélandaise (sur Babelio)

Liste non exhaustive (Source) : 

  • Pierre Furlan, Une ancre dans le Pacifique
  • Lydia Wevers, Les belles îles de Nouvelle-Zélande
  • Gregory O’Brien, Remarques sur l’absence, les cygnes et l’inventivité
  • Mark Williams, De l’ange gay au missionnaire déchu
  • Alice Te Punga Somerville & Selina Tusitala Marsh, « Le Gauguin ne va pas te distraire, j’espère »
  • Gregory O’Brien, Des pianos dans la brousse
  • Katherine Mansfield, Cette fleur
  • Janet Frame, Une volonté de garçon
  • Patricia Grace, Entre ciel et terre
  • Vincent O’Sullivan, Professionnelle
  • Fiona Kidman, Friandises
  • Owen Marshall, Mumsie et Zip
  • Elizabeth Knox, Le premier miracle de la bienheureuse Martine Raimondi
  • William Brandt, Les chaussures de son père
  • James George, Zeta Orionis
  • Tracey Slaughter, Blé
  • Jo Randerson, J’espère que ma mère va vite arriver
  • Shona Jones, Les fleurs de Gauguin
  • Poésie : Allen Curnow, Hone Tuwhare, James K. Baxter, Vincent O’Sullivan, Michael Harlow, Albert Wendt, Bill Manhire, Ian Wedde, Cilla McQueen, Jenny Bornholdt, Gregory O’Brien, Andrew Johnston, Tusiata Avia

– La trop brève histoire de Marion Dufresne et des Maori de Delphine Morel : Fictions de France Culture en 5 épisodes, disponibles gratuitement sur Itunes

– J’ai découvert grâce à Vendredi Lecture la semaine dernière ce récit de voyage à paraître Je ne suis jamais descendu de cette montagne de Thierry Guenez qui a l’air passionnant et je l’ai déjà commandé ; coupon de commande (avant le 20 juillet) pour un prix préférenciel)

Hone Tuwhare (poésie) ; Austin Mitchell (2 « Pavlova Paradise » sur la N-Z ; Barry Crump ; Sam Hunt (poésie) ; Gary McCormick (poésie) ; James K Baxter ; Maurice Gee  ; David Low (cartoon) ; Gordon Minhinnick and Les Gibbar ; Murray Ball  Footrot Flats ; Patricia GraceAlbert WendtMaurice Gee ; Margaret Mahy ; Robin Hyde, ; Dan Davin  ; Erewhon, de  Samuel Butler

Cinéma néo-zélandais : 

-Peter Jackson

– Jane Campion

– Roger Hall ,  Jacob Rajan

Once Were WarriorsThe Piano and Heavenly Creatures  Lord of the Rings trilogy

(acteur) Billy T. James.

Music of New Zealand

Whale Rider de Nikki Caro.

Australie

Littérature australienne (sur Babelio)

Patrick White (prix Nobel de littérature en 1973), Thomas Keneally (La Liste de Schindler), Colleen McCullough (Les oiseaux se cachent pour mourir), Shirley HazzardNevil Shute,Morris WestBryce CourtenayDBC PierrePeter Carey et Jill Ker Conway

Les Bush poets Henry Lawson etBanjo Patterson : The Man From Snowy River

The Literature of Australia (anthologie)

Dorothea Mackellar : « My Country »

Leslie MurrayJudith Wright.

Cinéma : Baz Lurhmann ; Cinéma australien 

Canada/Québec

-Littérature canadienne (sur Babelio) 

– Sylvain Trudel, Du mercure sous la langue (Québec)

Le mois québécois 2012

Littérature québécoise (sur Babelio)

Séries TV : Bomb Girls

Afrique du Sud

Littérature sud-africaine (sur Babelio)

Cinéma : Invictus de Clint Eastwood

Représentation dans les arts et les lettres de l’Apartheid (Wikipédia)

Inde

Salman Rusdie (Les versets sataniques ; L’Enchanteresse de Florence ; Les enfants de minuit ; Le dernier soupir du Maure); Rudyard Kipling (Kim ; La Marque de la bête et autres nouvelles); E.M Forster (A Passage to India) 

Littérature indienne (sur Babelio)

Cinéma : tous les Bollywood possibles ; Cinéma indien (Wikipédia) ; Bollywood 

Irlande (jusqu’en 1949)

Oscar Wilde ; James Joyce (Dubliners, UlysseFinnegans Wake); Elizabeth Bowen (Sept hivers à Dublin) ; G.B Shaw ; Bram Stoker ; W.B Yeats

Littérature irlandaise (sur Babelio) [Faites attention à la date de publication de votre choix : uniquement jusqu’en 1949]

Littérature irlandaise

Cinéma : les films de Ken Loach ; Cinéma irlandais 

Rwanda 

– Dominique Franche, Généalogie du génocide rwandais 

Rwanda (sur Babelio)

Chypre

Laurence Durrell (Citrons acides) ; Sadie Jones (Les petites guerres) ; Léon Uris (Exodus)

Malte

Daniel Rondeau (Malta Hanina)

Papouasie

The Crocodile de Vincent Eri (Papouasie) 

Alors, qui voyage avec moi ?

Participant(e)s (23) :

– Shelbylee (Catégorie « Gollum »)

– Purple Velvet (Catégorie « Caribou ») – Billet de présentation

– Yueyin 

– Valérie

– The Mad Stich/Lili

– Miss Léo (Catégorie « Gandhi »)

– Denis (Catégorie « Gandhi ») – Billet de présentation

– Figaromiaou

– Cryssilda (Catégorie « Gandhi »)

– Valou (Catégorie « Gandhi »)

– Valentyne (Catégorie « Gandhi ») – Billet de présentation

– Syannelle

– Laura 

– Lou

– Lilly (Catégorie « Caribou »)

– La Lyre (Catégorie « Gollum ») – Billet de présentation

– Claire (Catégorie « Diable de Tasmanie ») – Billet de présentation 

– Mimipinson – Billet de présentation

Rosemonde 

– A Girl from Earth (Catégorie « Diable de Tasmanie ») – Billet de présentation 

Novelenn (Catégorie « Caribou ») Billet de présentation

Elodie (Catégorie « Gandhi »)

– Alexandra (Catégorie « Gollum »)

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Amis anglophiles, le mois anglais is coming !

28 Mai

“And let them pass, as they will too soon,

With the bean-flowers’ boon,

And the blackbird’s tune,

And May, and June! »

Robert Browning  


Vous vous en souvenez peut-être, l’an dernier en juin était célébré le jubilé de diamant de la reine Elizabeth II et cette année, hasard du calendrier, le mois de juin sera  le mois anglais, organisé par Lou et Titine ! Le principe est simple : faire de juin un mois so british en privilégiant des lectures d’auteurs anglais ou dont l’intrigue se déroule en Angleterre. En tant qu’anglophile, je ne pouvais pas rater ça !

 

Mais comme l’Angleterre regorge de talents en dehors de ses écrivains, le mois de juin ne serait pas anglais sans regarder de bons films et de bonnes séries britanniques (pourquoi pas revoir pour la dixième fois l’adaptation de North & South ou de Jane Eyre ?), flâner dans de beaux jardins à l’anglaise ou dans une expo, tester des recettes typiques (car les Anglais savent cuisiner, non mais !) ou préparer un vrai tea time ! Et si vous avez la chance de prendre le ferry ou l’Eurostar en juin, n’hésitez pas à raconter votre voyage et surtout de montrer vos plus belles photos ! Et bien sûr, ça n’inclue pas les nombreuses belles surprises que le mois anglais nous réservera !

 

 

Je ne suis pas très douée en planification comme mon dernier programme de lecture peut le rappeler, mais je vous présente tout de même mon programme de choc pour ce mois anglais, volontairement très large. Je suis bien sûr ouverte à toute lecture commune si un de mes choix vous fait envie vu que le mois anglais est fait pour être un moment de partage !

 

Coté Lecture :

 

– Les Forestiers de Thomas Hardy
– Labyrinthe de Kate Mosse
– Une chambre à soi de Virginia Woolf
– Poèmes portugais de Elizabeth Browning 
– Pierre de Lune de Wilkie Collins
– Les Confessions de Mr Harrison d’Elizabeth Gaskell

 

 



– Sépulcre de Kate Mosse
– The Importance of Being Earnest d’Oscar Wilde (Théâtre)
– Une folie meurtrière de P.D James
– Agnès Grey d’Anne Brontë
L’homme invisible de H.G Wells
– Le mystère d’Edwin Drood de Charles Dickens

 

 

 

– Villette de Charlotte Brontë
– A Study in Scarlet d’Arthur Conan Doyle
Heart of Darkness de Joseph Conrad
Dommage qu’elle soit une putain (Théâtre) de John Ford

 

 

 

 

Il y a déjà des lectures communes prévues comme :

– Le 5 juin : Les Forestiers de Thomas Hardy pour Cléanthe et Lou. Je vais essayé de participer à celle-ci, peut-être avec un autre livre plus court de Hardy comme Les contes du Wessex. 
– Le 8 juin : Dark island de Vita Sackville-West pour ElizaShelbylee et Titine
– L’affaire de Road Hill House de Kate Summerscale pour Lou, Miss LéoLisou, Val et Titine.
– Une autre histoire de Londres de Boris Johnson pour Maggie et Titine
– Un livre au choix de Barbara Pym pour Lou et Titine
– Un livre au choix d’Agatha Christie pour Enna, Karine:)Lydia et plein d’autres !

 

Coté films et séries :

– Hamlet de Kenneth Branagh
Le crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock

– Sueurs froides d’Alfred Hitchcock 
– Snatch de Guy Ritchie
– The Ghost Writer de Roman Polanski
– De grandes espérances de Mike Newell (2012)
– A Room with a view de James Ivory

– Maurice de James Ivory
– Tamara Drewe de Stephen Frears

– Les adaptations de Jane Austen que je n’ai pas encore vu : au choix Northanger Abbey, Mansfield Park (1999, 2007), Emma (1995, 2009), Sense & Sensibility (2008) et Persuasion (2007)
Upstairs, Downstairs (2010)
– Brideshead Revisited  (2008)
– Little Miss Dorrit 
– Cranford
– Ripper Street
– The Hour (2011)

Coté cuisine :

Chez Méloë, il y a une super page spécialement conçue pour les anglophiles avec entre autres plusieurs recettes de cuisine anglaises (principalement des douceurs sucrées) que je compte bien essayet en juin ! Ce qui est génial, c’est qu’elle raconte toujours un peu des anecdotes historiques sur ces recettes.La dernière en date, c’est l’Eton Mess à base de fraises, de meringue et de crème chantilly maison. Ça a l’air d’être un régal et très facile à réaliser !

Coté expos :

Pour l’instant, je n’ai qu’en vue L’ange du bizarre au musée d’Orsay mais, en cherchant plus, il doit y avoir des tas de choses à voir qui touchent de près ou de loin nos amis anglais ! Si vous avez des suggestions, je suis preneuse !

Alors, tenté(e)s ? 🙂

By the way, n’oubliez pas que vous pourrez voir Parade’s End les 7 et 14 juin sur Arte à 20h50 à l’occasion du mois anglais !

 

"Contes de la rose pourpre" de Michel Faber

27 Oct

« Miss Sugar ! Quel nom ! Il sonne comme une création de l’imagination, à mi chemin du Père Noël ou de la fée Clochette. »
Michel FABER, Contes de la Rose Pourpre,
« Une puissante cohorte de femmes, coiffées de grands chapeaux »

L’intrigue :

La Rose pourpre et le lys n’a rien d’un conte de fée ou alors avec beaucoup d’ironie puisqu’il raconte le parcours de son héroïne, Sugar, qui est au début du livre prostituée dans le Londres des années 1870. L’ère victorienne y est mise à nu et étrangement, le destin des prostituées comme elle, une fois leur horizon élargi, se révélait à ses yeux pas plus reluisant que celui des générations de femmes et de petites filles bourgeoises que Sugar rencontre une fois presque sortie de sa condition. Sugar aspire à la liberté, d’une fuite en avant et cette fuite, elle ne la fera pas seule… Ce qui arrive ensuite n’est pas révélé et Les Contes de la rose pourpre ne servent pas à cet effet.

 

Ma critique :

Rester sur sa faim. C’est toujours un peu le cas lorsqu’on finit un bon roman comme si les mille-cent cinquante pages de La Rose pourpre et le lysde Michel Faber n’étaient pas assez pour être rassasié ! On a toujours envie d’en reprendre comme la « petite part » en plus d’un gâteau, par pure gourmandise. Pourtant, le lecteur n’est pas roi, ce n’est pas un sale gosse à qui on répondrait à tous ses caprices, même les plus désintéressés comme l’est la lecture.

 

Michel Faber, La Rose pourpre et le Lys

Michel Faber, La Rose pourpre et le Lys

 Certes, la fin de La Rose pourpre et le lys est abrupte mais elle est aussi ouverte et c’est souvent la marque des romans les mieux construits. C’est paradoxal ? Pas du tout ! J’aime l’inachèvement quand j’écris ou quand je lis parce que, d’une certaine manière, telle est aussi la vie et la littérature n’est pas toujours là pour embellir ce qui est, pour l’achever comme s’il y avait toujours un début et une fin. Le lecteur est laissé en plan et les personnages auxquels il s’est tant attaché pendant tant de pages s’en vont sans qu’il sache le fin mot de l’histoire mais c’est beau comme ça. C’est une façon d’apprendre la liberté et de l’offrir même à des « êtres de papier ».

 

Ainsi, Les Contes de la Rose pourpre n’ont rien d’une suite mais seulement plusieurs fenêtres ouvertes sur l’univers qu’a construit ou reconstruit Michel Faber à partir de l’époque victorienne. Si vous n’avez pas lu La Rose Pourpre et le Lys mais que vous avez tout de même envie d’entrer par la mauvaise porte, la porte de derrière, dans cet univers néo-victorien où les bas-fonds et la bourgeoisie de Londres se côtoient sans gène, je vous conseille de ne pas lire l’avant-propos de l’auteur qui justement raconte la fin, dasn ses détails. Sauf si ça ne vous dérange pas et que vous faites partie des lecteurs qu’il cite au début, ceux qui « accordent si peu de prix au suspense, ou craignent tant les mauvaises surprises, qu’ils vont droit à la dernière page du livre voir comment cela se termine ». Toutefois, ce n’est pas moi qui vous raconterait la fin ! A vous de choisir par quel bout vous voulez prendre cette histoire.

Michel Faber, Les Contes de la Rose pourpre

Michel Faber, Les Contes de la Rose pourpre

Ça peut paraître risqué de présenter ce petit recueil de sept nouvelles pas forcément à des personnes qui ont lu le roman qui lui est lié mais je me suis dit que c’était une bonne manière, un peu originale, de l’aborder sans forcément entrer dans les détails de l’intrigue. A vrai dire, seules trois nouvelles se situent après l’action de La Rose pourpre et le lys mais, objectivement, quand il y a retour en arrière, c’est fait de façon très vague. Aucun complexe donc à avoir si vous ne l’avez pas lu mais que vous voulez un peu testé le style de l’auteur et ses personnages avant d’attaquer les deux tomes de La Rose pourpre et le lys, Aucun dépaysement donc si ce n’est d’entrer la tête la première dans un monde qui n’est plus le nôtre mais qui, étrangement, le rappelle. Moi-même, qui ai lu l’œuvre il y a bien quatre ans, j’ai eu à peine l’impression d’être perdue alors j’imagine que ma situation ne sera pas si différente de celle des lecteurs qui n’ont pas lu l’œuvre. On trouve ou retrouve certains personnages avant et après l’intrigue principale et ce que j’ai aimé, c’est l’histoire de chaque nouvelle vaut pour elle-même, indépendamment de l’intrigue générale. Il ne s’agit ni de suites ou de révélations exclusives et donc pas d’un post-scriptum à l’œuvre comme pour lui dire adieu mais plutôt des histoires indépendantes qui parlent pour elles-mêmes et qui sont en même temps représentatives moins de l’intrigue particulière que de l’époque victorienne. D’une certaine manière, les Contes ne développe pas la fin mais plutôt le cadre général ce qui en fait forcément un livre à part, en marge de La Rose Pourpre.

 

On y retrouve le monde de la prostitution bien sûr, sans complexe et à la fois avec la dose de cynisme et de distance déjà aperçues dans La Rose pourpre avec autant d’humour noir. Les questions matrimoniales propres à cette époque ne sont pas absentes où rester « vieille fille », situation « perverse »selon le modèle victorien (c’est du moins le mot qu’emprunte à cette époque Faber avec beaucoup d’ironie) ne pose pas trop de problèmes à certaines. Les traumatismes de guerre font l’objet aussi de scènes et de situations plutôt étranges, voire dérangeantes, mais paradoxalement comiques. Michel Faber a toujours autant de talent pour nous plonger dans cet univers, ouvertement glauque et, pourtant, il arrive à rendre ça « attrayant ». C’est toujours un plaisir car il arrive à capter des situations qui font réfléchir autant que rire; Un rire jaune ou franc.

« Fermez les yeux. Perdez le sens du temps pendant un moment – juste assez pour vous laisser rattraper par cent trente ans. »
« Il est presque temps d’ouvrir les yeux : le vingt et unième siècle vous attend et vous êtes resté trop longtemps parmi des prostituées et d’étranges enfants. Retirez vous maintenant. Sugar est fatiguée même si nous sommes en pleine journée. Ce soir son travail reprendra (…). »

 

Voilà le début et la presque toute fin de « Noël dans Sliver Street », la première nouvelle du recueil et souvent Faber place le lecteur dans cette position presque de voyeur, ce qui n’a rien d’anodin vu qu’on y retrouve Sugar dans son lieu familier, quelques temps avant que l’intrigue ne commence. C’est avec cynisme que le thème de Noël est traité : après tout, comment fête t-on Noël dans un bordel ? D’ailleurs, le fête t-on ? « C’est quoi Noël ? (…) Y’en a qui se font des cadeaux à Noël…», voilà la réaction habituelle d’un jeune garçon, Christopher, qu’on retrouve déjà dans La Rose pourpreet qui fait office de domestique : il vient chercher et lave les draps sales…

« Quel âge a le petit Christopher ? Sugar ne sait pas. Bien trop jeune pour être bonne à tout faire dans un bordel, mais c’est le travail que lui a donné Amy [sa mère, elle aussi prostituée] et il semble reconnaissant de pouvoir se rendre utile. Peut-être que s’il lave et sèche un million de draps, il rachètera enfin son péché originel : la naissance. »

Sugar, qui a beaucoup de douceur et d’attention pour les enfants (elle s’indigne dans « La Pomme » de voir du haut de sa fenêtre une mère, venue évangéliser la rue en chantant des cantiques, frapper sa petite fille pour avoir fait tomber une pomme… Sugar prévoit même de la lui jeter sur la tête si elle revient les jours suivants !), va essayer de rendre cette journée « comme les autres » dans une maison close un peu différente. En vain, peut-être, mais c’est à chaque lecteur de juger par lui-même.

« Mon père m’a fait à moitié. Exactement à moitié, disait ma mère. (…) Chaque être humain était un mélange d’ingrédients, comme une soupe, me dit-elle. La mère fournissait la moitié et le père l’autre. Ils étaient tous mélangés et cuits et le résultat était l’enfant, moi en l’occurrence. »

J’ai commencé ce billet par une citation d’« Une puissante cohorte de femmes, coiffées de grands chapeaux », la dernière nouvelle et la plus longue du recueil et de loin ma préférée. Elle est un peu particulière par rapport aux autres car il s’agit du récit d’un vieux homme, visiblement à l’article de la mort, qui raconte son enfance et surtout son émigration à Londres depuis son Australie natale. Il s’agit du fils de l’un des personnages, vivant dans les années 1990, et évoquant l’époque édouardienne, c’est-à-dire justement l’époque qui a fait ses adieux à l’ère victorienne pour rentrer dans le monde « moderne ». On y voit le regard d’un enfant qui a sept ans en 1908, né le même jour de la mort de la reine Victoria :
Le Roi Edward VII du Royaume-Uni

Le Roi Edward VII du Royaume-Uni


« Je pense toujours aux Edouardiens comme à des enfants. Des enfants qui ont perdu leur mère, mais qui étaient trop jeunes pour comprendre qu’elle avait disparu, et continuaient donc à jouer comme par le passé, ne remarquant que peu à peu, du coin de l’oeil, les ombres tremblotant à l’extérieur de leur nursery. »

Ces ombres, c’est le monde moderne, celui des suffragettes qui commencent à se manifester er à manifester : l’épisode à la fois central et qui clôt la nouvelle, c’est la manifestation à Londres du 21 juin 1908 en faveur du droit de vote pour les femmes avec 250.000 manifestant(e)s à Hyde Park. Ça m’a rappelé un souvenir ému, ma lecture de Nuit et Jour de Virginia Woolf. Henry, le narrateur, « y était » bien sûr ! Cependant, mais une envie pressante l’empêche de vivre pleinement l’évènement historique :

« Il n’y a rien de tel qu’une vessie pleine pour ruiner le sens de l’Histoire. Jésus-Christ pourrait descendre des cieux au bras d’Hélène de Troie que vous continueriez à chercher des toilettes. »

Ce que j’ai aimé dans ce personnage, c’est qu’il est aussi une figure de l’auteur, comme dans une mise en abyme. En tant que narrateur, il ballade complément le lecteur d’une digression à une autre, ce qui était assez drôle en fait !

« Mais vous ne voulez pas entendre parler de ma vie. Vous voulez que je vous parle de la manifestation. J’y viens. Sans blague, je vous donne ma parole d’honneur que je ne mourrai pas avant de terminer l’histoire. Je comprends bien à quel point il est énervant d’arriver jusque là et de ne pas savoir ce qui se passe ensuite. Je ne vous ferais jamais ça ! »

La phobie de l’histoire inachevée, son lecteur a pu l’avoir jusqu’à la fin. Mais, le problème, avec cette nouvelle (comme avec la majorité des autres du recueil), c’est qu’elles sont elles aussi ouvertes, elles aussi inachevées.

« Revenez demain et je vous raconterai la suite. Tout ce que vous voulez savoir, je vous le promets. Demain. »

Sauf qu’heureusement, la fin, demain, n’arrive jamais.

J’espère vous avoir donné envie de nous plonger ou de vous replonger dans La Rose pourpre et le lys avant ou après Les Contes de la rose pourpre. Bien sûr, vous resterez sur votre faim mais, si vous voulez savoir ce qui arrive ensuite à tous ces personnages (comme c’est souvent le cas pour n’importe quelle lecture, que le roman soit achevé ou non), l’imagination est le meilleur des remèdes !

 

Où les trouver ?

 
La Rose pourpre et le lys est disponible en poche dans la collection « Points » pour EUR 7, 69 (Tome 1) et EUR 8, 17 (Tome 2) ou EUR 15, 87 (coffret Tome 1 & 2).
Les Contes de la rose pourpresont disponibles en livre de poche dans la même collection pour EUR 5, 80