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« Sonnets portugais » d’Elizabeth Barrett Browning

30 Juin
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Elizabeth Barrett Browning (1806-1861)

 

« Le destin n’a pas épargné l’écrivain que fut Elizabeth Browning. Nul ne la lit, nul n’en parle, nul ne songe à lui rendre justice. »

(Virginia Woolf, article du Common Reader, 1931)

 

Je ne parle pas ici assez de poésie à mon goût, peut-être parce que ce n’est pas un genre actuellement très valorisé et pourtant, j’ai un grand amour pour la poésie. J’ai même publié  « Éclaircie de passage », l’un de mes poèmes sur ce blog l’an dernier, c’est quelque chose que je pratique très régulièrement mais je comprends la réticence de certains pour la poésie même si pour moi, ça a toujours été très naturel de lire et d’écrire des poèmes. 

John Keats (Ben Whishaw) dans Bright Star

Tout naturellement, en tant qu’anglophile, je ne pourrais pas me passer des poètes anglais pour vivre. Shakespeare, John Keats, William Blake, Lord Byron, Wordsworth, Coleridge, les sœurs Brontë ou Oscar Wilde sont d’éternelles sources d’inspirations et de plaisir pour moi. Vous l’aurez peut-être noté, rien que dans ma liste, les poétesses n’ont pas une grande place dans toute anthologie qui se respecte ce qui confirme ce qui disait Virginia Woolf dans Une chambre à soi sur la difficulté que représente l’accession au statut de poète pour une femme sans un minimum de conditions matérielles favorables.

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Emily Brontë

J’ai une tendresse toute particulière pour Emily Brontë et Emily Dickinson (dire qu’il faille traverser l’Atlantique pour trouver une poétesse digne de ce nom) qui, en plus de leur prénom, partage une même aura mystérieuse autour de leur vie et de leur oeuvre. Si vous l’avez l’occasion de vous procurer La dame blanche de Christian Bobin, vous aurez en main ce qui m’a donné envie de découvrir Emily Dickinson grâce à cette très belle biographie plus ou moins romancée.

 

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Robert Browning (1812-1889)

 

Toutefois, c’est d’une poétesse beaucoup moins connue que j’ai envie de vous présenter, qui a eu une vie (à mon sens) très romanesque et que j’ai découverte grâce à Virginia Woolf : Elizabeth Barrett Browning. Virginia Woolf a le chic de sortir de l’anonymat des auteurs inconnues (la soeur de Shakespeare, Christina Rossetti ou Sara Coleridge pour ne citer qu’elles) et de nous donner envie de les lire sur le champ ! Ça a été mon cas avec Elizabeth Barrett Browning, femme du poète Robert Browning et dont les vers de ses Sonnets portugais ont donné furieusement envie  à Rainer Maria Rilke de les traduire en allemand. Vous avez peut-être entendu parler de Flush de Virginia Woolf (l’une de mes prochaines lectures pour le challenge Virginia Woolf) et c’est par ce biais que j’ai été séduite par Elizabeth Browning sans même lire une seule ligne de cette biographie du point de vue du chien de la poétesse ce qui déjà aiguiserait la curiosité de n’importe quel lecteur.

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Elizabeth Barrett (Norma Shearer) dans The Barretts of Wimpole Street

Passage obligé quand on lit de la poésie anglaise, j’ai découvert les Sonnets portugais dans son édition bilingue de la NRF (la même que j’ai pour les poèmes d’Emily Brontë bien que j’ai fait l’acquisition récemment d’une version audio des poèmes de la famille Brontë, un régal, mes amis !) et, comme d’habitude, la traduction est pourrie (pardon pour la traductrice, Lauraine Jungelson) mais permet de sauver les meubles quand le sens d’une strophe nous échappe vraiment.  Par contre, l’appareil critique est comme toujours très instructif surtout pour une poétesse aussi peu populaire. La préface est remplie d’anecdotes, d’extraits de correspondances (quand on sait qu’Elizabeth et Robert ont échangé 574 lettres, rien que ça !) en retraçant l’histoire du couple et la postérité des Sonnets portugais.

D’ailleurs, qu’est-ce qui est à l’origine des Sonnets portugais ? Il faut avant tout comprendre qui était Elizabeth Barrett avant et après avoir écrit ces sonnets. Avant ça, atteinte d’une étrange maladie incurable ,  mélancolique depuis la mort de son frère préféré, recluse dans la maison familiale à Wimpole Street et destinée apparemment à rester vieille fille toute sa vie sous la pression d’un père autoritaire, elle va tout de même publier un recueil de poèmes qui la rend célèbre en Angleterre et outre-atlantique et ce recueil va arriver dans les mains de Richard Browning. Il va lui écrire ces mots :

« J’aime vos vers de tout mon coeur, chère Miss Barrett […]. Dans cet acte de m’adresser à vous, à vous-même, mon sentiment s’élève pleinement. Oui, c’est un fait que j’aime vos vers de tout mon coeur, et aussi, que je vous aime vous. »

Je n’ose imaginer ça en anglais ! Au début, comme toutes les rock-stars qui reçoivent des lettres d’amour, elle va gentillement le refouler et ne lui offrir que son amitié. Ils vont mettre du temps à se rencontrer en personne (à cause des réticences d’Elizabeth visiblement qu’il soit déçu de cette rencontre à cause de sa maladie). Après une première demande par écrit qu’elle refusera tout en reconnaissant que cet homme l’obsède sans y voir encore de l’amour, après de nouvelles rencontres en l’absence de son père (qui, forcément, ne voit pas l’arrivée Robert d’un bon œil dans la vie monacale de sa fille), accepte finalement sa proposition à la seule condition que sa santé s’améliore, ce qui retarde encore un peu plus leur union. Finalement, le mariage est précipité en septembre 1846 dans le plus grand secret et sans le consentement du père. Comme dans tous les romans qui se respectent après un tel événement, ils décident de s’enfuir en Italie, à Florence.

lettres-portugaisesC’est de cette rencontre décisive, autant amoureuse que humaine qu’Elizabeth Barret va écrire ses Sonnets portugais jusqu’à son mariage, à l’insu de Robert Browning et forcément de sa famille. Ces Sonnets from the Portuguese décrivent l’évolution de ses sentiments, comme un relevé presque journalier ce qui en fait une magnifique étude sur l’amour et la place de plus en plus envahissante de la passion dans la vie d’une femme amoureuse qui, enfin, vit pleinement les choses. Je ne crois pas que le titre de ce recueil soit une référence aux célèbres Lettres portugaises de Guilleragues, présentées faussement comme la traduction de lettres d’une religieuse portugaise à un officier français, longtemps attribuée à une vraie religieuse. La coïncidence est tout de même assez troublante car Elizabeth Barrett, vivant comme une femme recluse, dialogue dans ses Sonnets avec l’être aimé où elle suit le même parcours évolutif de doute, de confiance et d’amour sauf qu’il était rapportée dans les Lettres portugaises à la foi et non à l’amour charnel.

du-bellay-regretsSelon moi, un recueil de poésie se lit différemment par rapport à toute oeuvre littéraire. J’aime délibérément sauter des poèmes, lire certains plusieurs fois quand ils me touchent plus que les autres ce qui représente une lecture presque aléatoire. J’aime bien aussi piocher dans un recueil un poème au hasard, ce qui veut dire que je prends chaque poème pour lui-même et pas forcément dans sa relation avec tout le recueil. Parfois, c’est une lecture qui fonctionne, parfois non mais c’est sûr que ce n’est pas très académique et scolaire. De même, si on voit ces poèmes comme un parcours linéaire vers l’amour, ce n’est peut-être pas la lecture la plus judicieuse mais je n’en ai pas moins aimé les vers d’Elizabeth Browning et la sincérité de ses sentiments sans avoir besoin de retracer un parcours figé. Quand j’ai dû lire Les Regrets de Du Bellay en prépa pour le concours, je n’ai pas pu faire ça par exemple ce qui distingue surement une lecture imposée et une lecture pour le plaisir, pour l’amour de la poésie.

En voici, quelques uns :

 

XLIII – How do I love thee? Let me count the ways.

How do I love thee? Let me count the ways.

I love thee to the depth and breadth and height

My soul can reach, when feeling out of sight

For the ends of being and ideal Grace.

 

I love thee to the level of every day’s

Most quiet need, by sun and candlelight.

I love thee freely, as men strive for Right;

I love thee purely, as they turn from Praise.

 

I love thee with the passion put to use

In my old griefs, and with my childhood’s faith.

I love thee with a love I seemed to lose

 

With my lost saints. I love thee with the breath,

Smiles, tears, of all my life; and, if God choose,

I shall but love thee better after death.

 

 

VII – The face of all the world is changed, I think,

 

The face of all the world is changed, I think,

Since first I heard the footsteps of thy soul

Move still, oh, still, beside me, as they stole

Betwixt me and the dreadful outer brink

 

Of obvious death, where I, who thought to sink,

Was caught up into love, and taught the whole

Of life in a new rhythm. The cup of dole

God gave for baptism, I am fain to drink,

 

And praise its sweetness, Sweet, with thee anear.

The names of country, heaven, are changed away

For where thou art or shalt be, there or here;

 

And this… this lute and song… loved yesterday,

(The singing angels know) are only dear

Because thy name moves right in what they say.

 

Et, comme les Sonnets portugais sont suivis d’autres poèmes, voici mon préféré dans tout le recueil, intitulé « Inclusions ». Il a quelque chose à voir avec le mythe de l’androgyne dans le Banquet de Platon, maintenant populairement appelés « les âmes sœurs ». derrière, cette figure, l’amour est l’inclusion parfaite, l’emboîtement et l’harmonie entre deux personnes qui s’oublient elles-mêmes pour ne faire qu’un.

INCLUSIONS

1

O, WILT thou have my hand, Dear, to lie along in thine?

As a little stone in a running stream, it seems to lie and pine.

Now drop the poor pale hand, Dear,… unfit to plight with thine.

2

O, wilt thou have my cheek, Dear, drawn closer to thine own?

My cheek is white, my cheek is worn, by many a tear run down.

Now leave a little space, Dear,… lest it should wet thine own.

3

O, must thou have my soul, Dear, commingled with thy soul? —

Red grows the cheek, and warm the hand,… the part is in the whole!

Nor hands nor cheeks keep separate, when soul is join’d to soul.

 

Où se procurer les Sonnets portugais ?

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Sonnets portugais d’Elizabeth Barrett Browning

Poésie Gallimard – 178 pages

EUR 7, 60

 

 

 

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C’est ma 10e et dernière contribution au mois anglais organisé par Lou et Titine. Retrouvez mon bilan ci-dessous. 

 

 

Bilan du Mois anglais 2013

10 contributions : 2 romans, 1 essai, 1 pièce de théâtre, 1 recueil de nouvelles, 1 recueil de poésie, 1 billet thématique et 3 séries TV.

La Traversée des apparences de Virginia Woolf

Snobs de Julian Fellowes

Une chambre à soi de Virginia Woolf

Look Back in Anger de John Osborne (extrait)

Les Intrus de la Maison Haute de Thomas Hardy

Sonnets portugais d’Elizabeth Barrett Browning

Home Sweet Home : Quatre maisons d’écrivains anglais

Ripper Street (BBC, 2012)

Little Dorrit (BBC, 2008) d’après Charles Dickens

Any Human Heart (2010) d’après William Boyd

 

Merci aux organisatrices et aux autres participant(e)s qui l’ont rendu aussi vivant et particulièrement en lisant et commentant mes dix billets. J’ai eu autant de plaisir à vous lire et à être tentée par autant d’idées de lecture. Vive l’anglophilie, le mois anglais et à l’an prochain pour son come back !

Virginia Woolf Tea

Comme les autres participant(e)s, j’ai répondu à l’invitation d’un jeu photo en mettant en scène mon coup de coeur du mois anglais (« Une chambre à soi » de Virginia Woolf, forcément) avec une tasse, ici celle à l’effigie de la maison Serpentard !

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« Les intrus de la Maison Haute » de Thomas Hardy

29 Juin
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« Landscape Hardy… Wessex Tales 2 » © Janis Zroback

L’intrigue

Les intrus de la Maison Haute regroupe deux nouvelles, ou plutôt deux « contes » d’une contrée fictive propre à l’univers de Thomas Hardy à l’image de son Dorset natal et héritier du célèbre royaume médiéval anglo-saxon, le Wessex. Plongé dans un lieu atemporel dominé par le monde paysan des campagnes et des landes, on y retrouve des gens simples , des laitières et des fermiers dans une vie calme et routinière.

Calme ? Peut-être pas… Des histoires étranges se passent comme la mauvaise aventure que va vivre Gertrude Lodge, la charmante jeune mariée d’un riche fermier quand son bras gauche s’atrophie soudainement, altérant sa beauté par trop de souffrance. Serait-ce l’oeuvre d’une malédiction ? Son ancienne rivale serait-elle impliquée ? (« Le bras atrophié »)

Quant à l’avenir tout tracé qu’imaginait Charles Darton sur le chemin de la Maison Haute où habite Sally pour lui demander sa main, il est contrecarré par des retrouvailles inattendues après le retour d’Australie du frère prodigue de Sally, marié et père de famille… (« Les intrus de la Maison Haute »)

Thomas hardy

Thomas Hardy

Thomas Hardy a toujours été un auteur qui m’attire sans que je me l’explique (sûrement pour Tess d’Urberville) et je ne sais pas pourquoi non plus je commence tout juste à le lire. J’aurais aimé commencé par Les Forestiers pendant le mois anglais mais, faute de temps, j’ai choisi la facilité avec ces deux nouvelles parmi les Wessex Tales. Autant dire que ça ne représente pas le même plaisir de lecture qu’un roman quoique j’aime beaucoup le genre de la nouvelle (le pratiquant moi-même) mais c’est difficile d’écrire une bonne nouvelle et de procurer un plaisir comparable à celui d’un roman en si peu de place.

Autant dire que si mon ressenti est mitigé (et il l’est en partie, malheureusement), ce n’est peut-être pas la faute de Thomas Hardy mais surtout la mienne pour l’avoir découvert avec ces deux « contes » au lieu d’un bon vieux roman et en partie de mon édition qui (simple supposition) ne propose pas à mon avis les meilleures nouvelles de l’oeuvre d’Hardy. Un peu comme Trois enquêtes du Père Brown de G.K Chesterton, je suis restée un peu sur ma faim, sentant du potentiel dans le talent de narration d’Hardy mais frustrée de n’avoir pas en main le must-have de ses nouvelles…

Wessex-Hardy

Je suis d’autant plus frustrée que son obsession pour un Wessex purement fictionnel inspiré de ses souvenirs du Dorset dans le but de faire de sa région natale un lieu mythique et légendaire, nourri de traditions ancestrales et d’un folklore qui lui est propre est très prometteur et s’annonçait très riche pour l’imagination. Je suis passionnée par la notion de mythe et il faut dire que le Royaume-Uni n’a pas beaucoup de grands mythes fondateurs (à part les légendes arthuriennes) et c’est après tout d’après ce constat que Tolkien a entre autres choses écrit Le Seigneur des Anneaux (mis à part son amour des langues qui l’a conduit à inventer de toute pièce la langue elfique pour le fun). Ainsi, l’insistance sur l’aspect mythique du Wessex avait dans mon esprit cette même manière de pallier au manque de mythes fondateurs de l’Angleterre. Face à un projet aussi ambitieux, forcément, le format de la nouvelle est d’emblée délicat mais, sauf erreur de lecture, ni « Le bras atrophié », ni « Les intrus de la Maison Haute » n’offre un tel tableau du Wessex, du moins à la hauteur de mes attentes.

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« Hardy… Sunset in Egdon Heath »
© Janis Zroback

Il y a des petites touches par-ci par-là qui ont commencé à développer l’aspect mythique du Wessex comme ce passage dans « Le bras atrophié » où la lande d’Egdon est décrite durant la marche à pied de l’héroïne pour trouver un guérisseur-magicien qui pourrait guérir son bras (le meilleur moment de la nouvelle selon moi) et où il y a une allusion à certain Barde :

« Le vent hurlait lugubrement sur les pentes de la lande – cette même lande, très probablement, qui avait été témoin de l’agonie d’Ina, roi du Wessex, présenté à la postérité sous le nom de Lear. »

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Casterbridge, un des lieux des Wessex Tales et du Mayor of Casterbridge

Difficile de parler de deux nouvelles aussi courtes sans trop en révéler et éviter si possible de vous gâcher la chute mais s’il fallait que je choisisse laquelle de ces deux nouvelles mérite la plus d’être lue, je pense que la première « Le bras atrophié » rapporterait mes suffrages (ce qui est un peu bête puisque l’édition met l’accent sur « Les intrus de la Maison Haute » dans son titre, anyway). Contrairement à cette dernière qui est peut-être plus prosaïque, « Le bras atrophié » est presque une nouvelle fantastique qui joue sur les superstitions et le folklore des habitants de ce Wessex imaginaire. Malédictions, rêves à la limite du mysticisme, guérisons par des solutions plus que louches, tout y est pour intriguer et renforcer ce tableau légendaire et étrange du Wessex et ses drôles de mœurs.

Sycamore_rootsQuant aux « Intrus de la Maison Haute », disons qu’à mon sens, ça ne va pas plus loin qu’une histoire matrimoniale avec quelques rebondissements très romanesques qui peut plaire mais qui ne marque pas l’esprit plus que ça. Je dois dire toutefois que la Maison Haute, la demeure en question dans le titre, celle de Sally et de sa mère, est assez étrange et elle est peut-être la meilleure invention de son auteur dans cette nouvelle assez plate, pas du tout rachetée par sa chute. La Maison Haute est drôlement agencée, isolée, perchée en hauteur et située devant un sycomore dont les racines forment un escalier commode pour accéder à l’entrée de la maison en quittant la route. Ca a quelque chose de glauque et poétique à la fois. Je ne connais pas très bien toutes ses autres nouvelles mais j’ai l’impression que Thomas Hardy a un certain goût pour les histoires sombres, les lieux à la limite gothiques et les ambiances qui font un peu frisonner. Si parmi vous, il y a de meilleurs connaisseurs de son oeuvre que moi, je serais curieuse de savoir si ça se confirme ou non.

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En bref, Les intrus de la Maison Haute n’est peut-être pas l’oeuvre avec laquelle j’aurais voulu découvrir Thomas Hardy mais malgré une légère déception, il me tarde de mieux le connaitre, de fouiller son goût pour les ambiances étranges et de confirmer la confiance que j’ai en ses talents de narration. Je compte bien commencer avec Les Forestiers dans sa très belle édition « Libretto » qui était ma première idée de lecture après tout. Stay tuned !

 

 

Retrouvez d’autres avis plus enthousiastes du talent de nouvelliste de Thomas Hardy par exemple chez Lou sur le recueil Métamorphoses (éd. de l’Arbre).

 

Où se procurer Les intrus de la Maison Haute

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Les intrus de la Maison Haute précédé d’un autre conte du Wessex de Thomas Hardy

Folio – 113 pages

EUR 1, 90

 

 

 

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C’est ma huitième contribution au mois anglais organisé par Lou et Titine.

"Trois enquêtes du père Brown" de G.K Chesterton

17 Fév

« Le docteur regarda le nouveau venu avec un ahurissement à peine déguisé, comme s’il se fût trouvé en présence d’un monstre marin, mais évidemment inoffensif. (…) Son chapeau tomba sur la tapis, son encombrant parapluie glissa entre ses genoux avec un bruit mat ; il parvint à reprendre le premier et suivit l’autre des yeux, puis avec un indéfinissable sourire, il dit :

– Mon nom est Brown. »

L’intrigue


Mieux connu outre-manche qu’en France, le père Brown est un personnage atypique dans le genre policier. Ce n’est ni un homme de métier, ni un détective privé, ni un détective consultant mais un prêtre catholique qui, avec la force de son esprit déductif, de ses talents d’observation et de sa perspicacité, résout une série d’enquêtes au fil des ses voyages de courte, moyenne ou longue distance. Ainsi, au cours de ces « trois enquêtes » (sur les cinquante-huit nouvelles écrites par G.K Chesterton), on le retrouve dans sa propre paroisse pour aider une de ses ouailles (« L’absence de Mr Glass »), puis non loin des Cornouailles pour résoudre une étrange affaire de naufrages à répétition (« Les naufragés des Pendragon ») et enfin en Italie, des voleurs de grand chemin sur son passage où le danger n’est pas loin ! (« Le paradis des voleurs »)
Statue de C.S Lewis (Dublin)
Alors que je m’étais fait un beau programme de lecture (avec possibilité de Lectures Communes), j’ai dû m’absenter d’ici pour un mois le temps de travailler à fond pour mon mémoire sur C.S Lewis dont je devais rendre le plan à mon directeur de recherche. Autant dire que ça n’a pas été de tout repos et, même rendu, j’y travaille encore… Je vous reviens cependant avec Trois enquêtes du père Brown qui regroupe trois intrigues policières sous la forme de courtes nouvelles. Vous connaissez peut-être son auteur de nom : Gilbert Keith Chesterton (1874-1936). Personnellement, c’est grâce à C.S Lewis que j’en suis venue à le connaître et à le lire en tant qu’il le considère comme un de ses maîtres avec George MacDonald que je compte aussi découvrir très bientôt et, a fortiori, vous en parler.

 

L’énigme première de cette série de nouvelles policières, c’est bien sûr l’identité de son personnage éponyme. Que vient faire un prêtre catholique sous la peau d’un détective amateur, jurant ainsi avec les sacro-saints codes du polar ? Bien sûr, on pourrait l’interpréter dans une visée parodique qui ridiculiserait le genre, ses mécanismes mais, n’ayant pas une grande expérience des polars (sauf ma lecture du Grand Sommeilde Chandler et une lecture en cours de mon premier Sherlock Holmes, A Study in Scarlet), je n’en ai pas été frappée. Au contraire, je dirais que la place prépondérante des énigmes à résoudre en absence de meurtres à proprement parlé met en valeur le genre puisque Chesterton en a gardé l’essence même. Que serait un roman policier sans ces énigmes qui travaillent le lecteur autant que les protagonistes ? Ces Trois enquêtes du père Brown conservent donc cet aspect cérébral même si, bien sûr, vu le format de la nouvelle, les énigmes ne peuvent pas être déployées comme dans un roman. Bien sûr, la parodie pourrait attaquer cet aspect même en laissant entendre que les romans policiers sont peut-être quedes énigmes où les histoires plus ou moins macabres, les cadavres et la recherche du meurtrier ne serait qu’un bon prétexte pour faire chauffer ses neurones.
G.K CHESTERTON
Par contre, si parodie il y a, le père Brown n’est jamais ridiculisé. Certes, il jure un peu avec le paysage habituel (rien que par le fait qu’il soit catholique parmi des anglicans ou des personnages non-croyants), il suscite toujours l’étonnement mais, il reste le héros de cinquante-huit nouvelles dont j’ai pu en lire un aperçu avec ces trois-là. Pour mieux comprendre le choix bien réfléchi de ce personnage en soutane, toujours affublé de son chapeau et de son parapluie (même en Italie!), il faut connaître un minimum d’informations à propos de G.K Chesterton. Comme C.S Lewis, Chesterton a plusieurs flèches à son arc : « homme d’un génie colossal »selon George Bernard Shaw (son ami-ennemi), journaliste, poète, biographe (de Robert Browning, Dickens, William Blake, Stevenson entre autres). Mais, c’est aussi et surtout un converti au catholicisme et, comme Lewis, il « s’engage » dans une apologétique du christianisme. Quoi de plus normal, dès lors, de voir ce prêtre sous sa plume surtout inspiré par sa rencontre avec un prêtre catholique, le père John O’Connor, un curé du Yorkshire qui a participé à sa conversion.
Tom Branson (Allen Leech – Downton Abbey)
Pour ceux qui auraient peur de voir dans ses enquêtes « un message chrétien » trop marqué, je dirais que ces trois enquêtes n’en font pas du tout cas. C’est une façon ludique de faire connaissance avec ce personnage atypique avec un plaisir de lecture certain pour un trajet aller-retour en train comme moi par exemple. Le père Brown est particulièrement attachant et ces nouvelles pleines d’humour y sont bien sûr pour quelque chose. Je pense que des questions plus sérieuses, comme par exemple la « cohabitation » entre catholiques et anglicans en Angleterre dans les années 20, doivent être développées dans les nombreuses autres enquêtes. Les amoureux de Downton Abbeyqui ont apprécié les crêpages de chignon entre Tom Branson (« le chauffeur ») et le comte de Grantham ne devraient pas être dépaysés.

 

C’est d’ailleurs le seul reproche que je pourrais faire à ces Trois enquêtes du père Brown : je suis un peu restée sur ma faim. Forcément, avec cette petite sélection de trois nouvelles sur cinquante-huit, on manque l’unité de la série créée par Chesterton et, malgré le brio des intrigues, on aurait envie d’en savoir plus sur ce père Brown, sur ses habitudes, sa personnalité. C’est pour ça que dès que possible, j’espère bien en lire l’intégrale (malheureusement un peu chère) ou du moins une sélection plus large comme La sagesse du père Brown et Le secret du père Brown.

 

A noter : BBC One a diffusé en janvier une série Father Brown avec Mark Williams, Arthur Weasley dans les Harry Potter), dans le rôle principal. Le succès a été tel qu’une suite est prévue et vous pouvez voir le premier épisode et suivants (sous-titrés en anglais) sur Youtube ici :


Où se le procurer ?

  • Trois enquêtes du père Brown est disponible en Folio pour EUR 1, 90.
  • Vous pouvez aussi continuer à suivre les aventures du père Brown dans Le secret du père Brown pour EUR 1, 95 et dans La sagesse du père Brown pour EUR 5, 66.
  • G.K Chesterton est aussi très connu pour son roman Le nommé Jeudi : un cauchemar, un thriller métaphysique à mi-chemin entre Lewis Carroll, Kafka et Borges pour EUR 8, 69.

 




Lu dans le cadre du challenge Thrillers & Polars de Liliba.

"Contes de la rose pourpre" de Michel Faber

27 Oct

« Miss Sugar ! Quel nom ! Il sonne comme une création de l’imagination, à mi chemin du Père Noël ou de la fée Clochette. »
Michel FABER, Contes de la Rose Pourpre,
« Une puissante cohorte de femmes, coiffées de grands chapeaux »

L’intrigue :

La Rose pourpre et le lys n’a rien d’un conte de fée ou alors avec beaucoup d’ironie puisqu’il raconte le parcours de son héroïne, Sugar, qui est au début du livre prostituée dans le Londres des années 1870. L’ère victorienne y est mise à nu et étrangement, le destin des prostituées comme elle, une fois leur horizon élargi, se révélait à ses yeux pas plus reluisant que celui des générations de femmes et de petites filles bourgeoises que Sugar rencontre une fois presque sortie de sa condition. Sugar aspire à la liberté, d’une fuite en avant et cette fuite, elle ne la fera pas seule… Ce qui arrive ensuite n’est pas révélé et Les Contes de la rose pourpre ne servent pas à cet effet.

 

Ma critique :

Rester sur sa faim. C’est toujours un peu le cas lorsqu’on finit un bon roman comme si les mille-cent cinquante pages de La Rose pourpre et le lysde Michel Faber n’étaient pas assez pour être rassasié ! On a toujours envie d’en reprendre comme la « petite part » en plus d’un gâteau, par pure gourmandise. Pourtant, le lecteur n’est pas roi, ce n’est pas un sale gosse à qui on répondrait à tous ses caprices, même les plus désintéressés comme l’est la lecture.

 

Michel Faber, La Rose pourpre et le Lys

Michel Faber, La Rose pourpre et le Lys

 Certes, la fin de La Rose pourpre et le lys est abrupte mais elle est aussi ouverte et c’est souvent la marque des romans les mieux construits. C’est paradoxal ? Pas du tout ! J’aime l’inachèvement quand j’écris ou quand je lis parce que, d’une certaine manière, telle est aussi la vie et la littérature n’est pas toujours là pour embellir ce qui est, pour l’achever comme s’il y avait toujours un début et une fin. Le lecteur est laissé en plan et les personnages auxquels il s’est tant attaché pendant tant de pages s’en vont sans qu’il sache le fin mot de l’histoire mais c’est beau comme ça. C’est une façon d’apprendre la liberté et de l’offrir même à des « êtres de papier ».

 

Ainsi, Les Contes de la Rose pourpre n’ont rien d’une suite mais seulement plusieurs fenêtres ouvertes sur l’univers qu’a construit ou reconstruit Michel Faber à partir de l’époque victorienne. Si vous n’avez pas lu La Rose Pourpre et le Lys mais que vous avez tout de même envie d’entrer par la mauvaise porte, la porte de derrière, dans cet univers néo-victorien où les bas-fonds et la bourgeoisie de Londres se côtoient sans gène, je vous conseille de ne pas lire l’avant-propos de l’auteur qui justement raconte la fin, dasn ses détails. Sauf si ça ne vous dérange pas et que vous faites partie des lecteurs qu’il cite au début, ceux qui « accordent si peu de prix au suspense, ou craignent tant les mauvaises surprises, qu’ils vont droit à la dernière page du livre voir comment cela se termine ». Toutefois, ce n’est pas moi qui vous raconterait la fin ! A vous de choisir par quel bout vous voulez prendre cette histoire.

Michel Faber, Les Contes de la Rose pourpre

Michel Faber, Les Contes de la Rose pourpre

Ça peut paraître risqué de présenter ce petit recueil de sept nouvelles pas forcément à des personnes qui ont lu le roman qui lui est lié mais je me suis dit que c’était une bonne manière, un peu originale, de l’aborder sans forcément entrer dans les détails de l’intrigue. A vrai dire, seules trois nouvelles se situent après l’action de La Rose pourpre et le lys mais, objectivement, quand il y a retour en arrière, c’est fait de façon très vague. Aucun complexe donc à avoir si vous ne l’avez pas lu mais que vous voulez un peu testé le style de l’auteur et ses personnages avant d’attaquer les deux tomes de La Rose pourpre et le lys, Aucun dépaysement donc si ce n’est d’entrer la tête la première dans un monde qui n’est plus le nôtre mais qui, étrangement, le rappelle. Moi-même, qui ai lu l’œuvre il y a bien quatre ans, j’ai eu à peine l’impression d’être perdue alors j’imagine que ma situation ne sera pas si différente de celle des lecteurs qui n’ont pas lu l’œuvre. On trouve ou retrouve certains personnages avant et après l’intrigue principale et ce que j’ai aimé, c’est l’histoire de chaque nouvelle vaut pour elle-même, indépendamment de l’intrigue générale. Il ne s’agit ni de suites ou de révélations exclusives et donc pas d’un post-scriptum à l’œuvre comme pour lui dire adieu mais plutôt des histoires indépendantes qui parlent pour elles-mêmes et qui sont en même temps représentatives moins de l’intrigue particulière que de l’époque victorienne. D’une certaine manière, les Contes ne développe pas la fin mais plutôt le cadre général ce qui en fait forcément un livre à part, en marge de La Rose Pourpre.

 

On y retrouve le monde de la prostitution bien sûr, sans complexe et à la fois avec la dose de cynisme et de distance déjà aperçues dans La Rose pourpre avec autant d’humour noir. Les questions matrimoniales propres à cette époque ne sont pas absentes où rester « vieille fille », situation « perverse »selon le modèle victorien (c’est du moins le mot qu’emprunte à cette époque Faber avec beaucoup d’ironie) ne pose pas trop de problèmes à certaines. Les traumatismes de guerre font l’objet aussi de scènes et de situations plutôt étranges, voire dérangeantes, mais paradoxalement comiques. Michel Faber a toujours autant de talent pour nous plonger dans cet univers, ouvertement glauque et, pourtant, il arrive à rendre ça « attrayant ». C’est toujours un plaisir car il arrive à capter des situations qui font réfléchir autant que rire; Un rire jaune ou franc.

« Fermez les yeux. Perdez le sens du temps pendant un moment – juste assez pour vous laisser rattraper par cent trente ans. »
« Il est presque temps d’ouvrir les yeux : le vingt et unième siècle vous attend et vous êtes resté trop longtemps parmi des prostituées et d’étranges enfants. Retirez vous maintenant. Sugar est fatiguée même si nous sommes en pleine journée. Ce soir son travail reprendra (…). »

 

Voilà le début et la presque toute fin de « Noël dans Sliver Street », la première nouvelle du recueil et souvent Faber place le lecteur dans cette position presque de voyeur, ce qui n’a rien d’anodin vu qu’on y retrouve Sugar dans son lieu familier, quelques temps avant que l’intrigue ne commence. C’est avec cynisme que le thème de Noël est traité : après tout, comment fête t-on Noël dans un bordel ? D’ailleurs, le fête t-on ? « C’est quoi Noël ? (…) Y’en a qui se font des cadeaux à Noël…», voilà la réaction habituelle d’un jeune garçon, Christopher, qu’on retrouve déjà dans La Rose pourpreet qui fait office de domestique : il vient chercher et lave les draps sales…

« Quel âge a le petit Christopher ? Sugar ne sait pas. Bien trop jeune pour être bonne à tout faire dans un bordel, mais c’est le travail que lui a donné Amy [sa mère, elle aussi prostituée] et il semble reconnaissant de pouvoir se rendre utile. Peut-être que s’il lave et sèche un million de draps, il rachètera enfin son péché originel : la naissance. »

Sugar, qui a beaucoup de douceur et d’attention pour les enfants (elle s’indigne dans « La Pomme » de voir du haut de sa fenêtre une mère, venue évangéliser la rue en chantant des cantiques, frapper sa petite fille pour avoir fait tomber une pomme… Sugar prévoit même de la lui jeter sur la tête si elle revient les jours suivants !), va essayer de rendre cette journée « comme les autres » dans une maison close un peu différente. En vain, peut-être, mais c’est à chaque lecteur de juger par lui-même.

« Mon père m’a fait à moitié. Exactement à moitié, disait ma mère. (…) Chaque être humain était un mélange d’ingrédients, comme une soupe, me dit-elle. La mère fournissait la moitié et le père l’autre. Ils étaient tous mélangés et cuits et le résultat était l’enfant, moi en l’occurrence. »

J’ai commencé ce billet par une citation d’« Une puissante cohorte de femmes, coiffées de grands chapeaux », la dernière nouvelle et la plus longue du recueil et de loin ma préférée. Elle est un peu particulière par rapport aux autres car il s’agit du récit d’un vieux homme, visiblement à l’article de la mort, qui raconte son enfance et surtout son émigration à Londres depuis son Australie natale. Il s’agit du fils de l’un des personnages, vivant dans les années 1990, et évoquant l’époque édouardienne, c’est-à-dire justement l’époque qui a fait ses adieux à l’ère victorienne pour rentrer dans le monde « moderne ». On y voit le regard d’un enfant qui a sept ans en 1908, né le même jour de la mort de la reine Victoria :
Le Roi Edward VII du Royaume-Uni

Le Roi Edward VII du Royaume-Uni


« Je pense toujours aux Edouardiens comme à des enfants. Des enfants qui ont perdu leur mère, mais qui étaient trop jeunes pour comprendre qu’elle avait disparu, et continuaient donc à jouer comme par le passé, ne remarquant que peu à peu, du coin de l’oeil, les ombres tremblotant à l’extérieur de leur nursery. »

Ces ombres, c’est le monde moderne, celui des suffragettes qui commencent à se manifester er à manifester : l’épisode à la fois central et qui clôt la nouvelle, c’est la manifestation à Londres du 21 juin 1908 en faveur du droit de vote pour les femmes avec 250.000 manifestant(e)s à Hyde Park. Ça m’a rappelé un souvenir ému, ma lecture de Nuit et Jour de Virginia Woolf. Henry, le narrateur, « y était » bien sûr ! Cependant, mais une envie pressante l’empêche de vivre pleinement l’évènement historique :

« Il n’y a rien de tel qu’une vessie pleine pour ruiner le sens de l’Histoire. Jésus-Christ pourrait descendre des cieux au bras d’Hélène de Troie que vous continueriez à chercher des toilettes. »

Ce que j’ai aimé dans ce personnage, c’est qu’il est aussi une figure de l’auteur, comme dans une mise en abyme. En tant que narrateur, il ballade complément le lecteur d’une digression à une autre, ce qui était assez drôle en fait !

« Mais vous ne voulez pas entendre parler de ma vie. Vous voulez que je vous parle de la manifestation. J’y viens. Sans blague, je vous donne ma parole d’honneur que je ne mourrai pas avant de terminer l’histoire. Je comprends bien à quel point il est énervant d’arriver jusque là et de ne pas savoir ce qui se passe ensuite. Je ne vous ferais jamais ça ! »

La phobie de l’histoire inachevée, son lecteur a pu l’avoir jusqu’à la fin. Mais, le problème, avec cette nouvelle (comme avec la majorité des autres du recueil), c’est qu’elles sont elles aussi ouvertes, elles aussi inachevées.

« Revenez demain et je vous raconterai la suite. Tout ce que vous voulez savoir, je vous le promets. Demain. »

Sauf qu’heureusement, la fin, demain, n’arrive jamais.

J’espère vous avoir donné envie de nous plonger ou de vous replonger dans La Rose pourpre et le lys avant ou après Les Contes de la rose pourpre. Bien sûr, vous resterez sur votre faim mais, si vous voulez savoir ce qui arrive ensuite à tous ces personnages (comme c’est souvent le cas pour n’importe quelle lecture, que le roman soit achevé ou non), l’imagination est le meilleur des remèdes !

 

Où les trouver ?

 
La Rose pourpre et le lys est disponible en poche dans la collection « Points » pour EUR 7, 69 (Tome 1) et EUR 8, 17 (Tome 2) ou EUR 15, 87 (coffret Tome 1 & 2).
Les Contes de la rose pourpresont disponibles en livre de poche dans la même collection pour EUR 5, 80